40 ans après la mort de Jesse Owens, la flamme est toujours là, Alexandre Boyon nous raconte son histoire hors norme

Publié le , modifié le

Auteur·e : Alexandre Boyon
Jesse Owens aux Jeux de Berlin 1936

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Il y a 40 ans, le 31 mars 1980, l’une des plus grandes gloires du sport nous quitte. Jesse Owens est bien plus qu’un champion. En 1936, aux Jeux de Berlin, ses quatre titres olympiques remportés sous les yeux d’Adolph Hitler font de lui un symbole ultime. Sur ce terrain-là aussi, peu d’athlètes sont parvenus à l’égaler. Il restera à jamais le premier devant Carl Lewis, le premier athlète quadruple champion olympique dans les mêmes Jeux. Jesse Owens est un esthète capable de sublimer le geste. Une étoile de la piste. Extrêmement filante, l’étoile !

6 records du Monde en 45 minutes chrono

Sur le plan sportif, sa légende prend forme lors des championnats universitaires américains de 1935. En 45 minutes chrono, l’étudiant de la Faculté de l’Ohio bat six records du Monde, un exploit unique dans l’histoire du sport ! Ce jour de mai 1935, Owens s’est contenté de défier le temps, un an plus tard, c’est à l’Histoire qu’il s’attaque.

40 ans après la mort de Jesse Owens, la flamme est toujours là, Alexandre Boyon nous raconte son histoire hors norme

En 1936, Adolf Hitler souhaite utiliser les Jeux de Berlin pour faire la propagande du nazisme et mettre en avant la "race aryenne". Dans ce contexte nauséabond - et alors que les Américains souhaitaient boycotter ces JO faits par et pour le Führer - un petit-fils d’esclaves afro-américains va sans le vouloir devenir le symbole de la victoire de l’humanisme sur la barbarie. Ce statut, Owens le doit à ses performances sur la piste cendrée de Berlin. Sans surprise, le meilleur sprinteur de la planète remporte les 100,  200 et 4x100 mètres. Mais sa plus belle victoire est aussi la plus incertaine. 

L’esprit de Coubertin

Dans le concours du saut en longueur, un grain de sable vient enrayer la belle mécanique du champion américain. Le garçon de 22 ans peine à régler sa course d’élan et après quatre sauts se retrouve même devancé par l’allemand Luz Long. Les 80 000 spectateurs rêvent alors à la victoire de leur champion blond aux yeux bleus. Luz ne les entend pas, il n’écoute que son cœur. La petite histoire prétend qu’en voyant Owens en délicatesse avec ses marques, il le conseille. Sur les 2 dernières tentatives, l’américain s’envole vers la victoire, Hitler préfère quitter la tribune officielle. Romancé ou non, on veut croire à cet "élan du cœur" pour tout ce qu’il dit du sport et de ses valeurs. Owens et Long deviendront amis pour la vie. Le sport n’a ni couleurs, ni barrières.

Jesse Owens et Luz Long à Berlin en 1936
Jesse Owens et Luz Long à Berlin en 1936 © CORR / HO / AFP

La femme olympique

Revient en mémoire un dernier moment de grâce. En septembre 1993, Berlin profite des finales de la Golden Four d’athlétisme pour promouvoir sa candidature à l’organisation des JO de 2000. Avant le meeting, de somptueuses Mercedes des années 30 qui, en leur temps, ont dû transporter des militaires à l’idéologie abjecte font le tour du stade. A leur bord, des personnalités du sport et de la politique. Dans l’une d’entre elles, la femme de Jesse Owens. L’Allemagne tout juste réunifiée a un devoir de mémoire. Minnie Ruth Owens véhicule les valeurs d’humanisme et de fraternité, comme son époux plus d’un demi-siècle plus tôt.

Jesse Owens nous a laissé bien plus que des records, des exploits ou des médailles. Il nous a offert une vision romantique et humaniste du sport. 40 ans après sa mort, la flamme est toujours là.

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