Yelena Isinbaeva
La perchiste russe Yelena Isinbaeva | MICHAEL KAPPELER / DPA / DPA PICTURE-ALLIANCE/AFP

Isinbayeva dérape encore

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La star russe de la perche Yelena Isinbayeva a provoqué une nouvelle controverse en déclarant vouloir quitter la "misérable" ex-Stalingrad pour s'installer à Monaco, une semaine après ses propos anti-gay à l'origine de vives critiques.

Dans ce que le journal Argumenty i Fakty a présenté comme une interview  "exclusive", la championne du monde âgée de 31 ans a déclaré vouloir quitter sa  ville natale, Volgograd (l'ex-Stalingrad), pour s'installer à Monaco, afin de  bénéficier de meilleures conditions de vie et d'entraînement. "Je crois que je vais aller vivre à l'étranger. J'aurais beaucoup de  responsabilités à Volgograd, mais je veux vivre à Monaco", a déclaré  Isinbayeva, déplorant l'absence d'infrastructures dans sa ville, en particulier  pour les sportifs. "A Volgograd, il n'y a pas d'installations sportives, non seulement pour  l'athlétisme mais aussi pour d'autres sports. Que faire ici, à Volgograd la  misérable ? La ville est devenue étrange, vieille, elle s'est dégradée. Les  routes sont horribles", a-t-elle lancé.

Face à un deuxième déluge de critiques en une semaine, cette fois sur des  déclarations au sujet de Volgograd (1.000 km à l'est de Moscou), Isinbayeva a  déclaré dans une interview plus tard dans la journée au quotidien Sovietskiy  Sport qu'elle n'avait en aucun cas voulu "insulter" cette ville. "C'est ma ville natale, ma ville préférée, mais elle me fait mal au coeur.  Je voudrais vraiment qu'elle soit meilleure, plus confortable", a déclaré  Isinbayeva à Sovietskiy Sport. Elle a aussi affirmé qu'elle ne souhaitait pas vivre en permanence à  Monaco, mais "peut-être simplement y passer plus de temps". L'athlète a souligné que ces dernières années elle vivait à Volgograd lors  de ses entraînements et passait le reste du temps dans la Principauté. "J'en ai assez que mes propos soient constamment déformés", a ajouté  l'athlète, observant que ses déclarations à Argumenty i Fakty n'avaient pas été  faites dans une interview "exclusive" comme l'a affirmé le journal, mais lors  d'une conférence de presse. "Cela fait cinq ans que je n'ai pas donné d'interview exclusive, et  maintenant j'ai décidé que je n'en donnerai plus", a-t-elle dit.

Au cours des Mondiaux d'athlétisme (10-18 août) à Moscou où elle a remporté  une médaille d'or, Isinbayeva avait défendu sans ambiguïté la loi promulguée en  juin par le président Vladimir Poutine et qui réprime la "propagande"  homosexuelle devant mineurs de peines d'amende et de prison. Le texte a été  jugé discriminatoire par de nombreux défenseurs des droits de l'Homme et par la  communauté homosexuelle. "Nous tolérons toutes les opinions et nous respectons tout le monde, mais  en retour, ces personnes doivent respecter nos lois et ne pas promouvoir dans  les rues les orientations (sexuelles, ndlr) non traditionnelles", terminologie  utilisée en Russie pour les relations entre personnes de même sexe, avait  notamment déclaré la championne lors d'une conférence de presse. Ces propos avaient provoqué de vives critiques en Occident, notamment  d'anciens athlètes, comme Michael Johnson, légende américaine du 400 mètres. Isinbayeva avait ensuite publié un communiqué dans lequel elle affirmait  avoir été "mal comprise" et se disait "opposée à toute discrimination contre  les homosexuels".

AFP