Frankie Fredericks
Frankie Fredericks lors d'une conférence de l'IAAF | BERTRAND LANGLOIS / AFP

Le CIO suspend Fredericks, mis en examen par la justice française pour soupçons de corruption

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Le Comité international olympique (CIO) a prononcé mardi la suspension du Namibien Frankie Fredericks, mis en examen pour corruption passive et blanchiment de corruption par la justice française, jeudi dernier, dans le cadre d'une enquête sur l'attribution des JO de Rio-2016.

Considérant "l'impact sur sa réputation" la commission exécutive du Comité international olympique a décidé de suivre la recommandation de sa commission d'éthique et de suspendre Frank Fredericks de tous ses droits de membre du CIO dont il est membre depuis 2012.

Virement suspect

Fredericks, âgé de 50 ans, ancien champion du monde du 200 m et vice-champion olympique du 100 et du 200 m, est dans le collimateur de la justice française depuis la découverte d'un virement suspect de 299.300 dollars (262.000 euros) reçu le 2 octobre 2009. Ce jour-là, Rio avait obtenu l'organisation des JO-2016.  Problème: Fredericks était scrutateur du vote pour le CIO. Il est désormais poursuivi dans cette information judiciaire, ouverte en décembre 2015 sur des soupçons d'achats de voix au sein du CIO pour attribuer les Jeux de 2020 à Tokyo et qui a été étendue en juillet dernier à ceux de Rio.

La compétence de la justice française, qui s'est saisie de cette affaire dans le sillage d'une autre enquête, portant sur un pacte de corruption entre le sommet de l'IAAF (fédération internationale d'athlétisme) et la Russie, s'explique notamment par le fait que des fonds ont pu être blanchis à Paris.
Point commun de tous ces dossiers, Papa Massata Diack, puissant consultant marketing de l'IAAF, que son père Lamine Diack a présidée de 1999 à 2015. En mars, le journal Le Monde a révélé l'existence de ce virement d'une société de Papa Massata Diack vers une structure liée à Frankie Fredericks ce 2 octobre 2009.  A la suite de cette révélation, l'ancien champion, seul médaillé olympique de la Namibie, avait justifié cet argent par des activités de promotion pour l'athlétisme. Il avait néanmoins été contraint de démissionner de son poste, au sein du CIO, de président de la commission d'évaluation des JO de 2024, qui ont depuis été attribués à Paris. Il a aussi été suspendu de ses fonctions au sein du Conseil de l'IAAF.