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Wimbledon: la quête absolue de Cilic ou Federer dans la légende ?

Roger Federer serre la main de Marin Cilic lors de Wimbledon 2016

Roger Federer serre la main de Marin Cilic lors de Wimbledon 2016 | JUSTIN TALLIS / AFP

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Publié le 15/07/2017 | 21:59, mis à jour le 16/07/2017 | 09:10

La finale de Wimbledon propose cette année une affiche exceptionnelle entre un outsider aux dents longues et un favori qui rêve de battre le record de sept titres dans le Temple de l’idole de son adolescence, Pete Sampras. Soit Marin Cilic réussit l’exploit de s’adjuger son deuxième Majeur en privant Roger Federer de la consécration attendue, soit le Maestro suisse s’offre son 19e tournoi du Grand Chelem, histoire d’asseoir un peu plus son statut de légende du tennis et du sport.

Soyons francs. Tout le monde ou presque attend et espère une victoire de Roger Federer, ce dimanche, lors de la finale du plus prestigieux tournoi au monde. Non par détestation de son adversaire, l’excellent Marin Cilic, auteur d’un parcours plus que respectable et capable dans un bon jour de battre n’importe qui sur surface rapide, mais parce que le phénomène suisse réalise à bientôt 36 ans une saison hallucinante et qu’une huitième couronne à Wimbledon -record de Pete Sampras battu- viendrait magnifier le retour au sommet du plus grand joueur de l’histoire.

Federer parfaitement lancé pour conclure

Les arguments plaident en faveur de Federer : le Bâlois évolue à un niveau digne de son flamboyant premier semestre (titres à Melbourne, Indian Wells et Miami), il vient d’aligner 11 succès consécutifs entre son sacre à Halle et Londres, et dégage une sérénité que sa carrière lui offre. Le momentum est clairement pour lui.

Marin Cilic se montre d’ailleurs élogieux à l’endroit du champion helvète. "Être capable de réaliser ce qu’il fait est déjà énorme, mais encore plus à l’approche des 36 ans. Qu’il arrive encore à améliorer son tennis, à travailler sur tout un tas de petites choses pour évoluer, en apportant quelque chose à son jeu est assez fou. C’est un exemple à suivre".

Le souvenir de Flushing

Le géant croate (1,98 m sous la toise) a tout de même pour lui quelques arguments intéressants qui pourraient semer le doute dans l’esprit de son glorieux rival. D’abord un service d’une efficacité redoutable : puissant, précis, c’est une arme qui avait écoeuré Federer en demi-finales de l’US Open 2014 (victoire 6-3, 6-4, 6-4) sur la route de son premier et unique Grand Chelem -pour le moment-. "J’espère juste qu’il ne jouera pas aussi bien qu’à l’époque", a confié Rodgeur en conférence de presse. Une manière d’exorciser ce rendez-vous que Federer n’abordait pas aussi bien qu’aujourd’hui.

Ensuite, l’enfant de Medugorje aime le gazon. Battu en quarts de finale à Wimbledon ces trois dernières saisons (deux fois par Novak Djokovic, l’an dernier par Roger Federer), au minimum finaliste cette année, Cilic a réalisé un bon tournoi au Queens, atteignant la finale après des succès sur des clients tels que John Isner et Gilles Muller avant de buter in extremis sur la dernière marche (balle de match ratée) contre un excellent Feliciano Lopez (4-6, 7-6, 7-6). Personne n’a oublié qu’il avait également obtenu trois balles de match contre Federer, il y a un an, au cours d’un match qu’il aurait pu plier en quatre sets et qu’il a fini par perdre en cinq (6-7, 4-6, 6-3, 7-6, 6-3).

Cilic en mode Roddick 2009 ?

Son bon parcours sur l’herbe du All England Lawn Tennis and Croquet Club (victoires convaincantes quoique pas toujours totalement maîtrisées face à Johnson, Bautista Agut, Muller et Querrey) lui permet d’espérer rivaliser avec le Maître des lieus qui disputera sa 11e finale dans son jardin (trois échecs seulement pour l’instant contre Nadal et Djokovic (2)).

Justement, Cilic ne possède pas les mêmes armes que les deux grands rivaux du Suisse, c'est-à-dire un retour de service haut de gamme et une capacité à durcir le jeu ce que Federer aime moins. Le Slave devra plutôt essayer de copier un certain Andy Roddick qui avait bien failli terrasser Federer en finale de l’édition 2009 (défaite 16-14 au 5e set après un combat de titans). Ce jour-là, l’homme aux 18 Majeurs avait vacillé mais il n’avait pas craqué, solide dans la tempête et tueur d’espoirs aux moments clefs pour les challengers trop tendres.

Federer a l'expérience des grandes finales 

La tâche qui attend Cilic est immense car battre Federer en finale d’un Grand Chelem est plus difficile que de la battre en quarts ou en demies. Le numéro 5 mondial affiche un taux de réussite élevé dans les grandes finales (64,3%, 18/28). A peine moins bien Rafael Nadal (68,2%) et Bjorn Borg (68,7%) mais largement devant Novak Djokovic (57,1%) et Andy Murray (27,3%).

Même s’il a remporté la seule finale de Grand Chelem de sa carrière, le Croate n’aura pas le facteur expérience pour lui. Celui qui fait si souvent la différence quand le match est serré. Roger Federer ne le sait que trop bien.

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