Audi R18 test Paul Ricard 042011
L'Audi R18 dans sa livrée définitive | DR

Audi - Peugeot, première rencontre

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Il aura fallu attendre le 24 avril pour voir sur la même piste une Audi R18 et une Peugeot 908. Qui plus est sur la piste du Mans. Les deux ogres de l'endurance ont rendez dans la Sarthe dimanche pour le retour de la journée test. Au menu, beaucoup de simulations, de kilomètres, d'essais pneus et certainement un petit jeu de cache-cache. Les deux constructeurs n'ont pas l'intention de dévoiler toutes leurs cartes ni d'obliger l'ACO à réduire les performances...

Pour un "one-shot", c'était un "one-shot". En 2009 et 2010, crise économique oblige, la journée test des 24 Heures du Mans avait disparu du calendrier. La bourse n'est pas plus florissante cette année mais l'ACO a remis ses essais au goût du jour. Une aubaine pour les équipes sur un circuit non permanent et si atypique. Une aubaine pour les spectateurs qui vont enfin pouvoir apercevoir ensemble les nouvelles Audi et Peugeot. De chaque côté des stands, trois R18 contre trois 908. Si loin, si proches ? Si tout va bien, elle seront plus souvent en piste que dans le box afin de mener un intense programme de travail sur "les pneus, l'aéro et le set-up". "Chaque kilomètre vaut son pesant d'or", assure Ralf Jüttner qui y voit une occasion de rectifier le tir à un mois et demi de la course. "Cette journée permet d'éviter les mauvaises surprises lors de la course en juin. La Journée Test a, cependant, un nouveau sens. Auparavant, elle se déroulait deux semaines avant la course. A cette époque, il n'était pas possible de changer grand chose. Maintenant, nous avons plus de temps pour réagir."

Au terme de cette grosse journée de travail, il ne faudra toutefois pas trop regarder le chronomètre. Les secrets sont aussi bien gardés en France qu'en Allemagne et il sera bien impossible de tenter des comparaisons sur les temps au tour. "Il pourrait bien s’agir d’une première comparaison, mais c’est en juin que nous verrons les réelles performances", confirme Jüttner. Une autre raison incite à la prudence. Dans sa tour d'ivoire, l'ACO va scruter les temps au tour, se réservant le droit d'ajouter une bride si les voitures se montrent trop rapides. Autour des 3'30" au tour dimanche, Peugeot et Audi ne risquent rien... Ils pourront alors sortir la cavalerie à la mi-juin.

Pescarolo de retour

La vie de l'endurance ne tourne pas seulement autour du duel franco-germanique. Le grand circuit manceau (13,629 km) va connaître une grosse affluence avec 54 voitures invitées (les titulaires et les suppléantes) et certainement beaucoup de trafic. Avec l'obligation faite aux pilotes débutants au Mans ou n'étant pas revenus depuis au moins trois ans de rouler 10 tours, la cohabitation entre pilotes de niveaux différents dans des voitures à vitesses différentes risque à nouveau d'être très chaude.

Le public manceau aura lui les yeux de chimère pour Henri Pescarolo dont c'est le grand retour au Mans après la liquidation judiciaire de son écurie l'an passé. le quadruple vainqueur de l'épreuve est reparti de zéro pour présenter sa voiture aux essais, presque la même qu'en 2009 avec le nouveau moteur Judd. Face aux diesel d'Audi et Peugeot, la victoire est impossible mais, dans la course des essence, le team aura son mot à dire en compagnie des Lola-Toyota du team suisse Rebellion. La fiabilité et la souplesse du Judd ont pour le moment une longueur d'avance sur la nouvelle Aston-Martin AMR-One très pâle lors des 6 Heures du Castellet début avril. Les Anglais partent de loin pour espérer surprendre les favoris en juin. A défaut de voir en piste la Peugeot HYbrid4, à court de préparation, les nouvelles technologies auront quand même droit de cité grâce à une Oreca suisse (Hope Racing) et une Zytek italienne (Mik Corse). Le labo Le Mans est ouvert.

Le programme de la journée test
Vendredi et samedi: vérifications techniques
Dimanche: essais (9h00-13h00 et 14h00-18h00