Audi N.7 Spa 2015
L'Audi N.7 à Spa | DR

La pole pour Porsche, la sérénité chez Audi

Publié le , modifié le

Le titre mondial de Toyota et la montée en puissance de Porsche n’ont pas entamé la confiance d’Audi. Vainqueur au Mans l’année dernière, Benoît Tréluyer aborde cette période cruciale de la saison avec ce qu’il faut d’optimisme et de crainte.

« On est mieux que l’année dernière. » Face à la presse, le sourire de Benoît Tréluyer en dit suffisamment. L’arrivée de l’hybride a été parfaitement digérée chez Audi. Malgré leur douzième succès dans la Sarthe en juin dernier, les R18 e-tron quattro avaient été à la peine en WEC face aux véloces Toyota TS040 hybrid et Porsche 919 hybrid. L’hiver a été très studieux à Ingolstadt et les voitures évoluent désormais dans la catégorie des 4 mégajoules en terme de récupération d’énergie. « C’est vrai qu’on est plus à l’aise et qu’on maîtrise mieux la R18, explique Tréluyer. Avec la nouvelle réglementation et la complexité de notre voiture, on n’a pas pu en tirer tous les profits l’année dernière. Ça commence à payer maintenant. On utilise bien mieux son potentiel. » Ca s’est vu à Silverstone où la N.7 du Français a vaincu la concurrence et les pénalités. La dernière reçue pour être sorti des limites de la piste est encore en travers de la gorge de Tréluyer. Heureusement qu’elle n’a pas changé le résultat final. A Spa, Audi a encore laissé la pole à Porsche. Le temps au tour a une importance toute relative. Ce qui compte vraiment, c’est la constance dans les relais et l’exploitation maximale des pneumatiques. « Ça fait des années qu’on voit des voitures moins rapides au tour gagner au Mans, indique-t-il. En 2008 et en 2010 face à Peugeot et l’an dernier, nous étions bien moins vite mais on s’est imposé quand même. La rapidité sur un tour n’est pas la finalité. Pas toujours… »

Un début de saison presque trop beau

La vie en rose, c’est sympa mais pas trop. Quand c’est trop parfait, ça génère aussi du stress. « J’aime bien avoir des problèmes pendant les essais parce que ceux-là tu sais que tu ne les aura pas. C’est fait pour ça les essais. Ce n’est pas que c’est inquiétant de ne pas avoir de problème mais je n’aime pas trop ça. Le Mans ça compte double donc s’il faut avoir un ennui, mieux vaut qu’il arrive ici. Le mieux ça reste de ne pas avoir de problème du tout. » Ce n’est pas le cas des Toyota qui cumulent les pépins depuis le début de saison. Jeudi, Nakajima a cassé une vertèbre de sa colonne et la coque de sa TS040. On a connu une préparation au Mans plus calme. Tréluyer a connu ça et ne croit pas à une baisse de régime des Japonais. « Il y a des périodes où c’est plus dur, analyse-t-il. Toyota enchaîne les problèmes avec ses coques. Ça met du travail en plus sur l’équipe et tout le monde fatigue. Ils sont dans une spirale négative mais ils ont encore le temps de redresser la barre d’ici Le Mans qui reste à part. » Selon le pilote Audi, les TS040 en ont gardé sous le capot. Leur objectif majeur se situe en juin, pas avant. « Ils ont dû concentrer toute leur énergie sur les 24 Heures car ils ne leur manquent que ça, assure-t-il. Je ne pense pas qu’ils aient vraiment forcé sur les deux premières courses comme ça nous est arrivé par le passé. Je reste méfiant avec Toyota car ils sont loin d’être idiots. Ils seront performants au Mans avec les Porsche. Ça va vraiment être une belle bagarre cette année. »

Résultats des qualificat​ions

1. Bernhard/Hartley/Webber (Porsche 919 Hybrid) 1'54"767
2. Hülkenberg/Bamber/Tandy (Porsche 919 Hybrid) 1'55"025 (+0"258)
3. Dumas/Jani/Lieb (Porsche 919 Hybrid) 1'55"284 (+0"517)
4. Fässler/Lotterer/Tréluyer (Audi R18 e-tron quattro) 1'55"540 (+0"773)
5. Di Grassi/Duval/Jarvis (Audi R18 e-tron quattro) 1'56"541 (+1"774)
6. Davidson/Buemi/Nakajima (Toyota TS040 hybrid) 1'57"487 (+2"720)
7. Conway/Sarrazin/Wurz (ToyotaTS040 hybrid) 1'57"929 (+3"162)
8. Albuquerque/Bonanomi/Rast (Audi R18 e-tron quattro) 1'58"000 (+3"233)
9. Trummer/Liuzzi/Klien (CLM-AER) 2'07"286 (+12"519)
10. Rusinov/Canal/Bird (Ligier-Nissan) 2'07"761 (+12"994) 1er LMP2
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