Yannick Noah, le capitaine de l'équipe de France
Yannick Noah fixe le cap de l'équipe de France de Coupe Davis | AFP - CHARLY TRIBALLEAU

Coupe Davis - L'équipe de France face à trois pièges contre la Serbie en demi-finale

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Grandissime favorite de sa demi-finale de Coupe Davis à Lille (à partir de vendredi en direct sur France Télévisions) contre une Serbie amputée de ses trois meilleurs joueurs (Djokovic, Troicki, Tipsarevic), l'équipe de France doit néanmoins se méfier. Face à la troupe de Yannick Noah, trois grands dangers la guettent.

Une saison catastrophe

Avec Richard Gasquet et Gaël Monfils qui se débattent avec leurs problèmes physiques, Gilles Simon en perte de vitesse, Yannick Noah a choisi de sélectionner Jo-Wilfried Tsonga et Lucas Pouille, les deux meilleurs joueurs français, respectivement 18e et 22e mondiaux. Pourtant, les deux hommes ne surfent pas sur un lit de confiance.

Jamais depuis 2008, Jo-Wilfried Tsonga n'avait vécu une saison aussi terne dans les rendez-vous majeurs. Cela faisait en effet 8 ans qu'il allait au moins dans deux Grands Chelems en deuxième semaine. En 2017, seule l'Australie lui a souri (quart de finale), pour trois éliminations précoces (1er tour à Roland-Garros, 3e à Wimbledon, 2e à l'US Open). Ses trois titres (Rotterdam, Marseille, Lyon) n'effacent pas le constat que cette année de première paternité est très particulière pour lui. Et décevante. Après avoir fait l'impasse sur le début de la compétition, il revient en équipe de France.

Lucas Pouille est également rentré dans le rang. En 2016, il était passé du 78e rang mondial en début de saison à la 17e place, avec notamment deux quarts à Wimbledon et à l'US Open, sans oublier une demi-finale au Masters 1000 de Rome. L'ascension se fait désormais plus dure, avec un 8e de finale à New York, deux titres sur deux tournois modestes (Budapest, Stuttgart) et une demie au Masters 1000 de Monte Carlo. "Ce n'était pas l'été que j'espérais, mais je regarde devant moi", a-t-dit le Nordiste.

"Les gars ont signé très peu de victoires", avoue Cédric Pioline, le vice-capitaine de l'équipe de France. "Notre boulot est de les remettre dans une bonne dynamique."

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Un adversaire peu renommé

Sans Novak Djokovic, Viktor Troicki ni Janko Tipsarevic, la Serbie n'a pas la même allure que lors de la finale de Coupe Davis entre les deux nations, en 2010 à Belgrade.  Après avoir joué le Japon sans Nishikori, la Grande-Bretagne sans Murray, voici la Serbi sans "Djoko". Pour affronter la France, Nenad Zimonjic, le capitaine et joueur de double, s'appuie sur Dusan Lajovic (27 ans), 4e joueur serbe qui pointe au 80e rang mondial, et sur Laslo Djere (22 ans), 95e à l'ATP. Deux joueurs qui aiment la terre battue.

Le premier n'a franchi le 2e tour d'un Grand Chelem qu'une seule fois, en 8e de finale à Roland-Garros. Dans sa carrière, il n'a battu que trois membres du Top 30 (Seppi, Tomis, Isner), dont deux fois sur terre. En 2017, il avait écarté Gilles Simon sur cette surface à Kitzbuhel. En 2016, sur la terre de Bucarest, il avait été battu par Lucas Pouille (en deux manches), qu'il avait battu deux ans avant en Australie pour leur premier duel sur le circuit principal (Lajovic l'a aussi battu sur un Challenger en 2014). En revanche, Tsonga l'a battu cette année en Australie (trois manches) pour leur premier face-à-face.

Laslo Djere intensifie sa présence sur le circuit principal depuis cette saison. Mais la majeure partie de sa saison se passe sur le circuit secondaire. Encore peu connu, ce joueur de terre battue a pourtant une victoire importante dans une jeune carrière: l'Orange Bowl. En 2012, il a été couronné dans ce tournoi qui réunit les moins de 18 ans. Comme avant lui Bjorn Borg, John McEnroe, Ivan Lendl, Jim Courier, Roger Federer, Andy Roddick ou encore Dominic Thiem, sacré en 2011. Bref, il a du talent, mais il est encore jeune, et n'a jamais affronté ni Tsonga ni Pouille. 

Des précédents faux-pas

Lille, lieu de cette demi-finale, évoque forcément le souvenir de cette triste finale 2014 face à la Suisse. La désillusion avait été terrible. On peut également remonter à l'année 2013, et cette élimination traumatisante en Argentine (3-2) en quarts de finale, comme l'année d'avant avec cette défaite contre les Etats-Unis sur les terrains de Monte-Carlo (3-2). Points communs de ces trois revers: le passage sur terre battue après une période sur dur. Une acclimatation jamais évidente. "La transition dur-terre battue se passe bien mais la terre battue c’est la surface qui nécessite le plus de temps d’adaptation avec les rebonds, les glissades", explique Yannick Noah. "C’est pour ça que quand on a le choix, on choisit la terre battue car la majorité des joueurs des autres équipes ont grandi sur dur."

En 2014, Roger Federer est resté douteux jusqu'à ce qu'il se teste contre Gaël Monfils le vendredi. Ensuite, il a montré qu'il n'était pas si affaibli. En 2013, les Argentins étaient privés de Del Potro, et Nalbandian n'avait joué que le double. Face au 19e mondial (Monaco) et 71e (Berlocq), Tsonga (alors 8e), Gasquet (9e mais qui n'avait pas joué pour un problème physique) et Simon (16e) étaient tombés.

En 2012, pour recevoir les USA de John Isner et Mardy Fish (respectivement 11e et 9e à l'ATP), la terre est choisie avant le début de la saison sur cette surface. Sur les courts de Monte-Carlo. Tsonga est 6e, Simon 13e, Monfils et Gasquet ne sont pas là. Isner et Ryan Harrisson (alors 66e à l'ATP) remportent la mise. Lors de ces trois défaites, le double français a perdu son point qui s'est révélé décisif. Face à la Serbie menée par Dusan Lajovic (80e mondial) et Laslo Djere (95e), la finale est promise à la France. A moins que...

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