Audi R18 N.1 Dumas journée test LM 042011
L'Audi R18 sur le circuit du Mans | DR

Audi domine la journée test des 24 Heures du Mans

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Chez les grands constructeurs comme chez les artisans, c’est toujours le grand amour avec Le Mans. Mais lors de cette journée test sur le tracé sarthois, on préfère simuler plutôt que de dégainer trop vite. Pas de chrono flamboyant mais beaucoup de travail en vue des 79e 24 Heures du Mans. La « pole » symbolique de ces essais revient à l’Audi R18 de Tom Kristensen en 3’27’’687 devant une autre Audi et une Peugeot dans un mouchoir.

Dumas du matin, Kristensen de l’après-midi

N’en déplaise à l’octuple vainqueur Tom Kristensen ou les tauliers McNish et Capello, l’homme en forme chez Audi s’appelle Romain Dumas. N.1 sur le capot, ailes dans le dos, le Gardois, accompagné de Rockenfeller et Bernhard, a dominé cette répétition générale. Pilote Porsche en dehors du Mans, Dumas a pris possession de sa nouvelle Audi R18 en claquant avant la pause un 3’27’’900. Un chrono presque trop beau. Pas tant sur le potentiel de la voiture, qui vaut certainement mieux, mais aux yeux de l’ACO qui ne souhaite pas voir les LM P1 descendre sous la barre des 3’30’’. Après la pause, Kristensen a répondu à Dumas en établissant le meilleur chrono de la journée en 3’27’’687, soit 0’’128 devant l’autre R18. "J'ai eu un tour clair, a commenté le Danois qui a préféré retenir toutes le données enregistrées au cours de la journée. Audi et Peugeot n’ont pas joué avec le feu en roulant certainement avec le « frein à main ». « Il n’y aura pas de révélations sensationnelles », prédisait Romain Dumas samedi. Vingt-quatre heures plus tard, le tenant du titre n’avait pas changé d’avis. « On a bien travaillé sur le set-up, a-t-il indiqué. Mais les temps d’aujourd’hui ne veulent rien dire. En face, ils ont bien caché leur jeu. » Oui, les 908 en avaient sous la pédale comme en témoigne cet ultime chrono de Stéphane Sarrazin dans le dernier tour, 3e en 3’27'876. Mais chut, il ne faut pas le dire...

Peugeot, un loup dans le moteur

Tout le monde est donc resté très sage en attendant les 1.000 km de Spa dans quinze jours. Les organisateurs manceaux pourraient toutefois être tenté de rééquilibrer les forces entre diesel et essence, le vieux cheval de bataille de Henri Pescarolo. De retour dans le circuit avec son écurie, le recordman des participations au Mans (33) a dû s’arracher les poils de barbe en voyant la première essence, sa Pescarolo-Judd de 2009, pointer à presque neuf secondes de la meilleure R18 (3’36’’583). Une fois n’est pas coutume, une Peugeot n’a pas dompté les feuilles de classement au Mans. Intox ou réel équilibrage des performances ? Dimanche, les 908 avaient du pain sur la planche. La N.7 a poursuivi sans encombre un test d’endurance entamé à Aragon pendant la semaine tandis que la N.8 et la N.9 se sont partagées les tests sur l’aéro, les pneus et le set-up en vue du mois de juin. Du très classique …jusqu’à l’arrêt prématuré d’une Lionne : changement de moteur pour Bourdais et consort. Le retour du syndrome 2010 ? Chez Peugeot, on indique ne pas avoir pris de risque avec un moteur souffrant en le changeant par un tout neuf. Pour se rassurer, la N.9 se hissera un temps sur le podium en descendant elle aussi sous les 3’30’’ (3’28’’304) après un passage éclair en piste du pilote manceau. Dans ce jeu de poker menteur, difficile de tirer des conclusions sur les 908 et R18. Heureusement, le révélateur de Spa sera lui bien plus précis (7 mai).

Aston Martin invisible, Ferrari annonce la couleur

Empêcheur de tourner en rond lors des deux éditions précédentes, Aston Martin n’est plus qu’un mirage dans les rétros de Peugeot et Audi. Pas très loin de la chicane mobile. Malgré l’occasion unique de rouler sur le circuit manceau, l’écurie britannique de David Richards est restée le plus souvent cloîtrée dans son stand à réparer la 007 ou à installer un nouveau moteur sur la 009. Au final, une infamie. Treize tours bouclés le matin et aucun l’après-midi pour un meilleur chrono de 3’51’’568. Il y a de quoi perdre son flegme britannique et s’inquiéter en vue de la course de juin. Sept semaines ne suffiront pas à faire de l’AMR-1 une candidate au podium. Au mieux un top 10. A condition de rouler… En l’absence des Corvette officielle, la C6-ZR1 de Larbre Compétition n’a pas réussi à empêcher le festival des Ferrari et BMW en GTE. La 458 Italia N.89 du team Hancook s’est hissée en tête de la catégorie juste devant la voiture sœur d’AF Corse, la N.51, et la première BMW, la N.55. Regroupées en moins de deux secondes autour des 4’00, elles annoncent d’ores et déjà un suspense haletant pour la course. Surtout si les Porsche et les Corvette se joignent à la fête. Chez les LMP2, l’Oreca-Nissan de Signatech a été la plus rapide de la catégorie. Forts du plus grand nombre, les châssis varois ont la côte. Mais gare à la Zytek 09H, très véloce en matinée sans son récupérateur d’énergie. Les duels sont avancés à tous les étages.

Classement de la journée test

1. Kristensen-McNish-Capello (DEN-GBR-ITA/Audi R18 TDI) 3:27.687
2. Dumas-Bernhard-Rockenfeller (FRA-GER-GER/Audi R18 TDI) 3:27.815
3. Sarrazin-Montagny-Davidson (FRA-FRA-GBR/Peugeot 908) 3:27.876
3. Tréluyer-Fassler-Lotterer (FRA-SUI-GER/Audi R18 TDI) 3:27.878
4. Bourdais-Vernay-Wurz (FRA-FRA-AUT/Peugeot 908) 3:28.304
6. Panis-Lapierre-Duval (FRA/Peugeot 908 HDi-FAP Oreca) 3:31.141
7. Minassian-Pagenaud-Gené-Lamy (FRA-FRA-ESP-POR/Peugeot 908) 3:32.549
8. Collard-Tinseau-Jousse (FRA/Pescarolo-Judd) 3:36.583
9. Prost-Jani-Bleekemolen (FRA-SUI-NED/Lola-Toyota) 3:37.809
10. Boullion-Belicchi-Smith (FRA-ITA-GBR/Lola-Toyota) 3:38.716
11. Ragues-Moreau-Lahaye (FRA/Pescarolo-Judd) 3:39.113
12. Ickx-Leinders-Martin (BEL/Lola-Aston Martin) 3:41.654
13. Ayari-Mailleux-Ordonez (FRA-FRA-ESP/Oreca-Nissan) 3:42.992
(1er catégorie LMP2)
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26. Simonsen-Keen (DEN-USA/Ferrari 458) 3:59.966
(1er catégorie GTE-Pro)

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