Clémence Calvin lors du marathon de Paris

Athlétisme : Clémence Calvin, suspendue 4 ans, fait appel devant le Conseil d'État

Publié le , modifié le

Soupçonnée d'avoir évité un contrôle antidopage inopiné en mars dernier au Maroc, Clémence Calvin a été officiellement suspendue quatre ans ce soir par la commission des sanctions de l'AFLD (Agence française de lutte contre le dopage). La vice-championne d'Europe 2018 du marathon, qui a toujours nié s'être soustraite à ce test, avait été auditionnée par les membres de cette commission fin novembre. L'athlète a annoncé dans la foulée qu'elle décidait de faire appel devant le Conseil d'État.

Cela faisait plusieurs mois qu'elle attendait sa sanction. Clémence Calvin, la marathonienne de 29 ans, accusée de s'être soustraite à un contrôle antidopage en mars dernier au Maroc, a été condamnée ce mercredi soir à quatre ans de suspension par la commission des sanctions de l'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD). Dans la foulée de cette décision, l'athlète, qui a toujours nié avoir fui ce contrôle antidopage, s'est exprimée : "Je fais appel devant le Conseil d'État, j'ai confiance en une vraie justice indépendante."

La vice-championne d'Europe 2018 du marathon avait été auditionnée en novembre par les membres de l'AFLD. L'entretien avait duré plus de onze heures, pendant lequel, selon nos informations, le reportage de Stade 2 portant sur Clémence Calvin aurait été visionné et aurait corroboré la thèse d'une fuite de l'athlète. Toujours selon nos informations, l'AFLD, qui devait déterminer ce qu'il s'est réellement passé au Maroc en mars dernier au moment du contrôle, aurait produit le témoignage du logeur de Clémence Calvin à Marrakech. Un témoignage qui aurait surpris pour le clan Calvin, qui a donc subi la sanction maximale de quatre ans. Samir Dahmani, mari et entraîneur de l'athlète, a, en effet, également été condamné à quatre ans de suspension, après avoir été accusé d'obstruction en s'interposant entre sa femme et les contrôleurs.

Deux thèses totalement opposées

L'AFLD et l'athlète ont opposé deux versions diamétralement opposées. Selon l'agence antidopage, Calvin a été notifiée dans la rue par les contrôleurs, à qui elle a demandé de les accompagner à pied dans une salle de sport où se trouvait son mari pour lui remettre son enfant. Mais une fois sur place, elle a pris la fuite, Dahmani s'interposant physiquement pour l'aider à s'échapper. La Française a ensuite toujours réfuté les accusations. Elle a assuré que trois personnes l'avaient abordée dans la rue, sans évoquer un contrôle antidopage, et que l'un d'eux, qu'elle a désigné comme le directeur des contrôles de l'AFLD Damien Ressiot, s'était présenté comme un policier exigeant qu'elle les mène à son mari. Elle avait dénoncé son comportement violent, assurant qu'il avait fait tomber son enfant de deux ans en lui prenant le bras sans ménagement. Cette thèse n'a pas semblé avoir convaincu les membres de la commission.

L'athlète, figure de proue du fond français, a, en parallèle de l'annonce de sa décision de faire appel, dénoncé la "mascarade" qu'a représenté, selon elle, sa comparution devant les membres de l'AFLD, considérant qu'elle n'était "ni objective ni impartiale". L'appel de Clémence Calvin devant le Conseil d'État pourrait prendre entre huit mois et un an pour être examiné. D'ici là, l'athlète restera suspendue, et devrait rater les Jeux Olympiques de Tokyo l'été prochain.

Le reportage de Thierry Vildary dans Stade 2

Denis Menetrier @DMenetrier