L'ACO prépare le terrain à l'hybride

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Lors de la traditionnelle conférence de presse de l'Automobile Club de l'Ouest, grandes sont les oreilles des constructeurs à l'annonce des évolutions du règlement sportif. Pour être en phase avec leur passé, les organisateurs ont mis la barre du côté des nouvelles technologies. Dès l'an prochain, des règles strictes existent pour faire cohabiter voitures hybrides, diesel, essence et même 100 % électriques.

Le nom de code de la nouvelle Peugeot est toujours 90X. C'est la seule certitude à l'heure actuelle. Si la piste de la voiture hybride est la plus probable pour la remplaçante de la 908, restait à connaître les détails du règlement, parfois sujet à controverses, concocté par l'ACO. Un premier couperet est tombé jeudi. Samedi, tous les concurrents auront dans les mains la version définitive. Responsable de la partie technique du Lion, Bruno Famin a découvert avec quelques appréhensions les choix de l'ACO. Ainsi, la récupération et la restitution de l'énergie se fera sur deux roues mais le choix de l'essieu sera libre. L'énergie maximum à restituer entre deux freinages sera de 500 kj. Enfin, le stockage pourra être électrique ou mécanique. Pour Bruno Famin, le visage fermé, cela ouvre la porte à un proto "quatre roues motrices qui n'est pas dans l'esprit du Mans." Toutefois, chez Peugeot, on préfère attendre avant de prendre position sur ce règlement. "On va y réfléchir à tête reposée". Le commenter serait confirmer à demi-mot le passage à l'hybride... Quid des 908 alors ? Destinée au musée Peugeot, elles pourraient attendre une année avant une belle retraite. L'ACO a en effet décidé de prolonger d'une année l'utilisation des LMP1 actuelles mais avec des réductions de la puissance du moteur. Avant de revoir des 908 en piste en 2011, ces mesures transitoires devraient permettre à Audi d'utiliser une saison supplémentaire les R15 Plus. De quoi satisfaire en partie le Dr Ullrich avec ses voitures neuves.

Le LMP2 va lui aussi faire peau neuve. Place au "low cost" pour une catégorie réservée à des équipes privées peu fortunées. C'est plus dans l'esprit du Mans explique l'ACO qui va imposer des moteurs issus de la production, des prix plafonds et une durée de vie minimale du moteur (30 heures en 2011, 40 heures en 2012, 50 en 2013). Comme en LMP1, une mesure transitoire sera proposée aux concurrents ayant une auto neuve à condition de respecter la contrainte du moteur issu de la production. Enfin, le GT1 disparaît au profit d'une seule et unique catégorie GT : le GT Endurance. Basée sur la règlementation 2009 jusqu'en 2013, elle se découpera en deux sous-catégorie : le LM GT Pro (voitures et pilotes libres) et le LM GT Am (voiture avec un an minimum et au moins deux pilotes "argent" ou "bronze", c'est à dire des gentlemen drivers).

Ce "socle" servira dans le nouvelle Intercontinental Le Mans Cup, la série internationale de l'endurance voulue par l'ACO et les constructeurs. Ce "fil rouge" de la saison comprendra sept dates en 2011 : Sebring (12 H), Spa (1000 km), Le Mans (24H), Silverstone (1000 km), Petit Le Mans, Mont-Fuji (1000 km) et une dernière course en Chine (6 Heures). Ce "championnat", qui ne remet pas en cause des Series Le Mans à travers le monde n'aura pas de label FIA. Jean-Claude Plassart, président de l'ACO, a précisé que les présidents de la FFSA et de la FIA étaient souvent occupés les week-end des 24 Heures. L'heure n'est pas encore à la réconciliation, même si Jean Todt est annoncé samedi dans la Sarthe. Pas sûr que les deux hommes se croisent. Enfin, au rayon des annonces, l'ACO a remis la journée test en avril-mai pour permettre aux concurrents d'effectuer un galop d'essais avant la course (11-12 juin). Un an c'est encore loin alors que le millésime 2010 n'a pas encore démarré.