Toyota TS030 Hybrid hunaudières
La Toyota TS030 Hybrid N°7 à l'attaque des Hunaudières | DR

Toyota entre deux eaux

Publié le , modifié le

La journée test des 24 Heures du Mans (22-23 juin) n'a pas permis à Toyota de remplir entièrement son cahier des charges. Un manque d'information sur le sec qui cause quelques soucis au constructeur japonais. Mais ce qui fait le plus mal, c'est peut-être le temps canon de Loïc Duval sur Audi.

La pluie qui a gâché une bonne partie des huit heures d'essais dimanche n'a pas inondé les équipes de la même façon. Grâce à l'avantage du nombre, trois R18 face à deux TS030, Audi peut plus facilement se démultiplier et étendre sa palette de tests. Malgré son rang de premier constructeur mondial, Toyota n'est pas dans la même catégorie que son rival allemand. Moins de crédit mais pas moins d'idée. Encore faut-il pouvoir les transposer sur la piste. A quinze jours du sommet de la saison d'endurance, l'équipe de Pascal Vasselon n'est pas au niveau de préparation idéal. Rouler une journée sur le grand circuit du Mans, c'est capital. Toyota en a bien profité mais pas forcément dans la direction souhaitée. "Aujourd’hui, notre objectif était de faire le meilleur usage possible de la durée des essais et c’est ce que nous avons fait. En raison de la météo, nous n’avons pas pu faire tout le travail que nous souhaitions aujourd’hui, mais ce fut la même chose pour tout le monde", acquiesce Yoshiaki Kinoshita, Team President de Toyota Racing.

Audi loin devant

Sur le mouillé, le match avec Audi était équilibré même si l'avantage restait aux R18. "Cette séance était très difficile avec des conditions météorologiques qui se sont montrées trés changeantes, explique le revenant Anthony Davidson. Sous la pluie, nous avons travaillé sur le set-up et nous avons trouvé un très bon équilibre. Les chronos réalisés dans ces conditions étaient satisfaisants car la piste était vraiment délicate." En revanche, l'écart en fin de journée sur le sec n'est pas à la hauteur des espérances de l'équipe. 4"998 et 7"010, c'est un gouffre sur un tour. "Nous ne sommes pas très content de cela", avoue Pascal Vasselon, le directeur technique. "Nous aurions préféré une séance complètement sèche car nous avions beaucoup de choses à tester. Il est difficile de savoir exactement où nous situer car nous ne savons pas vraiment ce que les autres testent", regrette pour sa part Nicolas Lapierre, pilote de la N°7.

Juste une question de trafic ?

Loïc Duval a clairement fait une simulation de qualification avec son Audi. Pour "voir ce que l'Audi avait dans le ventre". La TS030 ne s'est pas sorti les tripes sur les coups de 18h00. Vasselon indique que ses Toyota avaient autre chose à tester avant de penser aux qualifications. Sébastien Buemi a lui fait état du trafic qui a perturbé sa tentative : "Avec ces conditions météo, le trafic et tout le reste, nous n’avons pas pu faire un tour parfait". Une différence de langage troublante avant le début de la grande semaine du Mans. Le bluff a commencé… La vraie bonne nouvelle de Toyota, c'est le retour au Mans d'Anthony Davidson après son terrible accident de l'édition 2012 (sa Toyota s'était envolée au contact d'une Ferrari, nblr). L'Anglais n'a souffert d'aucune appréhension et apporte tout son flegme à l'équipe. "Les temps n’étaient pas une priorité aujourd’hui. La chose la plus importante est d’attendre et de voir où nous en serons dans deux semaines. » Wait and see…