Steve Mullings
Steve Mullings | Mike Stobe / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Le sprint jamaïcain dans la tourmente

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Steve Mullings, 4e performeur mondial de la saison 2011 sur 100 m avec un chrono de 9"80, fait face à une suspension à vie après avoir été officiellement reconnu coupable jeudi de la 2e infraction antidopage de sa carrière. Un comité de discipline de l'agence antidopage jamaïcaine (JADCo) a reconnu Mullings coupable d'une infraction antidopage après que des traces de furosémide, diurétique puissant, eurent été trouvées dans ses urines.

Cette prise de substance interdite remonte à quelques mois déjà. Elle a été détectée lors d'un contrôle fin juin aux Championnats de Jamaïque. Le verdict des trois membres de la commission de discipline a été unanime à l'encontre du sprinteur de 28 ans, qui n'est pas allé témoigner en personne. Mullings proclame son innocence et a déjà annoncé, avant même le verdict de jeudi, son intention de faire appel devant le Tribunal arbitral du sport (TAS). 

Mullings, un récidiviste

En 2004, il avait été contrôlé positif aux stéroïdes, déjà dans le cadre des Championnats de Jamaïque, et avait été suspendu deux ans. Le Jamaïcain avait été notifié de ce son contrôle positif en août, alors qu'il s'apprêtait à rejoindre son équipe en vue d'un stage de préparation aux Mondiaux de Daegu, auxquels il n'avait du coup pas participé.

Mullings s'était qualifié pour les Mondiaux 2011 en prenant la 3e place du 100 m des sélections jamaïcaines derrière Asafa Powell et Yohan Blake, futur champion du monde de la distance, et en remportant le 200 m, sa spécialité. Le Jamaïcain, qui s'entraîne en Floride sous les ordres de l'entraîneur Lance Brauman, dans un groupe qui comprend aussi l'Américain Tyson Gay, a couru sept fois sous les 10 secondes sur 100 m cette saison alors qu'il n'était jamais descendu sous cette barre auparavant dans sa carrière. 

Une nouvelle affaire Balco ?

En 2010, huit cas –avérés ou non- de dopage s'étaient fait jour en quelques mois: Steve Mullings, Yohan Blake, Sherri-Ann Brooks, Marvin Anderson, Allodin Fothergill, Bobby-Gaye Wilkins, Chris Williams et Julian Dunkley. La presse locale n’avait pas manqué de tirer la sonnette d’alarme face à cette déferlante de cas positifs. Des "affaires" qui entraînent une suspicion sur la domination des sprinters Jamaïcains, notamment aux Jeux Olympiques de Pékin en 2008 où cette île des Caraïbes avaient illuminé le nid d'oiseau (trois titres olympiques assortis de trois records du monde pour la star Usain Bolt).

En 2009 aux Mondiaux de Berlin, le score avait enflé avec 13 médailles dont 7 en or et une seconde place au tableau des médailles derrière les Etats-Unis. Au pays de l'Oncle Sam, "l'affaire Balco" avait entaché la réputation de nombreux athlète de renommée mondiale (Tim Montgomery, Dwain Chambers et l'emblématique Marion Jones). L'athlétisme jamaïcain semble prendre le même chemin.