Chaleur sur les 24h du Mans 2017
Ce week-end, de fortes chaleurs pourraient s'abattre sur les pilotes des 24h du Mans. Une donnée qui peut tout changer... | Francois Flamand / DPPI Media / DPPI

24h du Mans 2017 : la chaleur pourrait changer la donne dans le duel annoncé entre Toyota et Porsche

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La météo, sacrée météo ! Capricieuse, fraiche, ou bouillante : rares sont les éditions d’une année sur l’autre qui se ressemblent. Il n’y a pas plus tard qu’un an, la pluie, le vent et le froid avaient ébranlé le ciel sarthois. Cette année, on remue les éléments et voilà que le thermomètre explose ses compteurs ! Météo France annonce de très hautes températures ce week-end, fait exceptionnel si cela se confirme. Du coup, cette donnée pourrait clairement mettre du gaz dans le duel explosif annoncé entre Toyota et Porsche. Décryptage.

L’article 10.10.3 du règlement des 24h du Mans le stipule très clairement : « Uniquement pour les voitures sans climatisation, si la température ambiante maximale prévue lors de la course est supérieure à 32°C (ou à l’appréciation des Commissaires Sportifs), le temps de conduite consécutif maximal ne doit pas dépasser 80 minutes sur les plages horaires définies par les officiels avant le départ de l’épreuve. »

Ici, les officiels ne peuvent pas prendre le moindre risque : la sécurité et la santé des pilotes restent les priorités absolues. Oui, le spectacle et la bataille pour le sacre sont essentiels, mais non, cela ne se fait pas au détriment des principaux protagonistes. Comme dans tous sports vous nous direz, mais en endurance, ce facteur prend une autre ampleur et cela peut clairement changer la donne d’un point de vue purement sportif.

« La chaleur va épicer la course »

Alors que Toyota continue d’impressionner son monde, notamment après sa pole position obtenue de façon historique hier soir grâce au record du tour de Kamui Kobayashi, l’écurie japonaise pourrait être clairement diminuée en cas de chaleurs supérieures à 32°. La raison ? Parce que leurs prototypes ne sont pas équipés de climatisation… A la différence des voitures allemandes ! D’ailleurs, Neel Jani, au volant de sa Porsche n°1 et vainqueur l’an dernier, nous a clairement fait comprendre que la course pourrait devenir encore plus tactique que d’habitude : « Je pense qu’il y aura beaucoup de problèmes de fiabilité à cause de la chaleur. Cela va nous apporter un côté tactique, il faudra être plus intelligent, bien l’utiliser. La chaleur va épicer la course. »

Toyota calme le jeu

Du côté de l’écurie nippone, le mot est différent bien sûr. Pour Pascal Vasselon, le directeur technique, il ne faut pas forcément s’inquiéter : « On n’a pas rencontré de problème fort avec les températures hautes. Les pneus fonctionnent bien quand il fait chaud. La dégradation est normale, mais ce n’est pas une anomalie. » Discours tout à fait logique pour l’un des patrons de Toyota qui souhaite avant tout éteindre l’incendie et ne pas alarmer pour rien ses poulains. Mais dans les faits, et sur le papier, dans le cas où les températures oscilleraient aux alentours de 32°, ses équipes seraient clairement perturbées. En étant obligés de passer la main après 80 minutes sur le circuit, les pilotes multiplieraient, beaucoup plus qu’à l’accoutumée, les relais. Par conséquent, les nombreux passages par les stands pourraient alors faire perdre un temps considérable aux trois voitures du Team Toyota Gazoo Racing.

Évidemment, et bien que Météo France semble être sûr de son fait, cela reste au stade de l’hypothèse pour le moment. Car jusqu’ici, et ça, c’est plus qu’un constat : Toyota domine clairement les débats. Autant dire que même avec un coup de chaud, il n’est pas sûr de voir les bolides japonais au ralenti.

Quentin Ramelet @Quentin_Ramelet