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US Open: le tennis féminin orphelin de Serena Williams

Serena Williams lors des quarts de finale de l'US Open.

Serena Williams lors des quarts de finale de l'US Open. | MIKE FREY / BACKPAGE IMAGES Ltd / DPPI media

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Publié le 10/09/2017 | 11:29, mis à jour le 10/09/2017 | 11:31

En l’absence de la meilleure joueuse de l’ère open, les outsiders du circuit se mettent en évidence à l’image de Sloane Stephens, la nouvelle championne de Flushing Meadows. Mais le manque criant de régularité des meilleures joueuses rend difficilement lisible la hiérarchie (quatre lauréates différentes en Grand Chelem cette saison). Pire, elle propage l’idée d’une stagnation voire d’une régression du niveau des têtes de gondoles actuelles, loin de la notoriété de leurs homologues masculins ou de leurs devancières, Steffi Graf, Martina Hingis ou Justine Henin.

Un seul être vous manque et tout est dépeuplé. Serena Williams ayant mis entre parenthèses sa carrière pour donner naissance à une petite fille le 1er septembre, ses adversaires des dernières saisons ne parviennent pas vraiment à faire oublier son absence.

Muguruza plus constante que Kerber

Le retrait durable de l’Américaine aux 23 titres du Grand Chelem laisse un vide immense qu’aucune joueuse actuelle ne peut combler. Charisme et résultats, Serena a tout ce qui manque encore à ses rivales qui se partagent les trophées depuis deux ans : l’Open d’Australie et l’US Open pour l’Allemande Angélique Kerber (29 ans) qui n’affiche pourtant pas une régularité exemplaire (éliminée au 1er tour lors de trois de ses sept derniers Majeurs !).

Victorieuse de Roland-Garros 2016 et Wimbledon 2017, Garbine Muguruza (23 ans) qui sera officiellement la nouvelle numéro 1 à la WTA, ce lundi. L’Espagnole deviendra la 24e joueuse à accéder au trône depuis 1975. Elle semble avoir quelques atouts pour le rester longtemps mais les observateurs disaient la même chose pour Victoria Azarenka (28 ans, double lauréate de l’Open d’Australie) il y a quatre ans et cela ne s’est pas vérifié.

Pliskova et Halep vierges en Grand Chelem​

Karolina Pliskova, elle, n’est pas restée longtemps au sommet. La Tchèque (25 ans) était arrivée tout en haut le 17 juillet dernier, succédant à Angélique Kerber qui s’était emparé des commandes le 12 septembre 2016 après son sacre à Flushing Meadows face à… Pliskova. 

Et il ne faudrait pas oublier Simona Halep qui semble victime de son manque de solidité mentale : la Roumaine de 25 ans a flanché à trois reprises dans sa quête de devenir numéro 1 : à chaque fois, il lui suffisait d’un succès pour atteindre le Graal mais ses nerfs lui ont joué des mauvais tours y compris en Grand Chelem (deux finales perdues à Roland-Garros dont celle de cette année face à la révélation Jelena Ostapenko (20 ans)).

Venus et Stephens, deux belles histoires

Que Venus Williams –par ailleurs excellente joueuse- réussisse sa meilleure saison dans les Majeurs depuis 2002 (deux finales à Melbourne et Wimbledon, une demie à New York) en dit long sur la stagnation du tennis féminin. A 37 ans, elle repousse l’âge de la retraite avec à-propos, mais est-ce réellement bon pour son sport ?

Idem avec le sacre certes rafraîchissant de la jeune Sloane Stephens (24 ans mais seulement 83e à la WTA) samedi à l’US Open. L’Américaine a gagné 940 places en cinq semaines (de 957e à 17e ce lundi). Une très belle résurrection après une sérieuse blessure au pied gauche qui interpelle cependant sur le niveau fluctuant des stars du circuit. Avant ce Flushing Meadows que Stephens aurait pu perdre (victoire 7-6 au troisième set face à Anastasija Sevastova en quarts de finale), la nouvelle star d’outre-Atlantique avait passé un an sans jouer, reprenant la compétition fin juillet à Toronto.

En attendant le comeback de Serena Williams en 2018 –elle n’a jamais caché qu’elle souhaitait continuer à jouer-, le circuit WTA végète, entre déceptions récurrentes et retours de flamme inattendus. Dans la quête effrénée de la championne du XXIe siècle (elle vise le record de Majeurs gagnés détenu par Margaret Court, 24), et dans le challenge que pourront lui proposer les Muguruza, Pliskova et autres Ostapenko dans un avenir proche, réside l’espoir de voir le tennis féminin retrouver des couleurs.

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