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Romain Dumas avec Porsche lors des 24 Heures du Mans 2016 | ALEXANDRE GUILLAUMOT / DPPI media

Romain Dumas : "Cette édition est plus indécise que jamais"

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Vainqueur des 24 Heures du Mans en 2010 et favori cette année avec Porsche, Romain Dumas s'attend à une course serrée, "plus indécise que jamais." Pour lui, aucune équipe de pointe ne peut affirmer "qu’elle n’a aucun doute sur sa voiture." La victoire sera "pour celui qui évitera les embûches".

Question : Malgré la pluie, vous avez pu régler la Porsche 919 comme vous le vouliez ?
Romain Dumas : « On a vu les points importants. On a roulé sur le sec, le gras et le mouillé. C’était important car c’est ce qui devrait arriver pendant la course. On a trouvé nos réglages pour chaque condition. »

Q : La course s’annonce très serrée
RD : « En vitesse pure, les trois grands constructeurs se tiennent. C’est plus indécis que jamais. Ce n’est pas arrivé depuis longtemps de voir six voitures en 1’’5 plus le 7e et 8 à 4’’. Normalement il y en a toujours un à la traîne à 4-5 secondes. »

Q : La moindre faute sera fatale
RD : « Imaginez une crevaison au premier virage. Il vous faut rentrer à 80 km/h, soit environ sept minutes pour revenir au stand. Il y a déjà au moins un tour de perdu. Comment rattraper un tour de trois minutes ? Si vous reprenez une seconde au tour, il faut 180 tours, c’est à dire environ treize heures de course… En gros si vous crevez au milieu de la nuit c’est déjà fini. Ça ne tient à rien et en plus ce week-end la météo va s’en mêler. Tant mieux pour le spectacle car c’est encore plus ouvert. »

Q : On a vu à Spa que la fiabilité avait touché tous les grands constructeurs
RD : « Qui peut dire qu’il n’a aucun doute sur sa voiture ? Celui-là est vraiment prétentieux. Dans les années 2008-2010, sauf cas exceptionnel qui te faisait perdre un quart d’heure, tu partais en te disant que tu allais faire 24 heures. A part la mettre dans le mur… Cette année, on n’est pas sûr à 100 % de voir l’arrivée. »

Q : Chez Porsche vous êtes prêt ?
RD : « Chez Porsche on est bien préparé et on a tout fait comme il fallait. On n’a pas hésité à revenir en arrière sur les batteries et ce n’est pas évident avec des grands techniciens. Ce n’est pas les deux ou trois dixièmes qu’on va gagner avec un nouveau système qui va changer quelque chose. Au contraire, pour la fiabilité, il vaut mieux mettre les vieilles batteries. »

Q : Après des années de sprint en continu, on revient donc aux fondations de l’endurance ?
RD : « Pas vraiment. L’endurance, c’est comme la course à pied. Il ne faut pas se mettre dans le rouge pour ne pas péter. Cette année, on sera forcément dans le rouge. Ok tu vas rouler à 97 % de la voiture mais ces 3 % ne vont pas te rendre plus fiable. On n’est plus à l’époque de Pescarolo qui voulait éviter tous les vibreurs sinon sa Courage allait casser. Cette stratégie ne marche plus. »

Q : Ca veut dire que vous avez le droit de prendre les vibreurs ?
RD : « Il y a toujours des vibreurs à éviter mais il faut rouler à 99 %. Entre nous on s’est fixé des limites et si au petit matin il faut en rajouter on prendra un peu plus large. Attention, on ne se met pas de consigne qui vont nous faire perdre trois secondes au tour. 2, 3, 4 dixièmes oui mais pas deux secondes. »

Q : La recette pour gagner ?
RD : « La stratégie sera la même pour tous : éviter les embûches. »

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