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Wimbledon: Roger Federer, Monsieur tennis

Roger Federer, sacré pour la huitième fois à Wimbledon

Roger Federer, sacré pour la huitième fois à Wimbledon | Adrian DENNIS / AFP

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Publié le 16/07/2017 | 16:09, mis à jour le 16/07/2017 | 19:15

Roger Federer vient de remporter ce dimanche à Wimbledon son 19e titre du Grand Chelem, le 8e acquis dans le Temple du tennis. Mais le Suisse restera autant dans l’histoire pour son jeu flamboyant que pour ses nombreux trophées qui ont surtout contribué à mettre en évidence un talent hors du commun.

Dans les sombres années 30, un merveilleux footballeur autrichien avait hérité du surnom flatteur de Mozart du football. Il s’appelait Matthias Sindelar et avait illuminé son sport par une finesse de jeu, une habileté et une classe folle au service d’une redoutable efficacité.

Presque un siècle plus tard, Roger Federer mérite largement le qualificatif de Mozart du tennis. Le Bâlois a tout gagné ou presque, il a battu un nombre de records hallucinants et restera probablement très longtemps dans la mémoire collective comme le meilleur joueur de tous les temps.

Mais l’empreinte indélébile que laissera Federer dans l’histoire du jeu réside ailleurs que dans l’interminable énumération d’un palmarès hors normes. Il tient au combo résultats-talent. Le plaisir des yeux qu’a donné le Maestro sur tous les grands courts du monde n’a pas d’égal.

John McEnroe était un génie mais ses frasques comportementales ont altéré son image. Pete Sampras constituait un parfait alliage puissance-toucher mais sa personnalité discrète –pour ne pas dire lisse pour ses détracteurs- ne déclenchait pas les hystéries collectives que seul le charismatique Bjorn Borg avait pu connaître dans les seventies, à Wimbledon notamment.

Federer n’a pas suscité autant l’hystérie car il n’a pas le look de Viking du Suédois et l’époque est différente. Mais les fans l’adorent, l’adulent et le respectent comme personne. Chaque entrée du Maître sur le Centre Court déclenche une liesse digne d’une rock star et il est supporté partout comme personne même quand il doit affronter un joueur local à Roland, Wimbledon ou Flushing.

Chez Federer, tout est gracieux. Son style offensif et aérien, sa coordination parfaite et la fluidité de ses gestes lui valent une admiration légitime que sa personnalité tranquille renforce. Tout le monde souhaiterait être pote avec Roger Federer, un champion décontracté, affable et polyglotte qui magnifie son sport de la plus belle des manières depuis plus de quinze ans.

Il y a 60 ans, Jean Prat avait été surnommé Monsieur rugby par les journalistes anglais : pour son leadership, sa classe et son fair play. Si Roger Federer se voyait affublé du terme Monsieur tennis, personne n’y trouverait rien à redire. Merci pour tout, Monsieur Federer.

 
 

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