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L'avenir du Stade Français en questions

Rabah Slimani, sous le maillot de l'équipe de France avec les couleurs du Stade Français, un club qu'il quittera à l'issue de la saison

Rabah Slimani, sous le maillot de l'équipe de France avec les couleurs du Stade Français, un club qu'il quittera à l'issue de la saison | AFP - Benjamin Cremel

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Publié le 20/03/2017 | 11:25

Après une semaine dans la tourmente d'une fusion avec le Racing 92 finalement avortée ce dimanche, le Stade Français n'est pas sorti d'affaire. Car son président et actionnaire, Thomas Savare, n'est plus prêt à investir autant que dans le passé. "Si un repreneur se présente avec un projet concret et viable, je cèderai le club", a-t-il annoncé.

Thomas Savare peut-il rester à la tête du club ?

Jusqu'à la fin de la saison, Thomas Savare va demeurer le président du club. C'est sûr. Après ? "On verra", a-t-il dit dans Midi Olympique. En juin, comme tous les clubs, le Stade Français présentera son budget pour la saison prochaine à la Direction nationale d'aide et de contrôle de gestion (DNACG). C'est à ce moment-là que le futur du club parisien devra être connu. L'hiver dernier, Savare avait déjà présenté un projet moins ambitieux, avec un budget forcément réduit. Objectif: réduire les dépenses et axer toute la politique sur les jeunes et la formation. Pour un club qui a formé les jeunes internationaux que sont Plisson, Bonneval, Camara, cela avait du sens. Mais cette ambition ne semble pas avoir rencontré l'adhésion au sein du club.

Et ce conflit autour de la fusion a sans nul doute fragilisé sa position. A terme, il paraît improbable que l'actuel actionnaire demeure aux manettes. "C'est sûr que ça ne sera plus comme avant, d'abord par rapport à notre dirigeant Thomas Savare et son directeur général Pierre Arnald", a déclaré Pascal Papé, emblématique 2e ligne parisien qui a eu un rôle de leader dans la fronde des joueurs. "Le plus important, c'est 45 joueurs qui vont rester mobilisés pour tenir le club sportivement en Top 14. On a une énorme mission. Thomas Savare nous a quand même sauvés en 2011, tous les joueurs sont reconnaissants, mais on n'avait pas envie aujourd'hui qu'il l'enterre."

Vidéo - Les explications de Thomas Savare sur le plateau de Stade 2

 
 

Un repreneur peut-il le remplacer ?

Une semaine à protester, une semaine à s'unir, une semaine à combattre, les opposants à la fusion ont fait feu de tout bois. Des anciens du club, des personnes influentes, beaucoup ont partagé la vision du maintien du Stade Français. Est-ce suffisant pour créer un ensemble cohérent à même de reprendre le club ? Cette saison, Thomas Savare avait présenté un budget atteignant les 27.5 millions d'euros. C'est le 3e plus important du Top 14. Mais avec "seulement" 18 millions d'euros, La Rochelle est le leader du championnat, preuve qu'on peut faire bien avec moins.

La rumeur fait état d'une implication de Bernard Laporte, ancien entraîneur du Stade Français aujourd'hui président de la Fédération française de rugby (FFR). Fermement opposé à la fusion, il activerait des pistes, lui qui était partie prenante d'un projet de reprise du fonds canadien FACEM en 2011, avant que ce dernier se désiste et que Savare n'entre dans la danse. "Si un repreneur se présente avec un projet concret et viable, je cèderai le club", a-t-il dit. Si la piste qatarienne a souvent été évoquée, Thomas Savare a assuré qu'aucun contact n'avait été établi, et qu'à ce jour, aucune offre crédible ne lui avait été proposée. Pour éviter un rachat d'un club en difficulté (cette saison, le déficit avoisinerait les 8 millions d'euros selon certaines sources citées par L'Equipe), des repreneurs pourraient être tentés d'attendre le dépôt de bilan avant de se mettre sur les rangs. En 2011, le rachat s'était fait pour un euro symbolique. Car le Stade Français n'a ni stade, ni terrain d'entraînement, et le départ annoncé de plusieurs joueurs (Slimani, Bonneval, Lakafia..) l'affaiblissent. 

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