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Jacky Lorenzetti renonce au projet de fusion entre le Racing 92 et le Stade Français

Jacky Lorenzetti, le président du Racing-Metro

Jacky Lorenzetti, le président du Racing-Metro | AFP - JEAN-SEBASTIEN EVRARD

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Publié le 19/03/2017 | 12:48, mis à jour le 19/03/2017 | 14:22

La fusion avec le Stade Français, qui a créé de nombreux remous dans le rugby français depuis son annonce lundi, "n'aura pas lieu", a annoncé dimanche le président du Racing 92 Jacky Lorenzetti. "Je renonce au rapprochement avec le Stade Français Paris, en accord avec Thomas Savare (président du Stade Français, NDLR), la fusion n'aura donc pas lieu", écrit Lorenzetti dans un communiqué. "J'ai entendu et compris les fortes réticences qu'a soulevé ce beau projet d'union. En tout état de cause, les conditions sociales, politiques, culturelles, humaines, sportives ne sont pas remplies. Peut-être avons-nous eu raison trop tôt, l'avenir nous le dira ..." ajoute-t-il.

Une semaine de discussions. Une semaine de tensions. Une semaine à expliquer. Et finalement, plus rien. Depuis lundi, et l'annonce surprise du projet de fusion entre le Stade Français et le Racing 92, le monde du rugby est passé par tous les états. La surprise, mais aussi la crispation, la rébellion, la grève. Tout cela a eu raison de la volonté de Jacky Lorenzetti, le président des Ciel et Blanc, de mener à bien ce projet. 


A lire les explications lundi des deux présidents sur ce projet de fusion


"Je renonce au rapprochement avec le Stade Français Paris, en accord avec Thomas Savare, la fusion n’aura donc pas lieu", indique t-il dans un communiqué. "Nous avions décidé, avec Thomas Savare, de rapprocher le Stade Français Paris et le Racing 92 pour créer le grand club francilien de demain et lui assurer un avenir pérenne et brillant. J’ai décidé de renoncer à ce beau projet. Je pense sincèrement qu’il était suffisamment ambitieux pour recueillir l’approbation du plus grand nombre. J’ai estimé que les avantages qu’il offrait au rugby francilien l’emporteraient sur les inévitables efforts qu’il impliquerait." Face à la fronde des joueurs, qui avaient décidé de se mettre en grève, face à la colère des politiques, de la FFR et de nombreux anciens joueurs des deux clubs, le président du Racing 92 a fait demi tour.

Quel avenir pour le Stade Français ?

"J'ai entendu et compris les fortes réticences qu'a soulevé ce beau projet d'union. En tout état de cause, les conditions sociales, politiques, culturelles, humaines, sportives ne sont pas remplies. Peut-être avons-nous eu raison trop tôt, l'avenir nous le dira ... Je n’ai pas mesuré à quel point la nécessité d’expliquer, de faire partager ma vision et d’en présenter les modalités jusque dans les rangs du Racing 92 étaient une priorité absolue. Je ne m’attendais pas à une telle résistance, surtout en interne ! Je tiens d’ailleurs à remercier les joueurs Ciel et Blanc d’avoir défendu face à moi leurs convictions, quelles qu’elles soient, avec courage, générosité et solidarité. Surtout avec un grand sens des responsabilités. Je suis fier d’eux, d’eux tous." Thomas Savare, le président du Stade Français, s'est également fendu d'un communiqué, bien plus court: "Une construction de cette dimension n’aurait eu aucun sens dans le combat, en particulier à un moment où le rugby français fait face à de nombreux défis. J’ai entendu l’émotion, la surprise et l’incompréhension des supporters, des joueurs et des membres de notre association. J’ai aussi entendu leur attachement profond à l’indépendance du Stade Français Paris, cet attachement passant devant toutes autres considérations. Nous avons donc décidé, en accord avec Jacky Lorenzetti, de mettre fin à ce projet de fusion."

Vidéo: Retour sur la résistance des joueurs du Stade Français

 
 

Reste une question: que va devenir le Stade Français ? Car Thomas Savare n'est sans doute plus l'homme du futur pour le club parisien. L'actuel actionnaire ne veut plus perdre l'argent qu'il a perdu depuis son arrivée aux manettes du club en 2011. Fragilisé en interne, il doit désormais trouver des solutions. Cela passera-t-il par un dépot de bilan ? Ou par un rachat ? Est-ce que la mobilisation "contre" le projet de fusion permettra de créer une mobilisation "pour" l'avenir ? "L’avenir du Stade Français s’écrira sans nous, et je lui souhaite sincèrement tout ce que l’on peut souhaiter de meilleur à quelqu’un que l’on a appris à connaître de plus près", indique Jacky Lorenzetti dans son communiqué. L'annonce a fait plaisir à beaucoup de gens. Reste à construire l'avenir.

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