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Ô Toulouse, qu’il est loin le temps de la gloire

Dusautoir pris en tenaille

Dusautoir pris en tenaille | AFP

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Publié le 18/04/2017 | 12:15, mis à jour le 18/04/2017 | 16:35

Le Stade Toulousain, plus gros palmarès du rugby français avec 19 sacres nationaux et 4 Coupes d’Europe, va, sauf miracle, très certainement rater la phase finale du Top 14 après sa défaite dimanche contre le Racing 92 (8-10). Le club de la Garonne y avait toujours participé depuis 1976 !

Qu’il est loin, le temps de la gloire, qu’il est loin. C’est un air que Claude Nougaro n’aurait pas voulu entonner. Depuis 41 ans, les amoureux de l’ovalie s’étaient habitués à voir l’ogre toulousain en phase finale. Unique club avec quatre titres européens (1996, 2003, 2005 et 2010), pionnier en matière de formation, Toulouse était jusqu’alors la référence. Mais ses concurrents ont su se remettre en question et la donne a changé. C’est donc un énorme séisme qui ébranle le rugby tricolore, l’histoire d’une crise qui débute finalement dès 2012, depuis le dernier titre de champion du club créé en 1907. Pour Ugo Mola, l’essentiel est de terminer cette saison sur une note positive, histoire de redorer l’image d’un club plus habitué aux coups d’éclats qu’aux coups durs. « On tirera les conclusions et on fera bouger les lignes, mais on va attendre de bien terminer pour faire les effets d’annonce », a ainsi commenté l’entraîneur.

Une page se tourne

A l’instar d’un Thierry Dussautoir tout proche de la fin de carrière, c’est une grande page qui se tourne à Toulouse. Et si l’emblématique capitaine de 35 ans pourrait bien annoncer son retrait de la compétition dès mercredi matin, d’autres joueurs clés tels que Christopher Tolofua, Yacouba Camara, Luke Mc Alister, Alexis Palisson, Patricio Albacete et bien d’autres, vont vraisemblablement quitter un navire qui a bien du mal à trouver un cap. Même si la Coupe d’Europe ne sera pas au rendez-vous, les nouveaux du stade Ernest-Wallon devraient se nommer Zack Holmes, Lucas Pointud, Charlie Faumuina, Antoine Dupont, Louis-Benoît Madaule…

Si leurs arrivées pourraient permettre au club de trouver un second souffle, il faudra néanmoins trouver les ressources économiques pour rebondir. Avec une quatrième année déficitaire (environ 1,5 millions de déficit selon le quotidien La Dépêche) rien n’a jamais été aussi incertain pour le plus gros budget de l’élite (31,57 M d’€). Sans compter qu’un départ de son partenaire financier principal, à savoir l’équipementier BLK, est possible. Et si l’effectif de l’équipe va être profondément remanié, l’équipe dirigeante pourrait l’être tout autant avec l’élection à la présidence du club, qui se tiendra en juin.

Un nouveau président ?

Aux commandes depuis 1992, René Bouscatel qui s’était dit « prêt à faire deux ans de plus » l’été dernier, pourrait bien s’arrêter là. La situation politique du club est d’ailleurs peut-être ce qui a causé le plus de tort aux « Rouge et Noir » ces derniers temps. « Il y a des raisons à ce qui nous arrive, comme le flottement ambiant autour de nous », avait commenté Ugo Mola après une défaite contre La Rochelle. Guy Novès, parti pour les beaux yeux de l’équipe de France, n’avait-il pas prévenu d’une certaine usure du club ? Toujours est-il que deux clans s’opposent depuis deux ans, et l’actuel président du conseil de surveillance Hervé Lecomte, que l’on dit proche de Didier et Michel Lacroix, aura sa carte à jouer en juin prochain. Redevenu un club presque comme les autres, le Stade Toulousain doit se ressaisir rapidement. Il en va de son avenir.

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