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Roland-Garros n'est plus maudit pour Novak Djokovic

Novak Djokovic au sol après sa victoire en finale de Roland-Garros aux dépens d'Andy Murray

Novak Djokovic au sol après sa victoire en finale de Roland-Garros aux dépens d'Andy Murray | AFP - PHILIPPE LOPEZ

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Publié le 05/06/2016 | 18:37, mis à jour le 05/06/2016 | 19:20

Novak Djokovic a attendu sa 4e finale à Roland-Garros pour s'imposer. Sur cette terre battue, surface du premier titre de sa carrière sur le circuit principal, le Serbe n’a pas toujours connu une grande réussite. Deuxième joueur de l’Histoire le plus présent dans le dernier carré parisien (8 fois contre 9 à Nadal), le N.1 mondial a enfin conquis le dernier titre du Grand Chelem qui manquait à son palmarès. Il imite ainsi Laver, Agassi, Federer et Nadal, et réalise un Grand Chelem sur deux saisons (Wimbledon 2015, US Open 2015, Australie 2016, Roland-Garros 2016).

Sur ses 64 titres en carrière (avant Roland-Garros 2016), Novak Djokovic en avait remporté 11 sur la terre battue. Le chiffre semble faible, mais il s’explique. D’abord parce que son jeu se marie beaucoup mieux aux surfaces en dur, où son sens du contre fait merveille. Ensuite, parce que Rafael Nadal lui a très souvent barré la route de la victoire sur la terre ocre. Lors de leurs 49 duels, 20 ont été disputés sur cette surface, et l’Ibère s’y est imposé à 13 reprises, dont lors de leur premier affrontement de l’histoire, en 2006, en quarts de finale à Roland-Garros. Le Serbe a même dû patienter longtemps, jusqu’en 2011, et neuf revers de rang sur terre, pour s’imposer contre Nadal. A Paris, l’Espagnol a apposé sa marque: six victoires (1/4 en 2006, ½ en 2007, 2008, 2013, finale 2012 et 2014) pour une seule défaite (1/4 2015) sur le Serbe, dont c’est la 12e participation cette année.

"Si je n'y arrive pas, il y aura une autre occasion l'année prochaine"

Si l’on retire son abandon au 2e tour en 2005 (en étant sorti des qualifications) alors qu’il était 153e mondiale, Djokovic a souvent connu de mauvaises surprises à Paris. Kohlschreiber l’a évincé en 2009 alors qu’il était 4e mondial, l’année suivante c’était Melzer en quarts, puis Roger Federer en demi-finales pour sa première défaite de la saison en 2011, et enfin Stan Wawrinka, l’année dernière en finale. Ces échecs à répétition sont-ils mal vécus par le joueur ? "Je suis assez à l’aise à Roland-Garros, même si aujourd’hui, il y a de la pression", disait-il à l’aube du tournoi. "Cette année, je vais essayer de remporter le titre et si je n’y arrive pas, il y aura une autre occasion l’année prochaine." Mais le "syndrome" Roland-Garros n’était pas loin, comme celui vécu voici plusieurs années par un John McEnroe, un Boris Becker, un Pete Sampras ou un Stefan Edberg, tous N.1 mondiaux sans avoir triomphé ici. "Si je ne remporte jamais ce tournoi, je crois qu’il faudra faire preuve d’humilité, de réalisme et regarder a posteriori ma carrière pour en être satisfait", ajoutait-il.

Vidéo: Le discours à chaud de Djokovic

 
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L'émotion pour​ obstacle

Malgré tout le travail effectué depuis ses débuts pour gérer ses émotions, Novak Djokovic a souvent été rattrapé par cette tension lors des trois finales précédentes. Rarement, il a joué son meilleur tennis. En tout cas, jamais sur la durée du match. En 2012, pour sa première, il se fait marcher dessus durant deux sets par Nadal, avant que la pluie ne le remette dans la partie. Mais après le gain de la 3e manche, la pluie arrête de nouveau les deux hommes, qui doivent revenir le lendemain. Et là, il n’y a pas eu photo. Nadal a conquis sa 7e victoire, soit une de plus que Bjorn Borg, privant le Serbe d’un Grand Chelem sur deux saisons. Idem en 2014, face au même joueur qu’il venait de vaincre lors de leurs quatre derniers duels sur terre. Après le gain de la première manche (6-3), le Serbe perd la deuxième à l’arraché (7-5). Le tournant de la rencontre. "Nole" ne s’en relèvera pas. Et que dire que l’édition 2015, où il arrivait auréolé de sa victoire en quarts sur sa bête noire espagnole, et d’une série de sacres impressionnante (Open d’Australie, Indian Wells, Miami, Monte-Carlo, Rome). Mais Stan Wawrinka lui a encore barré le chemin sur la dernière marche.

C’est donc contre toute cette histoire personnelle à Roland-Garros que Novak Djokovic s’est battu aujourd’hui contre Andy Murray. Face au Britannique qui l'avait battu lors de leur dernier duel sur terre, à Rome, le N.1 mondial a changé son destin, en évitant de prendre la suite des McEnroe, Edberg et Sampras pour suivre le chemin de Rod Laver, André Agassi, Roger Federer et Rafael Nadal, les seuls à avoir gagné les quatre tournois du Grand Chelem dans leur carrière.

Vidéo: La victoire de Djokovic

 
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