Nick Davies
Nick Davies, ancien porte-parole de l'IAAF et chef du cabinet de Sebastian Coe | MICHAEL KAPPELER - AFP

Dopage : l'e-mail compromettant du bras droit de Sebastian Coe

Publié le , modifié le

Nouveau rebondissement dans les affaires de dopage entre la fédération international d'athlétisme (IAAF) et la Russie. Un courrier électronique de Nick Davies, ancien porte-parole de l'IAAF, daté de juillet 2013 met en avant les dicussions au sein de l'IAAF pour empêcher un scandale médiatique avant les Championnats du monde d'athlétisme de Moscou. Nick Davies est également l'actuel chef de cabinet du président de l'IAAF, Sebastian Coe.

La fédération internationale d’athlétisme (IAAF) n’en a pas fini avec les affaires. Il y a quelques jours, son ancien président, Lamine Diack, révélait un accord financier avec la Russie pour couvrir des pratiques de dopage. Aujourd’hui, le journal Le Monde a obtenu le contenu d’un courrier électronique de Nick Davies, directeur de cabinet de l’actuel président de l’IAAF, Sebastian Coe, alors qu’il était porte-parole de la fédération. Destiné à Papa Massata Diack, fils de Lamine Diack et consultant en marketing pour l’IAAF à l’époque, il a été envoyé le 29 juillet 2013, quelques semaines avant les championnats du monde d’athlétisme de Moscou.

"Nous devons êtres intelligent"

Dans cet email, Nick Davies discute de la stratégie à adopter pour éviter l'explosion d'un scandale médiatique autour des cas de dopage russes avant les Mondiaux. Il entame son courrier par préciser qu’il doit rester "dans la stricte confidence d’un petit cercle de hauts responsables de l’IAAF." Nick Davies demande à s’entretenir avec le département antidopage afin de "comprendre exactement quels squelettes russes nous avons encore dans le placard." Il ajoute : "Le temps de dévoiler ces athlètes est passé depuis longtemps et maintenant nous devons être intelligent. Ces athlètes ne devraient pas faire partie de l’équipe russe aux Mondiaux et il faut faire pression sur Valentin (Balakhnichev, président de la fédération russe) pour s’en assurer. Si les coupables ne participent pas, alors nous ferions mieux d’attendre la fin de la compétition pour les dévoiler. Ou nous en annonçons un ou deux mais en même temps que des athlètes d’autres nationalités. Nous pouvons aussi préparer un dossier sur les tests antidopage expliquant que si les athlètes russes sont les plus contrôlés positif, c’est qu’ils sont les plus testés."

Nick Davies évoque également le besoin d’une campagne de presse « non-officielle » pour protéger les Mondiaux d’un scandale de dopage. Il conclut son courrier par "Dès que j’ai une idée du prix de cette campagne, je vous le ferais savoir, mais je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour protéger l’IAAF et le Président."

Nick Davies répond dans un communiqué

Cet e-mail, qui fait partie du dossier judiciaire de l’enquête en cours sur la corruption au sein de l’IAAF, montre que les hauts responsables de la fédération étaient au courant des nombreux cas de dopages dans l’athlétisme russe. Nick Davies a répondu dans un communiqué : "Aucun plan n’a été mis en place suite à cet e-mail et il n’y a absolument aucune possibilité qu’une stratégie ou un plan média/relations publiques puisse interférer avec la procédure antidopage. Je n’avais aucune connaissance en 2013 que des officiels de l’IAAF puissent être impliqués dans des conduites criminelles liées à des cas de dopage, tout comme je n’ai aucune connaissance d’aucun cas de dopage n’ayant pas été traité qui aurait dû l’être, ni d’aucune suspension pour dopage n’ayant pas été publiée dans les temps impartis par les règles de l’IAAF."

Ce nouveau rebondissement entache un peu plus le début de mandat de Sebastian Coe, à la tête de l’IAAF depuis août 2015. L'ancien président Lamine Diack est lui toujours mis en examen pour "corruption passive" et "blanchiment aggravé".