L'Audi R18 e-tron quattro N.1 au Mans
L'Audi R18 e-tron quattro N.1 va partir en pole samedi au Mans | JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP

L’hybride à l’assaut du Mans

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Une nouvelle ère va s’ouvrir dans le monde du sport automobile. Samedi, quatre voitures hybrides seront favorites pour remporter les 24 Heures du Mans, le Graal de l’endurance : deux Audi R18 e-tron quattro et deux Toyota TS030 Hybrid. Comme à Spa en mai dernier, seules les deux Audi R18 Ultra « thermique » peuvent retarder le sacre de cette nouvelle technologie.

Après plusieurs années de duel intense avec Peugeot, l’endurance tourne une nouvelle page. Audi est toujours là, seigneur incontestable de la discipline, et espère prolonger son emprise sur les 24 Heures du Mans. Après avoir imposé pour la première fois l’injection directe et le diesel, la firme aux anneaux veut continuer de jouer les précurseurs avec sa technologie hybride. Ce combiné thermique – électrique est la grande nouveauté d’une épreuve toujours en quête de renouvellement. Discret sur ses recherches, Audi ne pouvait pas laisser passer ce train technologique. Depuis l’arrivée de la R18 e-tron quattro, le constructeur allemand s’annonce comme la référence de l’hybride. En qualifications, l’hybride à la mode germanique (l’énergie électrique récupérée au freinage est renvoyée sur les roues avant alors que chez Toyota la puissance passe uniquement à l’arrière) s’est même fendu d’un 3’23’’787 plus rapide de deux secondes que le meilleur chrono de l’an dernier. Comme si 2012 allait ressembler à 2011, l'équipage placé en pole position sera le même: un Français, Benoît Tréluyer, un Suisse, Marcel Fässler, et un Allemand, André Lotterer. "J'ai le sentiment d'avoir eu un tour dégagé et d'être dans les meilleures conditions possibles pour faire un tour rapide, en ayant un maximum d'adhérence. C'était un sentiment chouette", a résumé Lotterer.

En première ligne, Audi est sur le courant alternatif. A côté de l’hybride se trouve la N.3, l’Ultra de Dumas, Duval et Gené qui s’était imposée à Spa. Même sans l’électrique, la LMP1 allemande est une machine de guerre. Grâce à sa cure d’amaigrissement (80 kg), elle fait quasiment jeu égal avec sa sœur électrique. « Quand j’ai vu qu’on passait à fond au Raidillon et à Blanchimont (à Spa), je savais qu’on serait bien au Mans, notamment dans les Porsche, explique Romain Dumas, vainqueur au Mans en 2010. On a gagné 10 à 15 km/h par rapport à l’an dernier. On doit se pousser à aller plus vite car le grip latéral est incroyable. » S’il ne pleut pas pendant la course, les R18 thermique auront leur mot à dire, surtout si les Toyota restent menaçantes et que le Dr Ullrich n’imposent ses consignes de courses en faveur des hybrides.

Avec ses deux e-tron quattro et ses deux Ultra, Audi assume son rôle de favori. Sans Peugeot, dont l’absence laisse de nombreux regrets, il faut espérer que Toyota sera un ardent challenger jusqu’à dimanche. Malgré un accident qui a retardé la préparation de la voiture, les Nippones ont déjà réussi à se hisser dans la roue des Audi. A une grosse seconde de la pole de la N.1, la première TS030 a rassuré son état-major et l’équipe promet de se battre comme des Lionnes. "Nous sommes tous très contents de l'équilibre de la voiture, nous pouvons facilement attaquer très fort, jusqu'à la fin, et nous attaquerons encore davantage dimanche", annonce Stéphane Sarrazin, ex-pilote Peugeot Sport recruté à la dernière minute par Toyota. Alex Wurz promet lui de botter prochainement les fesses des pilotes d’Ingolstadt (siège d’Audi).

Face à l’expérience d’Audi, Pascal Vasselon, directeur technique de Toyota, ne pense pas à la victoire. Les TS030 sont jeunes et ce n’est que leur première course. En clair, malgré le travail abattu par le team japonais, il ne faut pas attendre de miracle. "Il faut être pragmatique, voir comment le départ se passe, quel sera le rythme des voitures, et après nous commencerons à élaborer une stratégie, indique Vasselon. Nous sommes là pour apprendre. Audi est là depuis 12 ans, donc être en potentiel à une demi-seconde de leur rythme, c'est remarquable." Pour débuter, un podium serait donc une belle performance. Pour revivre les années Audi-Peugeot, on attendra peut-être au mois une année…