Christophe Riblon (AG2R-La Mondiale) dans les échappées
Christophe Riblon (AG2R-La Mondiale) dans les échappées | PASCAL PAVANI / AFP

AG2R mise sur la prévoyance

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La boule de cristal n’a pas encore prouvé son efficacité. Si les anciens ont parfois le nez creux, la prédiction dans le sport est une science à inventer ou pas puisqu’il faut tout faire pour conserver cette belle incertitude. Chez AG2R-La Mondiale, on essaie depuis quelques années de voir le futur et de l’anticiper. Pas de voyance mais un indice de sprint ou de réussite d’une échappée.

« Les critères sont simples. Le profil y fait pour beaucoup », explique Julien Jurdie, directeur sportif de l’équipe savoyarde. Ensuite, il y a le contexte de la course, les enjeux. « En Auvergne, on savait que les grosses équipes n’allaient pas être hyper offensives ou défendre une position ». Enfin, il y a la fatigue. « On sait qu’il faut la gérer et que le peloton ne va pas forcément aller chercher les échappées. » En découle un indice, une probabilité de chances qui se vérifient régulièrement. « A Super-Besse, on avait mis un indice de 6/10 et Rui Costa est allé au bout, seul mais au bout, rappelle Jurdie. A St-Flour, on était sur une échelle à 8 avec une très forte probabilité de ne pas être rejoint. » Ce jour-là, il n’y avait aucun AG2R dans le lot mais l’échappée de Thomas Voeckler a bel et bien réussi son coup.

Mis en place depuis plusieurs années dans l’équipe, cet outil est surtout un excellent support pour le discours d’avant-course du staff. « Ca permet d’être clair dans notre briefing. On rassure les coureurs et on les conforte dans des choix de tactique de course, avance Jurdie. Mais ils sont intelligents et lisent bien la course. On en parle la veille, on échange avec nos gars et on tombe souvent sur les mêmes idées. A l’hôtel, je prends la température du peloton. Et le lendemain, pendant le briefing, je mets l’accent dessus. » Sans être devin, AG2R-La Mondiale se fait guère d’illusion à Luz-Ardiden et au Plateau de Beille. « On sait que dans les Pyrénées, avec deux grosses arrivées en altitude, les échappés auront du mal à aller au bout. Ce sera plus difficile avec les gros leaders derrière à se battre. » Le scénario est écrit mais les acteurs ont encore le stylo en main. A eux de jouer !