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Quel avenir pour le Stade Français ?

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Publié le 20/03/2017 | 17:58, mis à jour le 20/03/2017 | 19:09

Dépôt de bilan, vente ou statu quo, avec un budget réduit ? Après l'abandon du projet de fusion avec le Racing 92, l'avenir du Stade Français demeure extrêmement incertain, à un peu plus de deux mois de la fin de saison à l'issue de laquelle son propriétaire pourrait partir. Il est clair en tout cas qu'il souhaiterait trouver un repreneur, mais les candidats ne se bousculent pas au portillon.

Le rocambolesque épisode de la fusion a au moins eu le mérite de mettre en lumière la fragilité du club parisien, champion de France à quatorze reprises, la dernière fois en 2015. Le président Thomas Savare, qui l'a sauvé de la faillite à l'été 2011 avec sa famille et a depuis investi selon les sources entre 30 et 40 millions d'euros, ne cesse depuis d'éponger les dettes. Il n'a pas réussi à trouver un modèle économique viable, sur fond d'inflation de la masse salariale et de baisse des affluences. Lassé, il souhaite vendre le club mais avait indiqué vendredi n'avoir "pas rencontré de repreneur crédible dans les six dernières années, donc pas refusé d'offre". D'où le projet de fusion avec le rival francilien du Racing 92, seul moyen selon lui d'assurer la pérennité du rugby professionnel à Paris.

Un budget à présenter

Ce mariage abandonné, que va décider Savare? Il a indiqué dimanche qu'il resterait "jusqu'à la fin de la saison" à la tête du club parisien, qui devra présenter entre le 1er et le 15 juin à la DNACG, le gendarme financier du rugby professionnel, des comptes équilibrés pour 2017-2018. Sous peine éventuellement d'être rétrogradé d'une division la saison prochaine. Savare pourrait déposer le bilan, ce qui conduirait le Stade Français à repartir à l'échelon amateur. Cette hypothèse ne peut être écartée, même si elle semble peu plausible. L'homme d'affaires s'est ainsi montré soucieux dimanche de l'avenir du personnel administratif: "le club, ce n'est pas que les 45 joueurs. C'est aussi cinquante salariés qui vivent de la structure pro."  Et lundi, dans un entretien sur le site Internet du Parisien, il a répondu à la question "Pouvez-vous éviter désormais le dépôt de bilan?": "J'ai présenté un projet alternatif cet hiver, avec un budget réduit, plus de jeunes, de la formation. Je n'ai pas été suivi. Les supporteurs étaient inquiets, les médias critiques, des joueurs se sont interrogés..." "Aujourd'hui, je vais voir avec mon association (qui représente le secteur amateur) la direction dans laquelle elle souhaite aller", a-t-il ajouté.

En quête d'un repreneur

En attendant, cela s'active en coulisses pour trouver un repreneur alors que Savare a affirmé que Qatar Sports Investments (QSI), propriétaire du PSG football et handball, ne s'était jamais montré intéressé. D'après certaines sources, Bernard Laporte, actuel président de la Fédération et ancien entraîneur du Stade Français, serait à la pointe dans ce dossier de reprise. "Tout le monde bouge. Cet épisode aura au moins eu le mérite d'une chose: avant, on n'était pas sûr que Savare veuille vraiment vendre, aujourd'hui au moins c'est beaucoup plus clair et net" a expliqué une source proche du club.
"Oui, énormément de gens s'agitent. Mais mettre les gens autour de la table c'est une première étape, leur faire sortir le carnet de chèques en est une deuxième, et qu'ils le signent c'est carrément un gouffre", a souligné de son côté un ancien joueur du Stade Français, souhaitant garder l'anonymat. La mairie de Paris, propriétaire du stade Jean-Bouin, s'active également: "On est prêts à aider, à rassurer, on passe des coups de fil, tout le monde essaye en ce moment de trouver une solution de repli", a déclaré Jean-François Martins, adjoint aux sports.

Combien devrait débourser l'éventuel acquéreur, alors que Max Guazzini, dans l'urgence face au risque de faillite, avait cédé en 2011 pour un euro symbolique le club à Thomas Savare ? Le Stade Français, en dehors de sa marque, ne possède aucun actif, puisqu'il n'est propriétaire ni de son stade, ni de son centre d'entraînement, et que ses joueurs ne peuvent être valorisés puisqu'il n'existe pas au rugby de transferts, à l'inverse du football. Mais il faudra éponger le trou estimé de six à huit millions d'euros (pour un budget de 27,5 millions), puis recapitaliser et investir à perte, au moins dans un premier temps. 

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