Une Audi sous la célèbre passerelle Dunlop du Mans
Une Audi sous la célèbre passerelle Dunlop du Mans | JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP

La guerre des gommes !

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En compétition, chaque détail compte. Les machines, les hommes et les pneus. Elément déterminant en endurance, la gomme sera encore au cœur d’une énorme bataille. Fournisseur de 55 des 56 voitures, Michelin et Dunlop vont se battre dans toutes les catégories.

Pirelli avec une seule voiture
Le seul autre manufacturier de pneus présent en 2012 au Mans est italien, avec des Pirelli montés sur la Porsche N.55 de l'écurie britannique JWA-Avila.

Sauf invraisemblable surprise, Bibendum occupera tout le podium dimanche à 15h00. Partenaire privilégié des grands constructeurs comme Audi et Toyota, le manufacturier auvergnat dispose d’une expérience inégalée dans la catégorie reine. Depuis 1998, aucun succès ne lui a échappé. Vainqueur de la première édition en 1923 avec Chenard-Walker, Michelin s’est imposé à 21 reprises au Mans. Pour accompagner ses clients sur la voie de l’hybride, Bibendum s’est mis au diapason en proposant un nouveau pneu « hybride » qui remplace le pneu intermédiaire. L’avantage c’est qu’il peut rouler sur le sec ou sur le mouillé sans perte de performance et sans dégradation. Moins performant qu’un slick sur le sec, il pourrait se révéler utile en cas de faible averse ou sur une piste séchante.

Avec juste la Oak N.15 en LMP1, qui est sa voiture de développement, Dunlop ne peut pas rivaliser avec Michelin. En revanche, le LMP2 lui est promis. Et pour cause, la firme de Birmingham équipe la totalité de la catégorie (20 voitures). Pour satisfaire ses 23 clients, un record depuis 1984, Dunlop a apporté 4500 pneus et va en rapporter la moitié à l'usine après la course, parce qu'au Mans les conditions météo sont parfois changeantes et qu'il faut donc aussi des pneus intermédiaires et des pneus pluie, au cas où. Chez Michelin, pour 32 concurrents cette année, 5.800 pneus (soit 1.000 de moins que l'an dernier) ont été acheminés de Clermont-Ferrand, siège historique de la marque française, par 18 semi-remorques. En GTE, Michelin aura là aussi l’avantage du nombre et les plus importantes écuries.

La prochaine bagarre n’aura pas lieu ce week-end au Mans mais dans le futur. Avec le développement des nouvelles technologies et les prototypes « laboratoires », les équipes de recherche sont déjà sur le pied de guerre. Ça a commencé avec la Delta Wing équipée par Michelin. Cette voiture engagée hors classement au Mans a une allure de fusée et des pneus très étroits à l'avant qui font penser à ceux d'une 2 CV ou d'une grosse moto. Dunlop a elle misé sur le projet Green GT qui occupera en 2013 le 56e stand réservé par l'Automobile Club de l'Ouest aux nouvelles technologies. Le prototype suisse carbure à l'hydrogène et crache de la vapeur d'eau, équipé d'une pile à combustible. L’avenir est aux nouvelles technologies. Pour les pneus aussi.