Renaud Lavillenie perche
Le perchiste français Renaud Lavillenie | AFP - LUKAS SCHULZE

Renaud Lavillenie veut planer à domicile, duel Lemaître-Vicaut attendu

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Les championnats de France d'athlétisme en salle se déroulent ce week-end à Aubière. A domicile, le recordman du monde du saut à la perche, Renaud Lavillenie sera très attendu, tout comme le désormais habituel duel sur le sprint entre Jimmy Vicaut, l'invité de dernières minutes, et Christophe Lemaître.

Athlète mondial de l'année 2014, Renaud Lavillenie entend confirmer sa suprématie en 2015. Ça débute par les championnats de France ce week-end à Aubière. Chez lui. "Je n'ai jamais réussi 6 m à la maison. J'espère que je vais enfin y arriver, avait-il rappelé le week-end dernier. Bubka a le record de ma ville (avec 6,00 m) et moi de la sienne (Donetsk)". Sans rival, il devrait à nouveau se battre contre lui-même. Avec l'espoir de refaire le coup de Berlin où il avait franchi 6m02. "Je suis de retour sur les bases de l'an dernier. Il me reste trois semaines pour chercher la grosse perf. Surtout quand je vois la facilité à 6,02  m", avait indiqué le Clermontois d'adoption samedi à Berlin, après son énième meilleure performance mondiale de l'année (MPM).

Ses trois essais à 6,17 m, soit un centimètre plus haut que son record du monde du 15 février 2014 à Donetsk (Ukraine), avaient attesté que le champion olympique est "sur une très bonne dynamique". Le glouton Lavillenie, qui ne laisse que les miettes à ses adversaires, a déjà mis une main de fer sur un 4e titre continental en salle, dans deux semaines à Prague. Et il entend sauter haut et vite, en attendant que la nouvelle génération, emmenée par le Canadien Shawnacy Barber, 20 ans et déjà  5,90 m cet hiver, vienne défier l'ordre "lavillenien".

Duel en sprint

Dans les airs, Lavillenie devrait planer trop haut pour les autres. En revanche, sur la piste, Christophe Lemaître ne devrait pas être tout seul. Au départ, Jimmy Vicaut avait dit non à la salle. Mais il sera finalement bien présent pour ferrailler avec le sprinteur d'Aix-les-Bains. "On s'attend à ce que Christophe progresse et donc à ce qu'il faille courir en moins de 6''55", a déclaré Guy Ontanon l'entraîneur de Vicaut. "Mais l'important est d'évaluer ses progrès et de se faire plaisir", a poursuivi Ontanon qui ne fixe pas d'objectif de chrono.

Entre le grand blond auteur d'un alléchant 6''57 à Lyon et le champion d'Europe du 60m, le combat pourrait valoir le détour. Surtout qu'ils n'iront pas à Prague, Aubière étant le seul lieu où ils se croiseront en salle. Chez les filles, la championne du monde en salle de la longueur, Eloyse Lesueur a choisi le sprint (60 m) à Aubière, "pour acquérir le plus de vitesse possible et la convertir en un saut qui ira loin". Sur 60 m justement, Ayodélé Ikuesan devra obtenir les minima (7 sec 25)  pour Prague, et nul doute que la concurrence de Stella Akakpo, Céline Distel-Bonnet et Véronique Mang, également sur les rangs pour le voyage en République Tchèque, fourniront l'aiguillon nécessaire.

Demi-fond décimé

Si en sprint, les têtes d'affiche seront là, sur le demi-fond c'est autre chose. En une année axée sur les Mondiaux en plein air - le seul titre qui manque à Lavillenie - en août à Pékin, les championnats d'Europe en salle indoor à Prague ne constituent pas un objectif pour les meilleurs tricolores du demi-fond, en particulier Mahiédine Mekhissi, champion d'Europe du 1500 m, et Pierre-Ambroise Bosse (800  m).

Le Rémois Yohann Diniz, l'autre recordman du monde français -sur 50 km-,  est aussi absent, terminant un stage en Afrique du Sud. Reste que, grâce à sa densité, l'athlétisme français devrait déléguer une quarantaine de membres à Prague, dont Dimitri Bascou, meilleur performer continental sur 60 m haies (7 sec 51). Et puis il y a ceux qui ont été contraints de renoncer sur blessures, comme les hurdleurs Cindy Billaud et Pascal Martinot-Lagarde, ou le triple sauteur  Benjamin Compaoré, médaillé d'or aux Europe en plein air à Zurich.

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