France - République tchèque en barrages de l'Euro 2017
Kevin Le Roux malmené par le block tchèque | AFP - PIOTR NOWAK

Euro: Les volleyeurs français tombent de haut en étant éliminés par les Tchèques en barrages

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Victorieuse de la Ligue mondiale cet été, l'équipe de France ne verra pas les quarts de finale du championnat d'Europe, en Pologne. Un an après l'échec des Jeux Olympiques de Rio (éliminés en groupe), les Français, champions d'Europe en titre, n'ont pas réussi à retrouver leur jeu pour venir à bout de la République tchèque, lors des barrages. Face à des Tchèques combatifs et accrocheurs en défense, les coéquipiers d'Earvin Ngapeth se sont inclinés 3-1 (25-21, 21-25, 25-21, 25-20). La Pologne, championne du monde 2014 et organisatrice de cet Euro, n'a pas été plus loin non plus, éliminée par la Slovénie (3-0).

Cela faisait 7 ans que la France n'avait plus perdu contre la République tchèque. Mais ces Bleus, depuis le début de l'Euro, ne forment plus le rouleau-compresseur qu'ils étaient au début de l'été. Voici quelques semaines, ils avaient marché sur la Ligue mondiale, pour la remporter pour la deuxième fois de l'histoire de l'équipe de France, face aux champions olympiques en titre brésiliens, chez eux qui plus est. Cette équipe n'a même plus rien à voir. Le symbole de cette formation en souffrance, c'est Earvin Ngapeth. Souffrant du dos, la star du volley tricolore a retrouvé sa place sur le terrain pour cette confrontation cruciale. Mais il n'a pas retrouvé pour autant son jeu, son enthousiasme et sa magie. 

Comme à Rio l'an dernier pour le compte des JO mais face à un niveau bien plus relevé, les Français ont manqué de constance, ont semblé en manque de jus, et de confiance. Alternant les fautes grossières et quelques séquences dont ils ont l'habitude notamment en défense, les hommes de Laurent Tillie ont presque tout le temps couru après le score. Ils n'ont surtout jamais pu compter sur des grandes séries de points. Chacun a apporté sa contribution offensive comme défensive, en positif comme en erreurs. Difficile dès lors de trouver le chemin de la victoire, surtout contre des Tchèques qui ont réalisé une énorme performance en défense, notamment grâce à leur libéro. 

Tenante du titre, victorieuse de la Ligue mondiale 2017, la France tombe de très haut. La Team Yavbou n'a été que son propre fantôme. Comme en 2016 pour les JO, elle paye sans doute les efforts déployés lors de la Ligue mondiale précédente (3e en 2016, 1ere en 2017). Depuis l'Italie (2003-2005), aucune équipe n'a conservé sa couronne européenne. La France ne prendra pas la suite des Transalpins.

Réact​ions

Benjamin Toniutti, capitaine et passeur de l'équipe de France: "Jamais on imagine une défaite et une élimination comme celle-là... On avait à coeur de faire mieux. On sait qu'on a déçu beaucoup de monde, nous les premiers. On n'a pas été au niveau individuellement. On n'a pas été bons pendant toute la compétition collectivement. Ce n'est pas digne de notre rang. Mais il faut repartir de l'avant en se disant que rien n'est acquis. On ne peut pas gagner un match en faisant autant d'erreurs."

Jenia Grebennikov, libéro de l'équipe de France: "Le bilan est catastrophique. Mais je pensais qu'on allait réagir. Les matches couperets nous réussissent bien normalement. Pas là. On a été pires que lors des matches de poules. On n'a pas réussi à envoyer la balle de l'autre côté et on n'a pas fait jouer l'adversaire. On a choisi la puissance, ce qui n'est pas du tout notre jeu. On aurait dû être plus malins, faire des bidouilles, des feintes... Quand on est dominés, c'est dur d'avoir de l'euphorie. On a fait trop d'erreurs. Chacun a joué pour sa gueule. Il fallait être plus malins tactiquement. Vu comme on a joué, on ne méritait même pas de passer les poules."

Earvin Ngapeth, réceptionneur-attaquant de l'équipe de France: "Je ne sais pas ce qui s'est passé. Nous n'avons pas joué de la compétition, nous n'avons pas réussi à mettre notre jeu en place et on le paie cash... Les Tchèques ont mieux joué que nous dans tous les secteurs du jeu, c'est normal qu'on perde mais c'est relou. On n'a jamais été sereins, même quand on était devant. Je ne sais pas pourquoi... Il n'y pas d'excuse. Dire que c'est de l'usure? Non. Tout le monde joue la Ligue mondiale, tout le monde a des grosses saisons. Nous avons perdu la sérénité que nous dégagions depuis pas mal de temps. Quand on n'a pas cette sérénité et cette folie, on devient une équipe normale."

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