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US Open - Federer entrevoit la lumière

Roger Federer au service

Roger Federer au service | Jewel SAMAD / AFP

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Publié le 04/09/2017 | 14:00, mis à jour le 04/09/2017 | 14:01

Après un début de tournoi poussif, deux premiers tours en cinq sets, et des doutes persistants sur l'état de son dos, Roger Federer s'est enfin rassuré lors de son 16e de finale face à Lopez. De quoi envisager sereinement son affrontement avec Philipp Kohlschreiber, un adversaire qu'il a battu onze fois en autant de matchs. Avant de retrouver Rafael Nadal pour la demi-finale que tout le monde attend ? Au passage le Suisse en profite pour égratigner l'évolution du jeu et regrette la dispartition des vrais attaquants.

La symphonie en dos mineur a failli tourner à la cacophonie. Par deux fois poussé aux cinq manches par Frances Tiafoe et Mikhail Youzhny, le maestro Federer a commis quelques couacs inhabituels. Notamment en revers, un coup pourtant (re)devenu très performant depuis le début de la saison. En manque de rythme, le Suisse avait perdu sa fluidité sur ce coup (61 fautes directes lors des deux premières rencontres) avant de retrouver son swing. "A l'entraînement avant le match contre Lopez j'ai senti que ça revenait" se félicitait-il, soulagé. Désormais, les problèmes dorsaux, qui l'avaient handicapé en finale à Montréal puis obligé à renoncer à Cincinnati, semblent appartenir à l'histoire ancienne. 

"J'ai davantage confiance dans mes déplacements. Mon service est là, mon esprit aussi. Je vais pouvoir me concentrer sur mon jeu, et non sur ce qu'il s'est passé avant. C'est bien d'être à nouveau pleinement là, présent dans mon esprit, à regarder de l'avant, à penser tactique. je suis content d'être là à nouveau. Nous sommes au quatrième tour, et les choses prennent un meilleur tour". Cet optimisme se ressent sur le terrain où le Bâlois joue de nouveau avec plaisir vers l'avant. Un tennis offensif dont il est l'un des derniers représentants.  "Aujourd'hui les gars jouent près de leur ligne de fond. Est-ce un tennis d'attaque ? Pour moi, ce n'est pas sûr. Pour moi, attaquer c'est aller vers le filet et finir à la volée. Beaucoup de gars viennent au filet, mais en général c'est pour jouer une volée de coup droit facile, ou un smash ou une amortie", regrette la tête de série n°3 du tournoi. 

"Autant faire la limace sur sa ligne de fond"

Le constat se veut pessimiste. "Je ne pense pas que cela change de sitôt. C'est bien dommage. Je sais qu'on retourne mieux... Mais il y a aussi de meilleurs serveurs, qui ont un gros service. Regardez les premières et les deuxième services, avec des gars qui sont capables de frapper au-dessus des 200 km/h. C'est possible d'avoir un tennis d'attaque. Mais ce n'est pas demain la veille". Et le Suisse de charger les entraîneurs. "Quand on regarde les coachs du circuit Junior, on voit que ça ne va pas vers là du tout. Quand ils font une heure d'entraînement, ils font moins de 20 ou 30 minutes au filet. En passant peu de temps au filet, on ne s'améliore pas. Et donc autant faire la limace sur sa ligne de fond".

Avec son jeu atypique, Philipp Kohlschreiber n'appartient certainement pas à l'espèce des gastéropodes décrite par Federer. Mais, battu 11 fois sur 11 par ce dernier, il fait toujours figure d'agneau face au loup helvète. Pour autant, le quintuple vainqueur de l'US Open ne sous-estime pas son adversaire. "Je le connais parfaitement", a rappelé le Bâlois, qui n'a égaré que trois sets au passage contre l'Allemand, "nous avons effectué des tonnes d'entraînement ensemble". S'il passe l'obstacle, Federer ne sera plus alors qu'à un match (face au vainqueur de Thiem-Del Potro) d'éventuelles retrouvailles contre Rafael Nadal. Qui seraient, aussi incroyable que cela puisse paraître, une première à l'US Open. "Avec Rafa ça fait des années que l'on essaie de jouer l'un contre l'autre à New York mais ça n'a jamais marché". C'est peut-être bien pour cette année...

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