Christian Coleman, en juillet 2019 lors des championnats des USA
Christian Coleman, en juillet 2019 lors des championnats des USA | AFP

Doha 2019 : Christian Coleman, une décision qui interpelle

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Malgré trois no-shows, le sprinteur américain Christian Coleman pourra participer aux Mondiaux d'athlétisme à Doha (du 27 septembre au 6 octobre), puis même aux JO de Tokyo l'an prochain (du 24 juillet au 9 août). La décision prise par l'agence américaine anti-dopage (Usada) et cautionnée par l'Agence mondiale antidopage (Ama) en raison d'un règlement spécifique, ne laisse personne indifférent.

Sur une période de 12 mois, l'athlète n'a donc pas répondu présent à trois contrôles inopinés (le 6 juin 2018, le 16 janvier 2019 et le 26 avril 2019). Interrogé ce week-end par France tv sport (avant la relaxe), Christophe Lemaitre se disait lui surpris des trois no-shows de Christian Coleman. "Personnellement, j’ai du mal à comprendre comment on peut manquer autant de contrôles. C’est vrai que c’est un peu contraignant. On peut en rater un par erreur, mais trois, ce n’est pas anodin", avait indiqué le sprinteur français qui sera présent à Doha sur 200 m. Lundi, l'Usada (agence antidopage américaine) a donc officiellement abandonné la procédure qui visait son athlète.

Une telle infraction est normalement sanctionnée de deux ans de suspension, mais les avocats de l'Américain ont mis en avant une subtilité du règlement du code mondial antidopage pour "sauver" Coleman. Selon ces derniers, il est en effet précisé que la date à laquelle devait être reportée la première infraction était celle du premier jour du trimestre où elle a été commise. La défense de Coleman a donc expliqué que pour le premier no-show (du 6 juin), l'infraction devait être imputée au premier jour du deuxième trimestre, soit le 1er avril, et non le 6 juin. Par conséquent, la période des trois no-shows n'est plus de 12 mois mais de 13 mois…

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Diagana : "Sous l'ancienne règle, Coleman n'y échappait pas"

Champion du monde du 400m haies (1997), Stéphane Diagana, rappelle que cette période était auparavant de 18 mois (et non de 12) dans le règlement. "Il y avait une volonté de réduire à 12 mois parce que sur trois erreurs sur 18 mois, ça paraissait aux yeux de certains pas beaucoup. L'outil n'était pas encore aussi développé. Sous l'ancienne règle, Coleman n'y échappait pas", explique-t-il. Ancien membre de la commission des athlètes à la Ligue mondiale (de 2006 à 2009), Stéphane Diagana se dit "plus favorable aux 18 mois car les outils d'aujourd'hui permettent plus de l'appliquer. C'est d'autant plus nécessaire que les microdoses de produits dopants ne peuvent laisser aucune trace sous trois heures", précise-t-il.

Lundi, après avoir obtenu la confirmation de l'Agence Mondiale Antidopage (Ama) dans son interprétation du règlement, l'Usada a donc décidé d'abandonner les poursuites. A 26 jours près, le vice-champion du monde 2017 évite la suspension. 
"Je ne dis pas que c'est le cas de Coleman, mais forcément, certains athlètes peuvent s'organiser en fonction du 1er no-show", convient Stéphane Diagana qui prône à la fois des sanctions financières et "une sorte d'assistance juridique dont se doterait l'Agence mondiale antidopage (AMA)", explique-t-il, ce qui permettrait de rendre justice aux athlètes propres.

À Doha en favori

En rendant sa décision, l'Usada avait tenu à préciser que Coleman avait toujours fourni les éléments de localisation au début de chaque trimestre. Pendant la saison 2018-2019, il aurait même été contrôlé à 20 reprises. A Doha, le meilleur performeur mondial sur 100 m se présentera parmi les grands favoris pour le titre suprême. Sans doute, ou presque.

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