Sara Errani
L'Italienne Sara Errani | AFP - KENZO TRIBOUILLARD

Sara Errani suspendue deux mois

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Contrôlée positive à un stéroïde anabolisant au début de cette année, l'Italienne Sara Errani n'a été condamnée qu'à deux mois de suspension par la Fédération internationale de tennis (ITF). L'ITF considère que la joueuse a ingéré sans le savoir un médicament destinée à sa mère, lors d'un repas familial. C'est en tout cas l'explication -jugée crédible- qu'ont donné à la fois la joueuse et sa maman à la plus haute instance du tennis mondial.

Alors qu'elle risquait une suspension d'au moins quatre ans, Errani est parvenue à convaincre l'ITF de sa bonne foi. Et l'explication est assez troublante. Venue en qualité de témoin, la maman de la joueuse, Fulvia Errani, a en effet indiqué qu'elle était traitée pour un cancer du sein depuis 2005 et qu'à ce titre, elle prend régulièrement du létrozole. C'est précisément cette molécule qui a été retrouvée dans les urines de sa fille au début de l'année.

Du létrozole tombé dans les tortellinis

Selon le compte rendu de la commission de discipline de l'ITF, "Madame Errani a répondu aux questions sur la manière dont elle préparait les repas, et en particulier la façon dont elle a préparé les tortellinis qu'elle a cuisinés le 14 ou 15 février 2017. Elle a expliqué de quelle manière dans le passé elle avait accidentellement fait tomber des pilules (...) sur le plan de travail ou sur le sol", indique ainsi l'ITF, jugeant que les explications des différents témoins, dont le père et la joueuse elle-même "concordaient".

"Il était clair que laisser tomber une deuxième pilule (en plus de celle prise) sur le plan de travail est arrivé à plusieurs reprises précédemment et, en fonction de ce qui se trouvait sur le plan de travail, la pilule ne serait pas immédiatement détectée ou pas détectée du tout", assure le compte rendu. A l'unanimité, les membres de la commission de discipline ont donc décidé d'infliger une sanction symbolique de deux mois, celle-ci prenant effet à compter du 3 août 2017.

Un athlète italien condamné à 4 ans

Utilisé exclusivement dans le traitement du cancer du sein, le Fémara (nom commercial de la molécule interdite) fait partie des substances de la classe S4 qualifiés de "modulateurs hormonaux et métaboliques" par l'Agence Mondiale Antidopage. Faisant partie des stéroïdes anabolisants, cette substance est totalement interdite. Un sportif italien avait déjà été condamné pour avoir utilisé une substance similaire. Avant les JO de Rio, le rameur Niccolo Mornati avait en effet été suspendu quatre ans par le Tribunal Arbitral du Sport.

Romain Bonte