L'incessant ballet des voitures des directeurs sportifs
L'impressionnant cortège de véhicules derrière le peloton du Tour de France | AFP - Jeff PACHOUD

Tour de France 2017 : au coeur de la course

Publié le , modifié le

Voitures de directeurs sportifs, de commissaires et d'invités, motos de la gendarmerie et des photographes... sur une étape du Tour de France, autour des coureurs, c'est parfois l'embouteillage. Tous ces véhicules suiveurs se croisent et se doublent sur des routes étroites avec, au milieu, des coureurs parfois obligés de slalommer.

C'est un ballet incessant, millimétré, qui échappe bien souvent à l'oeil du téléspectateur. Magie de la réalisation télévisuelle, on pourrait presque croire que les coureurs évoluent seuls, livrés à eux-mêmes sur les routes de France. Il suffit pourtant d'effectuer une étape au coeur de la course pour comprendre que les forçats de la route chers à Albert Londres n'ont parfois rien à envier aux livreurs à vélo qui slaloment entre les véhicules sur les boulevards parisiens.

Quel trafic ! On y croise évidemment les voitures des directeurs sportifs, avec leurs habitacles remplis de roues de rechange. Dextérité au volant obligatoire pour pouvoir se faufiler dès que radio-course le demande vers l'avant de la longue file de voitures pour s'occuper d'un coureur en difficulté ou pour le ravitailler. On croise aussi les voitures des officiels, commissaires et chronométreurs qui circulent dans la pagaille à grand coup de volant. On croise encore les motos, dont le nombre a été réduit pour limiter les risques d'accidents. Elles sont une trentaine, sans compter celles de la garde républicaine, elles permettent aux journalistes d'être dans le feu de l'action, de naviguer d'un groupe à l'autre, de doubler des coureurs voire d'interviewer à 60km/h un directeur sportif dans sa voiture… Tout cela de façon parfaitement organisée, en respectant les ordres du régulateur, tout de rouge vêtu, qui régule tout ce trafic avec de grands gestes.

L'impossible solitude

Un simple passage dans ce grand bazar permet de comprendre la réalité de la situation d'un coureur qui navigue « dans les voitures ». Lâché à la pédale, volontairement décroché pour aller chercher du ravitaillement ou victime d'un ennui mécanique, le coureur qui doit s'employer pour revenir dans le peloton se lance dans un sacré slalom. Sur les routes étroites du plateau de l'Aubrac, lors de la 15e étape, il fallait ruser pour trouver son chemin parmi ces voitures à la conduite rendue nerveuse par le scénario de la course et ces motos de photographes qui aspirent à être toujours plus proches du coeur de l'action.

Dans les cols, sans surprise, c'est l'embouteillage. Voitures et motos à l'arrêt, public déchaîné et au milieu, des coureurs qui souffrent sur des pentes à 14 % jusqu'à basculer de l'autre côté, à toute vitesse. Le coureur victorieux peut savourer son passage de la ligne, moment hors du temps où les véhicules qui le suivent le laissent tranquille. Un moment de courte durée. Très vite il sera de nouveau très entouré. Service d'ordre, gendarmes, protocole, photographes, journalistes vont former un amas bruyant de corps et de flashs, pressant de questions le valeureux vainqueur. Une nouvelle démonstration de l'impossible solitude du coureur.