Les deux Aston Martin N.99 et 98
Les deux Aston Martin N.99 et 98 ont quitté la course | JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP

Le sort s'acharne sur Aston Martin

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Aston Martin n’oubliera pas son centième anniversaire. La firme de Gaydon devait le fêter au Mans avec de grandes chances de victoire en LMGTE. La course a viré au cauchemar pour l’équipe de David Richards. Allan Simonsen s’est tué samedi 9 minutes après le départ. Des cinq Vantage engagées, il n’en reste plus que deux à quatre heures de l’arrivée.

Il est temps que ces 24 Heures du Mans se terminent pour Aston Martin. Une 81e édition qui restera maudite pour les Britanniques. Depuis le départ de la course, les évènements contraires se sont enchaînés. Un linceul noir s’est posé sur l’équipe au bout de quatre tours. Victime d’un accident très violent au virage du Tertre Rouge, Allan Simonsen a heurté le rail avec une force inouïe. Le Danois succombait quelques minutes après l’impact. A la demande de la famille du pilote, les quatre GTE poursuivait la course avec un seul objectif : gagner en mémoire d’un des leurs. Mais le cœur n’y était déjà plus.

En signe de deuil, l’écurie avait rangé tous ses abris le long du muret de la ligne droite des stands sauf un, vide, et s’était repliée sur elle-même, derrière ce rideau de fer baissé sur le box de la N.95. Aston Martin n’était pas seule dans son chagrin. L’émotion avait gagné toutes les équipes. Même Loïc Duval, en tête sur l’Audi N.2 lâchait quelques larmes en apprenant la nouvelle. Sur le podium où trône le trophée des futurs vainqueurs, l’ACO avait mis en berne le drapeau du Danemark.

La nuit n’avait pas apaisé l’équipe quand le soleil s’est levé. Le matin ne faisait qu’empirer le malaise. A l’heure du café et des croissants, le V8 de l'Aston Martin N.98 vidait son huile sur le circuit. La Vantage d’Auberlen-Dalla Lana-Lamy venait de rendre l’âme. Peu avant 10h00, l’écurie revivait le cauchemar du début de course. Sous une pluie fine, Fred Makowiecki perdait le contrôle de la N.99 et tapait fort dans les rails à la sortie de la chicane Michelin dans les Hunaudières. Un choc frontal qui sauvait le pilote Français. Ce dernier sortait de lui-même se mettre à l’abri derrière le rail. « Je n’ai pas compris, expliquait Mako. Tout s’est passé tellement vite. »

Tous les membres de l’écurie étaient au bord de la crise de nerf, les yeux rougis quand certains n’allaient pas se cacher au fond du stand. La course continue elle avec les rescapés. Aston Martin peut toujours accrocher la victoire en GTE Pro. A quatre heures de l’arrivée, la N.97 de Dumbreck-Turner-Mücke se bagarre avec la Porsche N.92 pour la tête de la catégorie. Une victoire futile mais tellement symbolique pour Aston Martin.