Yannick Agnel
Yannick Agnel, champion du monde du 200m | AFP - PIERRE-PHILIPPE MARCOU

Agnel, la sensationnelle déferlante

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Après avoir hésité à s'aligner sur le 200m nage libre, Yannick Agnel, champion olympique de l'épreuve à Londres, est devenu champion du monde à Barcelone. Au terme d'une course qu'il a menée de bout en bout, le Français a fait chavirer le Palau Sant Jordi, comme toujours envahi par les supporteurs français. Et parmi eux, il y avait la maman de Yannick, heureuse de voir son fils heureux.

Le rugissement est énorme. Yannick Agnel, au moment où il pénètre sur la plage de la piscine du Palau Sant Jordi pour sa finale du 200m nage libre, sait qu'il va presque nager à domicile. Comme tous les jours, les supporteurs français sont les plus nombreux dans l'enceinte espagnole. Et pour la première fois, la ministre des Sports, Valérie Fourneyron, est également présente en tribune présidentielle, au côté d'un président de la Fédération française, Francis Luyce, des plus contractés.

Parti devant, le Français creuse petit à petit l'écart avec ses rivaux. En même temps, Francis Luyce se met à gigoter sur son siège, touche le bras de la Ministre en un signe de tension extrême. Au bout de 130m, il ne peut se retenir: "Allez Yannick", crie-t-il. Au virage, il se lève, suivi quelques secondes après de la Ministre. La tribune présidentielle, largement occupée par les représentants français, imite leurs chefs de file. Dans le public, le vacarme s'intensifie dans cette dernière ligne droite. Le champion olympique creuse encore plus l'écart, il ne peut plus perdre, les sourires s'affichent enfin sur les visages. La victoire est là, le temps des embrassades également, alors que Yannick Agnel, presque étonné de sa victoire sort de l'eau au son des "Yannick, Yannick", scandés à l'unisson par des Français aux anges.

Les drapeaux flottent, la clameur se poursuit, et le nouveau champion du monde du 200m nage libre en profite pleinement. "C'était assez émouvant car la moitié du stade était de ma famille", riait le lauréat. "En plus je suis super content parce que je suis sur le podium avec Conor, avec qui on s'était dit voici un mois: 'On fait 1 et 2 et après on va à Paris pour s'éclater'. Et puis il y a Danila, un ami de longue date, qui fait 3. C'est que du bonheur."

"Je ne plaçais pas une bille sur la finale"

Mais il y a bien plus que ça dans cette médaille d'or. "Je la savoure encore plus, même si un titre mondial est moins important qu'un titre olympique. Ca représente énormément pour moi. Il y a toute ma famille. Je suis content qu'on ait pu apprécier ça tous ensemble. Après la fin de saison chaotique que j'ai connue, après l'intensité de ces derniers jours, après hier où je fais 1'47 en appuyant un peu... Je ne plaçais pas une bille sur la finale. Je mettais encore moins de billes que vous, c'est dire. Même à l'échauffement c'était très très dur. Quand je suis sorti de l'eau, j'ai dit à Fernando: 'Là, je vais plutôt me mettre au soleil.' C'était effroyable. Mais quitte à être là, je me suis dit: 'Fais-toi plaisir. Vas-y comme à Londres'. J'étais bien, j'étais à la cool. Je suis aux anges. Je ne m'y attendais pas du tout."

Même l'entraîneur détaché par Bob Bowman, Fernando Cavales, était transporté: "C'est une compétition incroyable. Yannick est un professionnel, le meilleur du monde, il avait une énorme détermination pour bien nager pour la France." Et il rendait hommage à Fabrice Pellerin, l'ancien entraîneur de Yannick: "Si Yannick est ce qu'il est aujourd'hui, c'est grâce à Fabrice. C'est une grande personne. C'est un grand jour pour la France, et c'est un honneur pour moi d'être avec le staff français. Yannick est une personne incroyable. Merci à la France", lançait-il en conclusion. Présente dans la tribune, la maman de Yannick Agnel restait sobre, mais respirait le bonheur: "C'est peut-être plus beau qu'à Londres. Cette année, avec tous les événements de ces derniers mois, c'était presque inespéré. Il a dû aller la chercher très loin cette médaille. Le voir aussi heureux, c'est vraiment le principal. Qu'il perde ou qu'il gagne, maintenant, il est heureux."

Vidéo: La finale du 200m