Lance Armstrong portrait tour 2010
Lance Armstrong en 2010 | AFP

Armstrong, la chute annoncée

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Le monde du sport en parle depuis quelques années déjà, mais cette fois le coup de grâce pourrait être donné à Lance Armstrong. Suspecté de dopage, l'Américain a été suspendu par l'Agence américaine antidopage (USADA).

Cette dernière a en effet annoncé avoir engagé une procédure contre l'ancien coureur américain, qu'elle accuse de s'être dopé entre 1996 et 2011. Le Texan risque de perdre ses sept victoires dans le Tour de France, mais nie en bloc les accusations.

L'UCI prend note

Dans une lettre adressée à l'ancien coureur, ainsi qu'à cinq de ses anciens collaborateurs, l'USADA explique qu'il s'agit d'une "première étape d'une procédure légale qui en compte plusieurs pour violations présumées des règles antidopage en sport". Parmi les destinataires de cette lettre, se trouvent l'ex-directeur  sportif belge d'Armstrong, Johan Bruyneel - l'actuel directeur de RadioShack - ainsi que son préparateur italien Michele Ferrari, Luis Garcia Del Moral (l'ancien médecin de l'US Postal), Pedro Celaya (l'actuel médecin de RadioShak) et Jose Pepe Marti (l'ex-coach de l'US POstal et d'Astana). L'Union Cycliste Internationale (UCI) qui a été informée par l'USADA, "a pris note que les personnes concernées ont été invitées à se déterminer sur les allégations qui leur sont imputées", mais "ne se livrera à aucun commentaire à ce stade de la procédure". Selon l'USADA, l'ancien coureur aujourd'hui âgé de 40 ans, se serait dopé durant presque toute sa carrière professionnelle, et aurait même incité des coéquipiers à se servir du dopage.

De nouveaux éléments d'information

Selon le Washington Post, cette lettre de 15 pages et datée du 12 juin reprend des informations qui n'avaient encore jamais été dévoilées. L'agence américaine affirme disposer de témoignages d'anciens coéquipiers dans lesquels il est expliqué qu'"Armstrong avait eu recours au dopage à l'EPO, aux  transfusions sanguines, à la testostérone, et à la cortisone d'une période allant d'avant 1998 jusqu'à 2005, et qu'il avait auparavant utilisé de l'EPO,  de la testostérone et de l'hormone de croissance en 1996". L'USADA précise aussi que le Laboratoire antidopage de Lausanne avait suspecté la présence d'EPO dans un échantillon urinaire de Lance Armstrong  lors du Tour de Suisse 2001. Mais ce contrôle aurait été volontairement passé sous silence selon certains de ses anciens coéquipiers.

Des échantillons sanguins collectés en 2009 et 2010, lors de l'étonnant retour à la compétition d'Armstrong seraient "parfaitement compatibles avec des manipulations sanguines incluant  l'usage d'EPO et/ou de transfusions sanguines". Jusqu'à présent, si les suspicions de dopage ont toujours émaillé la carrière du coureur, il a toujours échappé à la moindre sanction. Malgré des confessions d'anciens coéquipiers tels que celles de Floyd Landis ou de Tyler Hamilton, une enquête fédérale débutée en 2010 et visant à déterminer si des fonds publics avaient été détournés en vue de financer notamment un système de dopage, s'était soldée par un non-lieu en février dernier.

Armstrong: "Des allégations ayant perdu tout crédit"

Mais le volet sportif de cette enquête n'avait en revanche pas été refermé et c'est bien là l'objet de la procédure actuelle. A compter de ce jour, Lance Armstrong se trouve suspendu, et ne peut même plus participer à des courses de triathlon auxquelles il participe régulièrement encore. "J'ai été avisé que l'USADA, une organisation financée par l'argent des contribuables mais gouvernée seulement par ses propres règles, avait  l'intention de reprendre des allégations ayant perdu tout crédit remontant à plus de 16 ans pour m'empêcher de faire des compétitions de triathlon et essaye de me déposséder de mes victoires dans le Tour de France", a estimé Armstrong.

"Ces accusations sont sans fondement", affirme l'Américain qui se pose en victime d'une "vendetta": "Je n'ai jamais été dopé et, au contraire de beaucoup de mes accusateurs, j'ai participé à des courses durant 25 ans sans pic de performance et j'ai subi plus de 500 contrôles sans jamais en rater un. L'USADA ne tient pas compte de cette distinction fondamentale." Le Texan devra toutefois démontrer qu'il n'a pas eu recours au dopage pour décrocher ses sept victoires sur la Grande Boucle.

L'USADA confirme l'envoi de la lettre sur son site (en anglais)

La réponse de Lance Armstrong sur son site (en anglais)

La prise de position de l'UCI

Romain Bonte