L'équipage de l'Audi N.1 fêté à l'arrivée des 24 Heures du Mans
L'équipage de l'Audi N.1 Tréluyer-Fässler-Lotterer remporte la 80e édition des 24 Heures du Mans pour la deuxième année consécutive. | JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP

Tréluyer-Fässler-Lotterer, des héros très discrets

Publié le , modifié le

En deux ans, Benoît Tréluyer, Marcel Fässler et André Lotterer se sont fait un nom dans le gotha du sport automobile. A l’image des premières années Audi en endurance, ce trio allie la rapidité, l’efficacité et la simplicité. Après leur deuxième victoire consécutive aux 24 Heures du Mans, ils ont le triomphe modeste.

C’est une bande de potes à qui tout sourit. « Jeunots » pleins d’avenir en 2011, ils sont devenus la nouvelle référence de la discipline en raflant poles et victoires. A chaque fois, ils ont remporté leur match après une incroyable bataille. Face à Peugeot l’an passé pour treize secondes. En poussant les vieux lions d’Audi à la faute cette année. « C’était une vraie course car on s’est battu à fond contre la N.2. C’était comme l’année passée en fait, explique André Lotterer. A la fin, Allan (McNish) était un peu malchanceux sinon ça allait être une bagarre jusqu’à la fin. » On ne sait pas ce qu’aurait fait le Dr Ullrich, patron d’Audi Sport, si l’accident n’avait pas eu lieu mais aucune consigne n’avait encore été donnée. « C’est top qu’Audi Sport nous laisse rouler comme ça jusqu’à la fin, ajoute le poleman 2012. Quand on met le casque, qu’on soit ami ou pas, ça ne change pas grand-chose. Tant qu’il y a le respect, on peut mettre le sport au premier plan. »

Pourtant, la balance aurait pu pencher de l’autre côté quand Marcel Fässler a touché le rail à Mulsanne au course de la matinée. « Je n’ai pas vu la Corvette en tête-à-queue. J’ai préféré l’éviter en roulant dans le bac à graviers, se souvient Fässler. Malheureusement j’ai perdu le contrôle et j’ai touché le rail avec l’aileron et quelques pièces se sont cassées. Je suis resté en piste mais il fallait le changer au prochain arrêt. » La chance était du côté des tenants du titre. Un léger sentiment d’invulnérabilité habitait l’équipage de la N.1 qui met en avant sa solidarité pour surmonter les obstacles. « On est arrivé mieux préparer, plus sûr de nous, explique Benoît Tréluyer. Le fait d’avoir gagné l’an dernier nous a mis en confiance. On a gardé la même équipe et on avait tous envie de se battre les uns pour les autres et pour Audi. On voulait être les premiers en hybride. C’est juste fantastique. On marque une page de l’histoire et j’en suis assez fier. »

Le Dr Ullrich aussi était heureux d’avoir réussi son pari avant que Toyota ne revienne encore plus fort. « C’est une victoire vraiment spéciale. Comme avec le FSI et le TDI, on est les premiers à imposer la technologie hybride ici, a jubilé le patron d’Audi Motorsport. Pourtant, arriver au Mans avec un nouveau projet n’est jamais simple. On ne sait jamais comment ça va se passer. Toyota a démontré qu’on peut faire un très grand travail dans un timing très sérré. Ils ont démarré très tard avec Oreca. Venir ici et se battre avec nous et notre expérience sans avoir fait une course avant, je leur dis bravo. L’année prochaine il faudra travailler beaucoup plus de notre côté pour rester compétitif. » On peut faire confiance à Audi pour hausser son niveau de jeu.