Quesnel - Lamy - Pagenaud - Bourdais
De gauche à droite : Olivier Quesnel, Pedro Lamy, Simon Pagenaud et Sébastien Bourdais | DR

Peugeot cherche encore le bon compromis

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Après le psychodrame mécanique de 2010, la firme au lion s’était présentée au Mans avec deux buts : retrouver sa fiabilité et prendre sa revanche sur Audi. Si pour la performance mécanique, la 908 a été au rendez-vous, son profil trop attentiste comparé à la R18 lui a couté la victoire. Peugeot avait toutes les cartes en mains mais a peut-être payé son excès de confiance.

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Comment se relève-t-on d’une humiliation ? C’était certainement la plus grande problématique des Peugeot après leur déroute de 2010. Les 908, archi-dominatrices sur la piste n’avaient pas tenus la distance sur l’épreuve reine des courses d’endurance. Elles avaient dû assistées impuissantes au triomphe d’Audi, trustant les trois premières places de la catégorie LMP1. Un échec difficile à encaisser. Rien d’étonnant donc à ce que Peugeot ait principalement orienté son développement sur la fiabilité pour l’exercice 2011. Sébastien Bourdais, encore une fois deuxième de l’épreuve (comme en 2007 et 2009) confirme cette tendance : « La direction avait fixé les objectifs : emmener les voitures au bout. Il fallait choisir un cheval de bataille. On a opté pour la fiabilité. Objectif rempli mais il nous manque treize secondes à l’arrivée. » Non, Peugeot n’a pas à rougir de sa performance. Loin de là. L’inverse serait même ridicule au vu du tir groupé de ses trois voitures entre les 2e et 4e places. Mais à avoir une nouvelle dois toucher la victoire du doigt, le groupe français pourra nourrir d’énormes regrets.

Si la performance pure de la 908 n’a pas été mise de côté, elle est légèrement passée au second plan comparé à la firme d’Ingolstadt. Un rien en retrait par rapport à sa rivale sur un tour, comme l’attestent les cinq dixièmes qui séparaient les six voitures favorites sur la grille de départ, Peugeot misait sur sa moindre consommation d’essence pour compenser ce déficit. Ce pari a bien failli être payant. Seulement, les voitures bleues ont passé leur temps à « maintenir l’écart » avec leurs adversaires, quand Audi a livré une course d’attaque effrénée pour contrebalancer ses plus nombreux ravitaillements.

Le Dr Ullrich avait un atout dans sa manche

Peugeot se voyait-il trop beau ? Difficile à dire mais la question doit-être posée. Invaincus en endurance depuis la dernière édition des 24 heures, la firme sochalienne s’imaginait un ton au-dessus de la marque aux anneaux pour la grand messe de la Sarthe. D’abord d’un point de vue la fiabilité. Les 1000 kms de Spa, dernière échéance de taille avant le Mans début mai, avaient confirmé cette tendance. Si les Audi s’étaient qualifiées en pole, elles avaient ensuite cédées devant la régularité des Peugeot. Une course où Ullrcih Wolfgang, directeur des sports chez Audi s’est certainement joué de ses adversaires en montrant sa voiture plus perfectible qu’elle ne l’était réellement. Roublard Herr Doktor ? Disons qu’il sait cacher son jeu au moment important. Il en a fait de même avec l’utilisation des trains de pneus de la R18. Audi avait un atout dans sa manche durant la course, pouvoir réaliser cinq relais avec son set de pneus Michelin et donc, perdre moins de temps en ravitaillements. Peugeot en a fait les frais.

A l’attaque, fiable mécaniquement et inspiré d’un point de vue stratégique : Audi fait un très beau champion. Il a manqué peu de choses cette année (13 secondes) à son dauphin pour briser son hégémonie. 13 secondes et quelques millions d’euros certainement car il ne faut pas oublier de rappeler la différence de budget qui existe entre les deux Team. Si Audi a reconnu pouvoir développer sa voiture sans contraintes financières, Peugeot a dû faire des choix pour aboutir à une voiture de qualité. Dans de telles conditions, il y a des deuxièmes places qui ont le parfum des victoires.

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