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6 Nations - Une 3e place en forme d'encouragement pour la France

La joie enragée de Damien Chouly et de ses coéquipiers de l'équipe de France après le dénouement extraordinaire contre le pays de Galles

La joie enragée de Damien Chouly et de ses coéquipiers de l'équipe de France après le dénouement extraordinaire contre le pays de Galles | AFP - FRANCK FIFE

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Publié le 19/03/2017 | 11:20, mis à jour le 19/03/2017 | 11:22

En arrachant au bout de 20 minutes d'arrêts de jeu un essai et la victoire sur le pays de Galles (20-18), le XV de France a basculé du côté positif, dans ce Tournoi des 6 Nations 2017. Pour la première fois depuis 2011, elle a battu les Gallois. Pour la première fois depuis 2011, elle monte sur le podium du Tournoi. Pour la deuxième fois depuis 2011, elle finit avec plus de victoires que de défaites. Mais il reste encore du travail.

Une dernière note positive à bien des égards

"Deux victoires d'affilée, c'est très positif". Camille Lopez était satisfait de cette victoire, comme tous ses coéquipiers. Le dénouement incroyable de cette fin de match au Stade de France contre les Gallois a rendu le bilan de la France positif à bien des égards. D'abord, parce que la France termine sur le podium (la dernière remontait à 2011), qu'elle le fait avec 3 victoires et 2 défaites, ce qui ne lui était pas arrivé depuis 2014. Ensuite, parce qu'elle l'a fait au terme de plus de 20 minutes passées dans le camp gallois. "Nous qui sommes habitués à perdre des ballons dans la zone de marque, on sait maintenant qu'on peut parvenir à marquer", se réjouissait Yannick Bru après le match. "Emotionnellement, on y a cru, on a été obstiné."

Vidéo: L'essai de la libération

 
 

Pour l'entraîneur des avants, c"est "un juste retour des choses, notamment par rapport à certains matches contre l'Australie où, sans des erreurs d'arbitrage, on aurait gagné." C'est vrai que la France est souvent passée proche de victoires importantes, contre les Wallabies, face aux Anglais... Cette fois, elle a accroché le scalp d'une équipe qu'elle ne battait plus depuis la demi-finale de la Coupe du monde 2011. "On a eu ce qu'on méritait", ajoutait l'adjoint de Guy Novès. Ce succès donne aussi une résonance particulière au sein du groupe: "On a gagné avec les tripes, ce qui prouve qu'on est une bande de potes", glissait Cyril Baille, l'une des satisfactions de ce Tournoi 2017. Et la domination de la mêlée tricolore, sur ce match mais aussi lors des autres rencontres, a donné de la confiance au groupe: "On a énormément bossé la mêlée pendant deux mois pour qu'elle devienne une force", racontait le pilier toulousain. "Les avants ont fait un énorme boulot", leur rendait hommage Gaël Fickou. "Ils ont tous montré une énorme force de caractère", ajoutait Yannick Bru. Et l'équipe a retrouvé, notamment en cette fin de match interminable contre les Gallois, un public extrêmement présent et au soutien: "Le public a été de plus en plus présent durant le match. On les a senti vraiment derrière nous, et cela a fait aussi la différence", disait dans un sourire Gaël Fickou.

Vidéo: La réaction de Damien Chouly, marqueur de l'essai de la victoire

 
 

Des défauts à gommer, encore et toujours

Chaque match du XV de France, hormis ce dernier, semble offrir le même constat: manque de réalisme, trop de précipitation, manque de constance. Et cela dure depuis longtemps, car ces défauts s'affichaient durant les quatre années avec Philippe Saint-André. Les fautes de mains, les approximations ont encore parsemé le chemin des Bleus durant ce Tournoi. "On a rendu trop de ballons, et notre jeu s'est enrayé après un bon début de match", constatait Kevin Gourdon, devenu cadre indispensable. "Le match contre l'Irlande nous a servi de leçon car on y a commis beaucoup de fautes", analysait Cyril Baille. "Il y a eu des hauts et des bas, mais j'ai beaucoup appris en Irlande", ajoutait le jeune Baptiste Serin, qui jugeait ses performances comme "moyennes, mais pour un 1er Tournoi, je suis quand même content."

Vidéo: L'essai superbe de Lamerat sur une passe au pied de Lopez

 
 

A Dublin, le manque de jeu au pied a été pointé du doigt. C'est sur un coup de pied par dessus de Lopez pour Lamerat que la France a marqué le premier essai du match contre les Gallois. Des leçons ont donc été tirées. Il faudra en tirer d'autres pour que la tournée en Afrique du Sud, en juin, marque un nouveau palier franchi. Car si la France finit à la 3e place, elle le doit aussi à une énorme proximité de niveau entre les équipes. Si l'Angleterre n'a perdu qu'un match, Irlandais, Ecossais et Français en ont tous perdus deux, et les Gallois trois. Et hormis la victoire en Italie, les Français n'ont pas dominé à outrance leurs adversaires lors de leurs victoires.

Vidéo: Guilhem Guirado soulagé

 
 

Des joueurs en progrès ou en retrait

A l'amorce de ce Tournoi des 6 Nations, l'équipe de France arrivait avec quelques certitudes. La tournée de novembre avait confirmé la pépite Vakatawa, avec une ligne de trois-quarts conquérante, et une 3e ligne de N.8 solide et perforante. Mais tout a été un peu à reconstruire. La blessure de Fofana (forfait pour la compétition) a fait tousser la ligne de 3/4, où l'ailier fidjien, touché en Ecosse et absent en Irlande, n'a pas brillé, faute d'être à 100%. La blessure d'Ollivon en janvier a également redistribué les cartes en 3e ligne. Un peu. Car à l'issue de ce Tournoi 2017, le XV de France a retrouvé un pack dominateur en mêlée fermée, présent sur les phases de conquêtes, et une charnière Serin-Lopez qui a pu enchaîner cinq matches, et donc fluidifier son jeu.

En 3e ligne, Picamoles-Gourdon sont devenus incontournables, comme Nakaitaci à l'aile. Fickou et Lamerat, après un temps d'adaptation, ont trouvé leur vitesse de croisière au centre, avec une férocité défensive accrue. Brice Dulin a marqué des points pour le poste d'arrière avec sa volonté de relancer juste. Rabah Slimani, partie-prenante dans les performances du pack comme on l'a vu contre les Gallois, semble avoir repris le dessus sur Uini Atonio pour le poste de pilier droit. Chez les jeunes, Cyril Baille, Fabien Sanconnie, Antoine Dupont et bien évidemment Baptiste Serin ont été les belles révélations. 

Vidéo: La satisfaction de Guy Novès

 
 

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