La Ferrari AF Corse N.71 au virage d'Indianapolis
La Ferrari AF Corse N.71 au virage d'Indianapolis | DR

Beretta rouge passion

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Après huit années merveilleuses chez Corvette, Olivier Beretta a décidé de changer de crèmerie. Pilote réputé en GT, le Monégasque a trouvé refuge dans le baquet de ses rêves, celui d'une Ferrari quasi-officielle (AF Corse).

De l'Amérique à l'Europe, c'est tout un monde qui change. Si Beretta a beaucoup appris du nouveau monde, c'est encore sur le vieux continent qu'il se sent le mieux. A moitié italien, le quadruple vainqueur du Mans en GT rêvait de Ferrari depuis si longtemps. Dès la mi-2007, il a fait le siège de la Scuderia pour courir avec eux en endurance. Les contacts n'ont jamais été rompus si bien que fin 2011, quand un baquet s'est libéré, Beretta était devenu le candidat naturel. En quête d'une nouvelle motivation, Beretta a trouvé bien mieux chez AF Corse. La passion. "Après tant d'années, il y a une routine qui s'installe, explique le Monégasque. Avec Corvette ça s'est bien passé mais c'était un travail. Avec Ferrari, c'est plus un travail-passion. Ce sont deux philosophies différentes. Les deux teams sont professionnels et connaissent bien la course automobile mais chez Corvette, c'est plus politique, marketing alors qu'ici on aime la course pure. Ce sont des passionnés. C'est toute l'histoire de Ferrari."

Le pilote va plus loin. Il ne regrette rien de ses belles années au service de Chevrolet mais il préfère qu'on privilégie l'aspect humain. "En Amérique, ils ne t'écoutent pas. C'est que le computer. On veut leur dire, écoutez-nous ! Chez Ferrari, on regarde les computers car c'est le top niveau qui veut ça mais il y a encore l'aspect humain. Il y a le feeling entre les hommes qui compte. C'est une approche européenne. Quand tu regardes les pubs américaines, ils essayent de te vendre des frigidaires à des eskimos. C'est hyper marketing. Je ne critique pas, c'est juste une analyse." Une page s'est tournée pour Olivier Beretta. Tout n'est pas rouge pour autant. Pas encore. Le pilote a besoin de temps pour tirer le maximum de sa Ferrari 458 Italia. "Je ne suis pas dans une catégorie où on ne roule pas toutes les semaines, explique-t-il. Mais c'est le cas pour toutes les équipes. Bien entendu, tu as plus besoin de temps quand tu découvres une voiture que quand tu y es depuis longtemps. Ca viendra."

Si AF Corse est soutenu directement par Maranello, on est assez loin des budgets de General Motors (propriétaire de Chevrolet. De l'ordre de quatre à cinq fois supérieurs selon Beretta. "Avec une philosophie différente on arrive à la même qualité de travail." Battu in extremis au Mans l'an passé alors que ses 458 Italia avait dominé les débats, AF Corse compte bien faire résonner Fratelli d'Italia dimanche sur le podium. Avec ses équipiers Andrea Bertolini et Marco Cioci, Olivier Beretta sera à pied d'œuvre pour faire gagner l'équipe, y compris si c'est pour se mettre au service du trio Bruni-Fisichella-Vilander. "Une des deux voitures devra gagner, ou essayer de gagner en respectant l'épreuve et en restant humble. Cette année, Corvette sera avantagée en ligne droite avec une plus grosse bride. Mais on a tout ce qu'il faut pour réussir. Si on a la réussite, on sera dans le coup le dimanche à 15h00." Sévèrement touchée en essais mercredi, la N.51 partira avec un handicap. A Beretta d'en profiter comme à Sebring.