Lavillenie déception
Renaud Lavillenie. | JOHANNES EISELE / AFP

Lavillenie : "Une saison bizarre et compliquée"

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Renaud Lavillenie a conclu sa saison, dimanche, avec une 2e place au concours du saut à la perche du Décanation, et ce deux jours après son nouveau triomphe en Ligue de diamant à Bruxelles. "Ca a été une saison bizarre et compliquée", a admis le recordman du monde de la perche qui n'a pas caché sa déception d'échouer à franchir 5,70 m au stade Charléty. "Il y avait de la fatigue", a expliqué le sauteur tricolore.

Aviez-vous encore le concours de Bruxelles, vendredi, dans les jambes ?

Renaud Lavillenie : "Oui, ce concours de Bruxelles m'a fait puiser dans les réserves.  Aujourd'hui, j'avais juste suffisamment d'énergie pour essayer d'assurer les  sauts. Mais je me suis retrouvé à une hauteur, entre 5,60 et 5,70 m où j'étais  entre deux formats différents de perches. C'était la fin de la saison, avec un  manque de lucidité et je n'ai pas réussi à bien m'adapter. Il y avait de la  fatigue mais l'objectif pour moi c'était vendredi dernier, avec la Ligue de  diamant et une 6e victoire consécutive".

Vous êtes le seul athlète de l'histoire à avoir remporté six fois la  Ligue de diamant, mais n'avez récolté que le bronze aux Mondiaux. Quel est le  bilan de votre saison ?

R. L. : "Le bilan n'est pas si mauvais que ça. J'ai fait une saison où j'ai  franchi sept fois les 6 mètres, j'y ai battu mon record en extérieur (6,05 m  fin mai à Eugene, Oregon) et puis j'ai tout de même une médaille mondiale sans  oublier un nouveau titre européen indoor. Bien sûr, j'aurais aimé aller plus  haut en extérieur. Mais ça a été une saison compliquée et bizarre".

En quoi était-elle compliquée et bizarre ?

R. L. "Elle a été compliquée parce que d'abord j'ai fait une grosse saison  hivernale. Moi, d'un point de vue perso, je m'attendais à faire de bonnes  performances en extérieur. J'en ai fait mais je suis intimement persuadé que  j'aurais pu sauter plus haut. Et puis surtout, cette gestion des attentes et  des sollicitations a été assez importante. J'ai encore énormément appris par  rapport à cela. Il y a eu des dépenses d'énergie qui auraient pu être évitées  mais c'est toujours pareil, on s'en rend compte après. Maintenant je sais que  la priorité c'est le sportif, les meetings, la préparation des compétitions.  J'ai tendance à être assez gentil, à dire oui beaucoup, à trouver pas mal  d'arrangements et au final je me rends compte que, après les Mondiaux, les  médias à qui j'avais fait pas mal de fleurs durant la saison ne m'en ont pas  fait dans les articles derrière. Je me suis bien rendu compte que ça ne servait  à rien. C'est la rançon de la gloire, il faut juste être capable d'apprendre à  gérer ça pour trouver le meilleur équilibre, surtout dans l'optique des Jeux".

AFP