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XV de France: les quatre grands chantiers devant Guy Novès et son staff

Yannick Bru et Guy Novès

Yannick Bru et Guy Novès | FRANCK FIFE / AFP

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Publié le 26/06/2017 | 15:02

Après avoir encaissé 109 points en trois matches en Afrique du Sud pour autant de défaites, le XV de France doit panser ses plaies. Et Guy Novès doit surtout penser à trouver des solutions pour renouer avec la victoire. Depuis son arrivée, les Bleus ont été battus à 11 reprises pour 7 victoires. Entre jeu et joueurs, quatre grands chantiers se présentent à lui avant les tests-matches de novembre.

 

 
 

Le jeu

Faire vivre le ballon, jouer debout, apporter un soutien permanent, organiser la désorganisation adverse. Ces principes de jeu ont longtemps été portés par le Stade Toulousain, dont Guy Novès a été le symbole de la réussite durant 22 saisons. Mais lors des dernières saisons avec les Rouge et Noir, et depuis qu'il est à la tête du XV de France, il ne parvient plus à produire ce jeu sur le terrain. Ou trop par intermittence. Or, c'est ce jeu qui gagne aujourd'hui au plus haut niveau.

Des Néo-Zélandais aux Ecossais, tout le monde applique un rugby rythmé, fait de temps de jeu et d'animations dynamiques, qui laisse de côté les regroupements posés et les points de rencontre qui durent. Tout le contraire du jeu proposé par le XV de France. Malgré une volonté affirmée de retrouver du jeu déployé, la France n'y arrive pas. Problèmes techniques, physiques, de temps pour trouver des repères collectifs, toutes les raisons ont été évoquées. Reste les conséquences sur le terrain. Avec 10 semaines de préparation sans match, une mise à disposition élargie pour la tournée de novembre, et un effectif au complet en début de saison, les 45 joueurs de la liste "Elite" peuvent-ils renverser la vapeur ?

Les trois-quarts

Quatre essais inscrits en trois matches. Quand on perd, on marque moins, c'est une lapalissade. Mais l'équipe de France a du mal à scorer. Philippe Saint-André s'en est plaint pendant quatre ans. Guy Novès peut en dire autant. Lors du dernier Tournoi des 6 Nations, l'équipe de France, 3e avant autant de victoires que l'Irlande (2e) et l'Ecosse (4e), a été moins prolifique: 8 essais contre 14 aux deux autres équipes, pour un total de 107 points contre 126 au XV du Trèfle et 122 au XV du Chardon. Quand on parle de points, les regards se dirigent vers les lignes arrières.

Spedding et Dulin alternent au poste d'arrière, ce qui montre bien qu'aucun d'eux ne s'impose. A l'aile, Vakatawa ne fait plus les différences de son premier Tournoi, en 2016, alors que Nakaitaci s'est montré à son avantage. Le talent individuel des Fickou, Penaud, Danty ou Chavancy n'est pas discuté, mais hormis le duo clermontois Lamerat-Fofana, personne n'a fait des étincelles au centre. C'est peu pour personnifier le French Flair, ou tout au moins les ambitions offensives des Bleus.

La charnière

Après cette tournée, le staff tricolore doit être bien ennuyé. Arrivé avec quelques certitudes, comme celle de détenir en Baptiste Serin le demi de mêlée du présent et de l'avenir pour mettre en place son jeu, l'encadrement français a vu le Bordelais décliner. Il est vrai que son rôle est plus précaire quand son pack n'avance pas. Maxime Machenaud, malgré son expérience, et Antoine Dupont, malgré son talent, n'ont pas apporté plus de lumière dans le jeu. Et Morgan Parra ? Meneur d'hommes et de jeu, le Clermontois n'est pas dans les petits papiers de l'encadrement.

Et à l'ouverture, François Trinh-Duc a sombré pour un retour peut-être trop précoce à la compétition à ce niveau, alors que Jules Plisson n'a pas été brillant. Camille Lopez, resté chez lui, a conservé son avance, même s'il n'a pas donné toutes les garanties par le passé. Sans une charnière installée, difficile d'obtenir un jeu bien huilé.

La 2e ligne

Très critiqué depuis plusieurs mois, Yoann Maestri demeure le cadre de cette équipe de France en 2e ligne. Depuis qu'il a succédé à Lionel Nallet, le Toulousain n'a que rarement été placé sur la touche. Pourtant, il ne parvient plus (ou peu) à avancer à l'impact. Il est devenu le symbole du point faible de cette équipe de France. Sans une 2e ligne capable de casser les plaquages adverses, de franchir la ligne d'avantage, difficile de faire rebondir le jeu avec une 3e ligne au soutien et des trois-quarts lancés. C'est un jeu de dominos, que les Français ne parviennent que trop rarement à faire tomber pour que tout s'enchaîne.

Maestri, sans doute en quête de repos et d'un second souffle, n'est pas le seul en cause. Hormis Vahaamahina, forfait pour la tournée mais intéressant lors du Tournoi, les autres joueurs essayés n'ont pas tenu le cap sur la durée: Taofifenua, Le Devedec, Flanquart, Jedrasiak... 

 
 

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