Marathon de Paris
Parmi les 57 000 coureurs du marathon de Paris. | Eric FEFERBERG / AFP

Marathon de Paris : performer sans oublier l'essentiel

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Le marathon de Paris, qui a vu Paul Lonyangata (KEN) réaliser le doublé et Betsy Saina (KEN) s'imposer chez les femmes, était aussi l'occasion de battre le bitume pour les 57 000 coureurs anonymes. On y a croisé les "finishers", ceux qui veulent aller au bout, les amateurs mais aussi 16 000 novices. De quoi satisfaire tout le monde.

Une forêt de jambes, une marée humaine, qui remonte tous les Champs-Elysées à perte de vue. Très calme jusqu'à 30 minutes du départ, "la plus belle avenue du monde" s'est remplie en un temps record de fanatiques de la course à pied. Partis après les fauteuils et les élites, ces anonymes, amateurs ou novices, ont tenté. Certains sont allés au bout, les "finishers", souvent loin, très loin, des Kenyans et Éthiopiens menés par Paul Lonyangata (2h06'21) et Betsy Saina (2h22'56), lauréats du jour. Qu'importe. L'objectif n'était pas là.

"Se faire plaisir en faisant un bon temps"

"Se faire plaisir en faisant un bon temps". Frédéric, athlète handisport fauteuil, a sans doute le mieux résumé l'état d'esprit des 57 000 coureurs qui ont relié les Champs à l'avenue Foch, en passant par les deux bois, Vincennes et Boulogne, puis en longeant la Seine. Préparés, habillés mais souriants, les participants ont rayonné sous une météo clémente. Le grand départ a tendu les esprits, avant que ce soit les jambes, mais le bon esprit est toujours là. 

Pas de superstar mais une foule vertigineuse

Voulu grand public par ASO, organisateur de l'événement depuis 20 ans, le marathon de Paris ne peut s'offrir les stars comme Mo Farah. Une nouvelle fois, qu'importe pour ASO. Prenant le parti d'en faire une grande messe populaire annuelle, elle a réuni presque 60 000 coureurs, dont 32 % d'étrangers. Parmi eux, Manuel, venu directement de Mexico avec un casque en hommage au catcheur Rey Mysterio, espère faire un bon temps "de 4h20" mais aussi en profiter pour visiter la capitale. Sur les côtés, de nombreux badauds encouragent leurs amis ou leurs familles, comme Live, belge venue supporter sous un double drapeau son mari Martin, néerlandais. 

A l'arrivée, certains s'écroulent. D'autres brandissent le drapeau de leur pays (voire même de la Bretagne) ou hurlent leur douleur. Mais après la récupération, un sentiment partagé : le soulagement d'en avoir fini sous un soleil de plomb.  L'essentiel, pour eux, était là.

Théo Gicquel @@theoogicquel

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