Epreuve de force entre Français et Sud-Africains
Jefferson Poirot et Kevin Gourdon tentent de ralentir la vague des Sud-Africains Du Preez et Etzebeth | AFP - MARCO LONGARI

Trois de chute pour le XV de France en Afrique du Sud

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Le XV de France a concédé une troisième défaite face aux Springboks (35-12) lors du troisième match de sa tournée en Afrique du Sud, samedi à Johannesbourg, au terme d'un match dont la physionomie a étrangement à celle des deux défaites précédentes. Les Français ont mis du coeur et de la volonté, mais ils ont été dominés dans la puissance, dans la vitesse d'exécution, et surtout leurs grosses lacunes leur ont encore couté cher. Trop de ballons perdus ou échappés, et trop de mauvais choix ne leur ont pas permis de marquer un essai sur les quelques temps forts, et de limiter les dégâts.

Car c'est bien de dégâs dont il faut parler, avec un rugby français mis à mal, dont toutes les carences techniques apparaissent dès lors qu'ils se confrontent à des adversaires de haut niveau. Ces insuffisances sont résumées dans les statistiques du match: 70% de réussite seulement au plaquage, 16 ballons perdus; des chiffres astronomiques au niveau international. A leur débit figurent également ces 14 pénalités concédées et ces trois pénaltouches perdues à cinq mètres de la ligne d'en-but sud-africaine. Dans un Ellis Park qui leur avait toujours réussi jusque là, les Français ont bien tenté. Mais ils n'avaient tout simplement ni les bases ni la fraîcheur pour rivaliser. En encaissant un essai dès les première minutes, après un ballon arraché -ce qu'on avait déjà vu dans les premiers tests- ils sont repartis avec le même handicap. Et même s'ils ont plutôt résisté dans la tempête, en prenant quelques points sur des pénalités de Plisson (16-9 à la pause), ils ne pouvaient pas espérer renverser la montagne Boks ni surtout le cours du match avec autant de déchets dans leur jeu

Du déjà vu !

Si Picamoles a parfois montré la voie, en étant le seul à avancer, si derrière on a tenté de combiner mais de façon souvent désordonnée, ce fut trop peu, et avec trop peu de munitions. Un deuxième essai dès l'entame de la deuxième période, sur un maul vert emportant la vague tricolore a donné le ton. Et là encore, cela nous a ramené une semaine en arrière (21-9, 43e). Dès lors les Français n'ont quasiment plus existé. Ils n'ont ont fait de la résistance. Ce qui ne les a pas empêchés de céder encore deux fois sur des actions d'école menés par des Springboks beaucoup plus puissants, plus rapides sur tous les points chauds, dominateurs sur les mauls et surtout bien mieux organisés.

Le XV de France a eu quelques opportunités. Mais il a manqué de virulence dans les impacts, de présence et de précisions dans les déblayages, comme dans les rucks. Avec une quantité de ballons laissés en route, un nombre incalculable de fautes de mains, et de fautes tout court, immédiatement sanctionnées par un arbitre australien tatillon, il ne leur était pas possible de s'en sortir.

Un manque de fraîcheur et de lucidité

Et sur l'une des plus nette occasions, alors qu'ils bénéficiaient d'une pénalité à deux mètres de la ligne sud-africaine, au lieu de tenter l'épreuve de force en mêlée, secteur où il tenait à peu près la rampe, ils choisirent la touche. Et sur leur lancer, comme souvent depuis le début de la tournée, leur alignement fut chahuté et ils perdirent l'avantage du ballon. Un manque de jugeote et de lucidité sur les choix à faire, à l'avenant d'une rencontre décousue et techniquement insuffisante.

Les Français n'ont plus gagné face à l'Afrique du Sud depuis 2009. Et à l'instar de ce qui se passe avec les autres nations européennes, les Boks sont en progrès. Alors que les Bleus semblent à bout de souffle et sans imagination dans le jeu. La reconstruction initiée par Guy Novès va être difficile. Peut-être cette tournée servira-t-elle de déclic et permettra-t-elle de tirer des enseignements pertinents. ? 

Christian Grégoire

Test match