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L'ancien pistard Chris Hoy s'est reconverti à l'endurance | Nissan Motorsport

Chris Hoy d’une piste à l’autre

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Anobli mais pas ralenti, Sir Chris Hoy a changé de braquet depuis sa retraite du cyclisme sur piste après six médailles d’or olympiques. Passionné de sport automobile, l’ancien pistard britannique a saisi la perche tendu par Nissan et le voilà sur quatre roues. Une reconversion déjà réussi puisqu’il a remporté le titre pilote LMP3 de l’ELMS en 2015 et qu’il va participer aux 24 Heures du Mans 2016 (18-19 juin).

« Pour moi, faire les 24 Heures du Mans est la chance de disputer une course au plus haut niveau. C’est la même chose que de participer à Wimbledon pour un joueur de tennis ou à la Coupe du Monde pour un footballeur. » Chris Hoy connaît bien ses classiques du sport. Il en fait partie avec son incroyable palmarès obtenu en cyclisme sur piste (6 titres olympiques, 9 titres mondiaux). Retiré des vélodromes quelques mois après son doublé aux JO de Londres (2012) et anobli par la reine, Sir Hoy n’a pas mis longtemps à retourner en rond. Pas sur un vélo mais dans une auto. « J’ai toujours été un fan de sport automobile et toujours regardé les courses à la télévision, raconte Hoy. De plus, je possède une voiture que je pilote sur le circuit d’Oulton Park lors de certains rassemblements. Tous les ans, lorsque la saison de cyclisme touchait à sa fin, je passais du temps à conduire. J’ai toujours apprécié le pilotage, mais je n’avais jamais pensé faire du sport automobile. Puis Nissan m’a proposé de disputer le British GT et l’European Le Mans Series en 2015. L’opportunité était trop belle pour refuser. »

Le constructeur japonais a eu du nez. Le pilote anglais est une vraie bête de course, pas qu’une bête médiatique. Doué et rapide, les résultats ne se font pas attendre et Nissan l’engage en Le Mans Series dans une LMP3, un petit prototype idéal pour faire ses classes en endurance. Encore un coup de maître puisque pour sa première saison il remporte le titre de sa catégorie. « Je dois avouer que c’est un peu une surprise, je ne m’attendais pas à gagner dès la première saison, reconnaît-il. Je ne savais pas comment j’allais me comporter en course ayant simplement disputé quelques courses auparavant, mais ce titre est juste incroyable. » Cerise sur le gâteau, Hoy avait participé à la journée test des 24 Heures du Mans avec l’espoir d’y revenir en 2016 plus seulement pour des essais mais pour la course. Le souvenir qu’il en garde reste gravé dans sa mémoire. « J'ai passé les deux premiers tours en me disant 'Wow, je suis au virage de Mulsanne, Wow je roule dans les virages Porsche' et puis je me suis mis au travail. J'ai commencé à travailler pendant le temps qui m'était imparti."

Comme chez beaucoup de Britanniques, les 24 Heures exercent chez lui une sorte de fascination. «En terme de sport automobile, c’est la course qui représente tout. C’est le sommet pour moi, avoue-t-il. C’est en ayant l’objectif d’y participer que j’ai travaillé pendant ces trois dernières années. » Engagé sur une LPM2, la Ligier JSP2-Nissan du Algarve Pro racing, Hoy refuse toutefois d’aller trop vite …en besogne. A 40 ans, il n’est qu’à l’aube de sa deuxième carrière. « C’est très excitant mais il y a encore beaucoup d’étapes à franchir à partir de maintenant, j’essaie donc de rester concentrer sur le court terme », explique-t-il. Voir le drapeau à damier serait un beau premier pas.

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