Roland-Garros: mauvaise cuvée 2017 pour les Bleus

Roland-Garros: mauvaise cuvée 2017 pour les Bleus

Ils étaient 19 au premier tour et le dernier survivant, Gaël Monfils, a été éliminé en huitièmes de finale. Cela fait dix ans que le tableau masculin de Roland-Garros n’avait pas été privé de Français dès les quarts de finale. A ce titre, on peut légitimement parler de naufrage tricolore cette année. Les espoirs ont été douchés et, pour certains, les regrets sont considérables.

Tsonga, Simon, Paire et PHM : un petit tour et puis s’en va

Le premier tour a été particulièrement sanglant puisque 12 joueurs français sont passés à la trappe dès ce premier round de la compétition. Parmi eux, Jo-Wilfried Tsonga. Le Manceau, tête de série N.12, s’est fait surprendre par l’Argentin Renzo Olivo, 91e joueur mondial, alors même qu’il avait remporté le tournoi de Lyon quelques jours auparavant.

S’il affirme qu’il « n’y a pas de frustration » car il s’est « donné à fond », « Jo » avoue qu’il n’a jamais « réussi à trouver le bon rythme » au cours des 4 sets disputés face à Olivo. Demi-finaliste en 2015 sur la terre battue parisienne, le jeune papa (ndlr : son fils est né il y a quelques semaines) préfère aller de l’avant. « Quand on travaille, on est toujours récompensés, si ce n’est pas aujourd’hui, ce sera demain », a-t-il conclu.

Pour Gilles Simon, tête de série N.31, l’aventure s’est également arrêtée à l’issue du premier tour. Battu par le Géorgien Nikoloz Basilashvili, le Niçois a confié être arrivé à Roland-Garros « dans un état de forme moyen » et avec « un manque de confiance ». 

De son côté, Benoît Paire a fait les frais d’un tirage au sort peu clément puisqu’il a eu pour premier adversaire Rafael Nadal. Dans ces conditions, et alors que le Majorquin est actuellement dans une forme étincelante, difficile de faire des miracles. Résultat, son sort a été réglé en trois petits sets.

C’est aussi en trois sets que Paul-Henri Mathieu a été éliminé. Par le Belge David Goffin, tête de série N. 10. S’il aspirait sans doute à un meilleur résultat pour sa dernière participation en simple au tournoi parisien, « PHM » a préféré voir le verre à moitié plein : « Je suis content de finir comme ça, avec l'ovation du public à la fin du match jusqu'à ma sortie. C'est amplement suffisant je pense ».

Bonzi et Chardy ont essayé

Pour sa première participation à un tournoi du Grand Chelem, Benjamin Bonzi a, lui, réussi à se hisser au 2e tour. Son premier adversaire, le Russe Daniil Medvedev, a abandonné et le jeune tricolore s’est ensuite retrouvé face-à-face avec Albert Ramos-Vinolas (N.19). Ce dernier n’a fait qu’une bouchée de Bonzi. « Je n'avais aucune pression autour de ce match, je savais qu'il y avait très peu de chance que je m'impose », a confié le jeune garçon du haut de ses 20 ans.

Pour Jérémy Chardy, qui jouait son 13e Roland-Garros, l’expérience n’a pas suffi pour venir à bout de Kei Nishikori (N.8). « Il a mieux joué que moi. C’est tout », a déclaré un Chardy un peu résigné après un sursaut trop tardif dans son duel avec le Japonais. 

Un trio sans étincelle

Au troisième tour, Lucas Pouille (N.16), Richard Gasquet (N.24) et Gaël Monfils (N.15) avaient de lourdes responsabilités sur leurs épaules. Comme Bonzi avant lui, Pouille a subi les foudres d'Albert Ramos-Vinolas. Notons toutefois que l'Espagnol a eu besoin de 5 sets pour vaincre le Nordiste qui a bien bataillé avant de s'incliner. 

Dans la foulée, Gasquet et Monfils se sont affrontés pour une place en 8e. Un scénario inédit pour les deux joueurs. Mais ce match qui s'annonçait comme un point d'orgue du tournoi a tourné court puisque le Bitterois a été contraint à l'abandon en raison d'une grosse contracture à la cuisse. Pour Monfils, la suite avait pour visage celui de Stan Wawrinka. Et là encore, pas de miracle pour le clan tricolore. Le Suisse a décroché sa place pour les quarts en trois sets et l'aventure des Français s'est arrêtée là. 

Pour la première fois depuis l'Open d'Australie 2015, aucun Bleu n'a atteint les quarts de finale. Est-ce une baisse de régime collective ponctuelle ou un mal plus profond ? Wimbledon nous le dira. 

Isabelle Trancoën

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