Raymond Poulidor 1967
Raymond Poulidor, le 23 juillet 1967 dans un contre-la-montre Versailles-Paris. "Pou-Pou terminera neuvième du général, remporté par Roger Pingeon. | AFP

100 coureurs pour le 100e Tour de France (8/10)

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Le Tour de France 2013 sera le 100e de l’histoire, 110 ans après le premier. Pour célébrer cet anniversaire, nous avons dressé une liste de 100 coureurs qui ont laissé une trace sur la Grande Boucle. Nous dévoilons aujourd’hui 10 nouveaux coureurs par ordre alphabétique, de Pantani à Rivière.

Pantani Marco (Italie)

 Marco Pantani a séduit le monde entier le 12 juillet 1995 dans l’Alpe d’Huez. En un kilomètre, « le Pirate » a comblé la minute d’écart qui le séparait de Jalabert, Virenque et Dufaux, qui semblaient partis pour la gagne. Mais Pantani c’est surtout l’histoire d’un destin tragique. Renversé par une voiture dans Milan-Turin, on le dit perdu pour le cyclisme. Il se relance pourtant en 1997 et s’illustre dans l’Alpe d’Huez. Mettant à genou Jan Ullrich, il établit le nouveau record de l’ascension en 37’35. Ses attaques fulgurantes et son panache laissent bouche bée l’ensemble des observateurs et c’est en 1998, en pleine affaire Festina, qu’il remporte le Tour de France. Convaincu de dopage lors du Giro 1999, l’Italien se relance l’année suivante et obtient une victoire amère sur le Ventoux, face à un Lance Armstrong qui refuse la lutte. Le mal est fait, le champion n’a plus la flamme et meurt le 14 février 2004 d’une overdose de cocaïne.

Parra Fabio (Colombie)

Dès sa première participation à la Grande Boucle (en 1985), le Colombien attire le feu des projecteurs. A 25 ans, Fabio Enrique Parra Pinto termine en effet au huitième rang du classement général et remporte le maillot honorifique de meilleur jeune. Vainqueur de la 12e étape, Parra réalise avec Luis Herrera (deuxième) le premier doublé colombien de l’histoire du Tour. Trois ans plus tard, le natif de Sogamoso se hissera même sur la troisième marche du podium final, derrière Pedro Delgado (vainqueur) et Steven Rooks. Son histoire avec le Tour se terminera en 1992, sur un abandon dans la 8e étape.

Pélissier Henri (France)

Vainqueur du Tour en 1923, Henri Pélissier s’était déjà fait remarquer en devenant champion de France su route quatre ans plus tôt. Dans « les Forçats de la route », Albert Londres relate des propos tenus par le frère aîné des Pélissier. « Vous n'avez pas idée de ce qu'est le Tour de France, c'est un calvaire. Et encore, le chemin de Croix n'avait que quatorze stations, tandis que le nôtre en compte quinze », a dit l’un des rares coureurs à avoir remporté une étape à dix ans d’intervalle (1913 et 1923).

Pélissier Charles (France)

Dernier né des quatre frères Pélissier, Charles n’a pas tardé à se faire un prénom. Très apprécié du grand public pour son élégance sur le vélo, « le Bien-aimé » a même lancé la mode des gants et socquettes blancs. En 1930, il devient le premier coureur à avoir remporté huit étapes dans un même Tour. Ce sprinteur devra toutefois se contenter cette année là de la neuvième place, son meilleur classement au général en six participations.

A noter que le cadet des frères Pélissier, Francis, a également remporté deux étapes. Et c’est lui qui a  fait signer à Jacques Anquetil son premier contrat professionnel.

Pensec Ronan (France)

Si il a terminé sixième en 1986 et septième en 1988, le coureur breton a surtout frôlé l’exploit en 1990. Avec Frans Maassen, Steve Bauer et Claudio Chiappucci, Ronan Pensec a en effet profité d’une longue échappée pour compter jusqu’à dix minutes d’avance. S’il n’a pas pu concrétiser cette avance par la victoire finale, « Pinpin » aura néanmoins pris le maillot jaune le jour de ses 27 ans, et endossé celui-ci pendant deux jours (lors des 10e et 11e étapes). En huit participations, le Finistérien n’a jamais abandonné.

Pereiro Oscar (Espagne)

S’il n’a pas pu monter sur la plus haute marche du podium sur les Champs-Elysées, Oscar Pereiro fait bien partie des vainqueurs du Tour de France. Suite au contrôle positif de Floyd Landis, l’Espagnol s’est vu officiellement attribuer la victoire de l’édition 2006 le 21 septembre 2007 après la décision de l’UCI de destituer l’Américain. Pereiro aurait lui-même été contrôlé positif à deux reprises au salbutamol, mais selon l’Agence française de lutte contre le dopage, il a fourni les justificatifs médicaux suffisants. Classé dixième en 2007, ce baroudeur aura dû jeter l’éponge lors de ses deux dernières participations (en 2008 et 2009).

Pingeon Roger (France)

« Le grand échassier » doit son surnom à sa silhouette fine et élancée. C’est avec ce gabarit (1,84 pour 72 kg) qu’il remporte l’édition 1967 et qu’il finit deuxième deux ans plus tard, battu par Eddy Merckx. Egalement récompensé par le prix de la combativité en 1968, « le plombier-zingueur » (son métier) aura eu le mérite de se classer 11e lors de sa dernière apparition sur la Grande Boucle, en 1974.

Poulidor Raymond (France)

Détenir le record de podiums sur le Tour de France (8), sans jamais avoir triomphé ni même porté le maillot jaune, telle est la particularité de Raymond Poulidor. Fort de ses 14 participations, l’Eternel second a ainsi construit sa légende, bien malgré lui. Sa rivalité avec Jacques Anquetil notamment après le duel sur le Puy de Dôme en 1964 a littéralement coupé la France en deux. Il y avait les pro-Poulidor, et les pro-Anquetil. Et lorsque Anquetil s’est retiré, c’est Eddy Merckx qui a alors dominé le peloton. Le maillot jaune n’était visiblement pas destiné à ce grand champion, pas même lors du prologue de 1973, lors duquel il échoua à 8/10e de Joop Zoetemelk…

Vidéo: Poulidor fera son 50 ème Tour cette année

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Raas Jan (Pays-Bas)

Maillot jaune durant quatre jours, Jan Raas a très souvent fait parler sa pointe de vitesse lors des étapes de plaine. Mais lorsque le Tour prenait de l’altitude, le Néerlandais à lunettes ne tardait pas à jeter l’éponge. En huit participations, Raas n’a franchi l’ultime ligne d’arrivée qu’à deux reprises (1976 et 1978). Il peut néanmoins se targuer d’avoir remporté dix étapes sur le Tour.

Rivière Roger (France)

Il était fait pour gagner le Tour de France, et au final, il ne remontera plus jamais sur un vélo. Roger Rivière résume à lui-seul le mal dont souffre le cyclisme. Quatrième en 1959, le coureur stéphanois se dresse en favori de l’édition 1960. Après avoir remporté le contre-la-montre qui lance la compétition depuis Bruxelles, il prend le jaune et s’en suit un duel acharné avec l’Italien Gastone Nencini. Le 10 juillet 1960, face à un Nencini redoutable dans les descentes, Rivière va commettre une erreur fatale en chutant dans un ravin lors de la 14e étape (Millau-Avignon). Sa colonne vertébrale est touchée, et sa carrière est brisée. Les pratiques dopantes seront alors pointées du doigt après la découverte de comprimés de palfium (un puissant analgésique) dans son maillot.

Romain Bonte