Les favoris du Tour
Au premier rang: les frères Schleck, Gilbert, Evans, Voeckler, Cavendish... | AFP - JOEL SAGET

A la croisée des chemins

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Pour le grand public, le Tour de France démarre en juillet. Pour les coureurs, les manageurs, les organisateurs et la presse, la plus grande épreuve cycliste du monde débute toujours en octobre. A mi-chemin entre la rentrée et le conseil de classe, la présentation du tracé de la Grande Boucle attire tout le monde. Et elle donne le premier pouls à la saison à venir.

C'est une tradition. On ferme une page et on en ouvre une autre. Voilà comment se décompose schématiquement la présentation du Tour de France. La saison passée est terminée depuis quelques semaines, la nouvelle n'a pas encore ouvert ses portes, et tout le monde est présent au Palais des Congrès, porte Maillot à Paris. Les champions actuels, les anciens, les organisateurs, leurs partenaires, les représentants des collectivités locales, tout l'amphithéâtre est plein. Au premier rayon: les grands favoris, les ténors, harcelés par caméras, micros et appareils photos largement avant le début de la cérémonie. Et ce n'est rien à côté de la foire d'empoigne d'après-présentation...

De manière immuable, cela commence toujours par les moments forts de la dernière édition. Cadel Evans peut ainsi revoir son intense émotion au moment de porter pour la première fois le maillot jaune à la veille de l'arrivée sur les Champs. Alexandre Vinokourov peut de nouveau souffrir en voyant la chute qui l'avait, un temps, conduit à annoncer sa retraite avant de faire machine arrière. Thomas Voeckler peut se souvenir de ses moments de courage pour défendre sa tunique dans les Alpes... Cette année, pourtant, une petite modification a été apportée dans un cérémonial toujours bien huilé. Tout le monde (ou presque) a en effet pu découvrir le nouveau tracé, une semaine avant cette présentation, sur le site internet officiel d'ASO, l'organisateur. Une petite erreur reprise avec humour par Christian Prudhomme, le directeur du Tour, avant le film présentant officiellement l'édition 2012: "On a voulu vous mettre en appétit avec cette présentation en avant-première mondiale."

L'humour, voici quelques années, ne faisait pas vraiment partie de la cérémonie. C'était à l'époque où la tension entre les organisateurs des Grands Tours et l'Union cycliste internationale (UCI) était palpable chaque minute, le temps où l'instance internationale tentait d'imposer ses vues à tout le monde, y compris aux grands organisateurs, le temps où les moyens pour lutter contre le dopage n'étaient pas partagés par tous. Cette époque est révolue, et malgré la chaleur ambiante, les costumes et les sourires sont rayonnants. Et chacun reprend contact, notamment les nouveaux coéquipiers, comme au sein de la BMC, Cadel Evans, Philippe Gilbert ou Thor Hushovd, tous trois présents au premier rang à Paris.