14 juillet : le patriotisme, un bon carburant pour les sportifs ?

Publié le , modifié le

Auteur·e : Antoine Limoge
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Le 14 juillet tombe souvent le jour d'importants événements sportifs comme le Tour de France ou encore les Coupes du monde de rugby ou de football. Mais en ce jour de fête nationale pour tous les Français, les sportifs ont-ils plus de motivation en ce jour si particulier empli de patriotisme ? Éléments de réponse.

Qui dit 14 juillet dit comme chaque année la fête nationale à travers tout l'Hexagone. De nombreux grands événements comme le Tour de France ou encore la Coupe du monde de football peuvent se dérouler à cette date si particulière de l'été. Elle a plutôt bien souri aux Tricolores dans l'histoire du sport, puisque 18 coureurs se sont imposés sur les routes du Tour depuis l'après-guerre ce jour-ci. Les valeureux joueurs du XV de France de rugby sont allés s'imposer pour la première fois de leur histoire en Nouvelle-Zélande face aux Blacks un 14 juillet 1979. Les sportifs frappés du Coq auraient donc une motivation supplémentaire pour célébrer l'appartenance au peuple bleu, blanc, rouge.

Les sportifs représentent l'identité nationale le 14 juillet 

Mais d'où provient cette motivation exacerbée ? En ce jour férié, le pays est à l'arrêt et les exploits sportifs sont les seuls moyens de s'occuper à côté des différents défilés. La visibilité est donc beaucoup plus importante pour tous les sportifs en ce jour particulier, mais pas seulement. "Toute l'année, les sportifs français incarnent la réussite à travers tout le pays. Mais ce jour-ci, c'est encore plus marqué. C'est le summum. Ils représentent l'identité nationale" nous explique Stanislas Frenkiel, historien du sport à la Faculté des sports de l'université d'Artois. 

Nos Bleus seraient donc une incarnation de la nation le 14 juillet. Ils assurent un lien social qui est toujours très présent grâce au sport, même si le patriotisme est beaucoup moins présent dans la société française. " Dans tous les pays, le sport est une vitrine d'un régime politique. Lors des deux victoires en Coupe du monde de football, le président de la République a toujours reçu tous les joueurs le 14 juillet. C'est une date symbolique et les sportifs sont censés représenter leurs nations dans les grands événements sportifs" martèle Stanislas Frenkiel. Pourtant, pour l'homme de 37 ans, "ce phénomène n'est qu'illusoire." "Quand l'Arc de Triomphe est tagué, l'idée même de nation est contestée par les Français eux-mêmes" soulève-t-il. Une illusion qui donne néanmoins des ailes à certains Tricolores. 

Une motivation supplémentaire pour certains...

Le Tour de France est sûrement l’événement qui reflète le mieux cette situation puisque chaque année l'étape de la Grande Boucle concentre un peu plus les regards le 14 juillet. Laurent Jalabert a triomphé à deux reprises le jour de la fête nationale. Un jour que l'ancien coureur ne voulait pas manquer. " C'était un jour différent pour moi. Chaque année lors du tracé, je regardais le profil de l'étape du 14 juillet. Si c'était en haute montagne ou un sprint je savais que c'était mort. Mais dès que je voyais que c'était un profil plus accidenté, je cochais l'étape dans un coin de ma tête" se souvient le Panda. 

Mais pourquoi "le Panda" voulait-il tant briller ce jour là ? Il y a plusieurs explications selon le principal intéressé. "C'est une journée de fête à travers tout le pays. J'avais envie de performer et de montrer que j'étais présent ce jour. Mais pas seulement. Il y avait aussi une énorme attente du public et des médias. La France entière nous attendait le 14 juillet et il ne fallait pas les décevoir" se souvient l'un des plus grands coureurs du cyclisme tricolore. 

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... un jour ordinaire pour d'autres 

L'avis de Jalabert n'est pourtant pas partagé par tous les héros bleus de la petite reine. Thomas Voeckler était vêtu du maillot jaune de leader le 14 juillet 2004 lors de la 10e étape de la Grande Boucle entre Limoges et Saint-Flour. S'il avoue "une fierté" d'avoir été en jaune pour cette date, celle-ci n'est pas ce qui le poussait à se surpasser. " Pour moi et pour d'autres coureurs français, c'était un jour comme les autres. Je ne me suis jamais dit qu'il fallait que je fasse plus le 14 juillet. Ma motivation était super importante mais elle était la même pendant les trois semaines de la Grande Boucle" nous confie l'Alsacien.

Le sélectionneur de l'équipe de France de cyclisme observait surtout une force décuplée pour des raisons géographiques, plutôt que calendaires. "Les coureurs ont souvent une beaucoup plus grande motivation lorsqu'ils courent à domicile. Par exemple, quand Thibaut Pinot va sur le plateau des Belles-Filles, il veut y gagner. L'envie est beaucoup plus grande parce que c'est devant la famille et surtout c'est beaucoup plus occasionnel. Le 14 juillet, je l'ai fait 15 fois sur le Tour, ce n'était pas si particulier" ajoute-t-il. 

Certains coureurs ne font donc pas de différence en ce jour si spécial dans l'histoire de France. Cela  ne les empêchait pas d'être tout de même sur surveillance. "J'ai roulé dans des équipes étrangères et ils se méfiaient beaucoup de nous ce jour-là" se souvient Laurent Jalabert. Malgré la mise sous contrôle des autres nations, le quadruple vainqueur d'étape sur le Tour avait démontré qu'avec une motivation exacerbée et un peu de réussite, le 14 juillet, ça réussit aux Français. Pour notre plus grand plaisir. 

Antoine Limoge

Omnisport