Pioline, Roland Garros, 1999
Cédric Pioline donne l'accolade à Filippini, première de ses victimes lors de Roland Garros 1998. Epuisé, il s'écroule en demi-finale. | PIERRE VERDY / AFP

1998, Pioline fait rêver la France

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Dans notre série "joueurs de légende" à Roland-Garros, aujourd'hui : Cédric Pioline (1998)... L'année de la Coupe du monde de football organisée en France, Roland-Garros ouvre un été torride.

Depuis 15 ans, la France attend que Roland-Garros lui offre un successeur de Yannick Noah. Henri Leconte n'est, certes, pas passé loin en 1988 mais il a complètement manqué son rendez-vous avec les supporters tricolores au cours d'une finale gâchée par Wilander et les sifflets.

Un joueur "tout terrain"

En ce mois de mai 1998, le public français se prend à espérer. Cédric Pioline appartient à cette catégorie de joueurs dits « tout terrain » capables de terrasser n'importe qui pour peu que son tennis soit en place, et son physique épargné. A 29 ans à peine, Pioline semble avoir atteint une sorte de plénitude dans son expression tennistique. Possédant quasiment tous les coups, appliquant son tennis offensif riche et varié, le Parisien sait parfaitement ce qu'il veut : gagner Roland.

Le Français met pourtant cinq sets pour vaincre l'Uruguayen Filippini lors d'un premier tour piège. Il continue toutefois son petit bonhomme de chemin et arrive assez facilement en huitièmes de finale où Marat Safin l'attend pour un bras de fer de légende.

Vainqueur d'Agassi puis de Kuerten dans les deux premiers tours, le géant russe a endossé le costume d'épouvantail du tournoi. La rencontre démarre sous les meilleurs auspices. Le temps, clément, encourage les deux protagonistes à développer d'entrée un jeu rythmé, attrayant, où l'offensive est le maître mot.

Une opposition de style

Le duel est intense, le jeu est pur. Les deux hommes livrent de sacrés échanges qui ravissent le public français, plus prompt que d'habitude à encourager Cédric Pioline. L'opposition de style, palpable, rend la rencontre indécise.

Aux accélérations puissantes et à la solidité de Safin, le stratège Pioline répond en ne tentant jamais le même coup deux fois de suite, ce qui désarçonne le géant slave. Talentueux quoique inconstant, Safin remporte les deuxièmes et troisièmes sets (6-4, 7-6) et semble se diriger vers une autre belle victoire.

C'est sans compter sur Pioline qui donne un coup de collier, reprend la direction des échanges et profite de chaque occasion de conclure à la volée. Les spectateurs sont aux anges. Les « Cé-dric, Cé-dric » retentissent plus fort encore après l'égalisation à deux manches partout (6-4).

Au bord de la rupture, les deux hommes offrent un morceau de bravoure au cours d'un ultime acte où toutes les fautes se payent cash. Safin craque avant Pioline qui enlève là l'une de ses plus belles victoires (7-5 4-6 6-7 6-4 6-4).

Après avoir conquis le cœur du public, « Pio Pio » se doit de confirmer au tour suivant. Son adversaire en quarts se nomme Arazi, prénom Hicham. Fatigué par la répétition des sets, Pioline est contraint de livrer une nouvelle bataille face au virevoltant Marocain qui le pousse à la limite de ses forces. Le score confirme l'âpreté du duel : 3-6 6-2 7-6 4-6 6-3.

Ce match constitue le combat de trop pour le Parisien, incapable d'abréger les points face à l'habile Corretja en demi-finale. Défait en trois sets (6-3 6-4 6-2), Pioline quitte avec regret le tournoi. Cuit, il ne pouvait pas aller plus loin. En finale, Alex Corretja subira la loi de son compatriote Carlos Moya en trois sets (6-3 7-5 6-3).

 

Grégory Jouin @GregoryJouin