Marion Bartoli
L'explosion de bonheur de Marion Bartoli | AFP - Thomas Coex

Bartoli fait chuter Azarenka !

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Marion Bartoli a signé un exploit majuscule en devenant la première joueuse à battre cette saison la N.1 mondiale Victoria Azarenka, en quarts de finale du tournoi de Miami. La Française a livré une prestation presque parfaite pour s'imposer, avec la manière (6-3, 6-3) et mettre fin avec autorité à la série de 26 victoires consécutives de la Bélarusse, tenant du titre en Floride.

Azarenka avait commencé l'année en s'adjugeant 4 titres (Sydney, Open  d'Australie, Doha, Indian Wells), écrasant le circuit féminin pour signer le  meilleur début de saison depuis 1997 et la Suissesse Martina Hingis (37  victoires consécutives). Mais cette fois-ci, elle s'est affrontée à une Marion Bartoli qui est entrée sur le court sans complexe, comme à son habitude, croyant à sa possibilité de l'emporter, et faisant tout pour ne pas avoir à regretter.

La volonté de Bartoli 

Dès l'entame, Bartoli a étouffé Azarenka, en tenant parfaitement sa ligne de fond de court et en ne laissant pas un pouce de terrain à la N.1 mondiale, acculée et souvent dépassée par des coups gagnants, notamment quelques revers affûtés qui permettaient à Bartoli de s'installer dans le match. Elle a aussi remarquablement retourné le service d'Azarenka, remportant 51% des points sur les premières balles de la Bélarusse. Insistant sur ses coups décroisés et sa puissance, face à cette joueuse difficile à manœuvrer, véritable terreur de ce début de saison qu'elle n'avait battue que deux fois au cours de leurs dix précédentes confrontations sur le circuit, Bartoli a su se tenir à sa tactique, à savoir produire un jeu agressif et ne pas la laisser prendre l'initiative.De l'autre côté du court, Azarenka a semblé elle comme empruntée et lourde dans ses déplacements.           

Après avoir fait preuve d'une efficacité parfaite dans le premier set, où elle a converti les deux balles de break qu'elle a eues à jouer, la Française a définitivement pris la mesure d'Azarenka dans la seconde, effaçant un break puis se détachant d'un splendide retour croisé en revers pour mener 4-3 et venir à bout de la résistance de son adversaire. Les spectateurs de Key Biscayne n'en revenaient pas. Victoria Azarenka non plus. Marion Bartoli, 27 ans, N.7 mondiale (le meilleur classement de sa carrière) était parvenue, grâce à sa volonté et son application à ne pas dévier de sa stratégie dès lors que celle-ci s'est avérée payante, à effacer en 1h37 la Bélarusse du tableau féminin.

Après Justine Henin en 2007 à Wimbledon et Jelena Jankovic en 2009 à l'Australian Open, c'est la troisième fois seulement que Marion Bartoli  bat une numéro un mondiale en exercice. En demi-finale, elle sera opposée à Agnieszka Radwanska, qui la devance de trois places au classement mondial et qu'elle n'a jamais battue en six confrontations.    

Venus fatiguée

Ce n'est au fond qu'une demie surprise même si l'on pensait que, sur ce qu'elle avait montré depuis le début du tournoi, Venus Williams était capable de passer encore un tour face à la Polonaise. Mais c'était sans doute le tour de trop. Radwanska a mis fin au retour à la compétition de l'Américaine qui, atteinte du syndrome de Sjogren, une maladie auto-immune, n'avait disputé aucun tournoi depuis l'US Open, en septembre dernier et a fini par manquer de rythme et de jambes.L'ancienne numéro un mondiale, qui avait fait forte impression en disposant d'Ana Ivanovic au tour précédent, a en effet semblé fatiguée lors de son quart de finale. Trop pour résister à la 4e joueuse mondiale. Après avoir bien résisté dans la première manche,  l'Américaine de 31 ans s'est inclinée 6-4, 6-1 en 1h21 pour laisser la  Polonaise de 23 ans atteindre les quarts de finale pour la première fois.   

C'était sans doute le bon moment pour Radwanska pour rencontrer Venus Williams qui devait inéluctablement finir par craquer. Actuellement 134e mondiale, l'Américaine devrait revenir lundi aux environs de la  90e place grâce à son parcours en Floride. Son but avoué est de remonter assez haut au classement mondial pour pouvoir  disputer les jeux Olympiques de Londres cet été.  Une place dans les 56 premières au classement WTA à début juin lui  offrirait un billet direct pour le tournoi olympique, qui sera disputé à  Wimbledon, où l'ancienne N.1 mondiale a remporté quatre de ses douze titres du  Grand Chelem.

Elle a donc entrepris un travail de longue haleine, une course de fond dont Miami était en quelque sorte un départ. Pour Radwanska en revanche, ce n'est qu'une étape avant la finale.

Quarts de finale 

Marion Bartoli (FRA/N.7) bat Victoria Azarenka (BLR/N.1) 6-3, 6-3 
Agnieszka Radwanska (POL/N.5) bat Venus Williams (USA) 6-4, 6-1 

Déclarations

Marion Bartoli: "C'est un des meilleurs matches que j'ai joués. J'ai  mis de la puissance dans la balle. La clé, ça a été que j'ai cru en moi à  chaque instant. Je savais que si je jouais mon meilleur tennis , j'avais une  chance de la battre. Ce sont des sensations de bonheur très intenses de faire  un tel match sur un court central presque plein, mais en tennis , il faut  rebondir très vite et il faut que je revienne (jeudi) sur le court pour un  autre match difficile. Il a fallu que je sorte des coups assez incroyables. Je  sentais très bien la balle, c'était un match très sympa à jouer. Je suis  rentrée sur le court en pensant que je pouvais gagner, pas en pensant qu'elle jouait bien. C'est exigeant physiquement, j'ai dû beaucoup courir. Mais j'ai  beaucoup travaillé sur ma condition physique depuis la saison dernière, et je  suis contente que ce travail paie. Je n'ai jamais rien lâché, même quand  j'étais menée 3-1 dans la seconde manche. Je suis restée positive et ça m'a  permis de revenir."

Victoria Azarenka: "Marion a mérité  sa victoire, c'était son jour. Je ne l'avais jamais vu jouer aussi bien. Elle  était partout, toutes les balles revenaient encore plus fort que je les tapais,  et en plus, elle trouvait les lignes. Elle a raté quelques balles, parce  qu'elle est humaine, même si je n'ai pas eu l'impression que c'était le cas aujourd'hui... Je suis fière de ce que j'ai fait ces derniers mois.  J'aurais pu mieux jouer contre Marion, mais j'ai tout donné. Physiquement, je  n'étais pas bien. Je suis humaine, pas une superwoman. Je suis fatiguée, cela  devait arriver. Jouer tous ces tournois à la suite, c'est vraiment dur  physiquement. Je ne suis pas inquiète."

Christian Grégoire