Novak Djokovic
Novak Djokovic embrasse enfin la Coupe des Mousquetaires | AFP - MARTIN BUREAU

Novak Djokovic domine Andy Murray, remporte Roland-Garros et réalise le Grand Chelem sur 2 saisons

Publié le , modifié le

Après trois échecs en finale, Novak Djokovic a remporté son premier Roland-Garros en dominant en finale le Britannique Andy Murray en quatre sets 3-6, 6-1, 6-2, 6-4 et 3h03 de jeu. Le numéro 1 mondial confirme - s'il y avait encore des doutes - qu'il est bien le boss de la planète tennis puisqu'il détient les quatre Majeurs à cheval sur deux saisons et est plus que jamais en lice pour réaliser le Grand Chelem sur une année complète. Il est désormais le cinquième joueur à avoir gagner tous les Grand Chelem, et avec ses 12 titres, fond sur Rafael Nadal et Pete Sampras (14).

Rafael Nadal et Stan Wawrinka l'avaient empêché de triompher Porte d'Auteuil, mais la quatrième tentative en finale a été la bonne pour Novak Djokovic. Face à Andy Murray, qu'il a désormais battu 24 fois en 34 confrontations, le Serbe a su se remettre d'un faux départ pour ensuite dérouler son tennis et avaler son adversaire. Le numéro 1 mondial entre enfin dans le cercle très fermé des joueurs ayant remporté tous les Grand Chelem (Rod Laver, Andre Agassi, Roger Federer et Rafael Nadal) et peut désormais se tourner vers un autre grand défi, sur lequel Serena Williams s'est cassée les dents, le Grand Chelem sur une année. Il est détenteur des quatre (Wimbledon, US Open, Australie et Roland-Garros) à cheval sur 2015 et 2016 et il arrive lancé vers Londres et New York.

Novak Djokovic avait toute la pression du monde sur les épaules en pénétrant sur la terre battue du Philippe Chatrier. L’année dernière, il avait cédé face à un Stan Wawrinka incandescent, mais peut-être aussi sous le poids de l’histoire. Le même qui l’a complètement fait déjouer dans le premier set. Après un break blanc, le Serbe s’est pris les pieds dans le tapis ocre multipliant les fautes directes (13). Très nerveux à l’image de sa prise de bec avec l’arbitre de chaise à 5-3, le Serbe a mis trois quarts d’heure à rentrer pleinement dans cette finale.

Pas de première, pas de solution

La balle de break effacée dès l’entame du deuxième set l’a définitivement lancé. Il n’y aurait plus que lui sur le court. Le Serbe s’est remis en ordre de marche, a retrouvé de la longueur, remettait parfaitement la plupart des premières de Murray, était partout : au filet, sur sa ligne. Les tentatives de variation du numéro 2 mondial, ses amorties, étaient toujours lues par le Serbe qui faisait admirer sa vitesse de déplacement. Les breaks et double-breaks se sont succédé sans que Murray n’arrive à stopper l’hémorragie. Les quatre balles de débreak manqué à 4-1 ont fini de l’accabler. Les deuxièmes et troisièmes sets ont tourné à la boucherie : l’Ecossais n’a réussi que six coups gagnants (10 au premier set), le Serbe quatre fois plus (24). Un autre chiffre ? Murray n’a inscrit que six points sur sa seconde balle en deux sets. Le service allait être une des clés face au meilleur receveur du circuit, le déficit de Murray dans ce domaine a précipité sa chute.

Le Chatrier derrière Djoko

Tête basse et victime d’un coup de mou physique – le contrecoup de ses deux premiers tours en cinq sets ? – Murray a offert une belle résistance dans la quatrième manche. Il a concédé le break très tôt mais a refusé de couler sans combattre. Mais le fauve Djokovic tenait sa proie, il n’allait plus la lâcher. Il a remis un coup d’accélérateur pour breaker blanc à 4-2, mener 5-2 et servir pour le match. Le sourire au moment de revenir sur sa chaise en disait plus que bien des mots. Il touchait au but. Même si Murray est revenu à 5-4 au courage éteignant au passage un Chatrier dont les "Nole, Nole" n’ont jamais cessé d’accompagner la rencontre.

Ils ont redoublé lors d’un échange de mutant remporté par le Serbe (30-15). A deux points du match, puis deux balles de match. Cette victoire avait quelque chose d'inéluctable. Mais on ne gagne pas une finale après l'avoir tant désirée comme ça. Repris par ses émotions, il a gâché les deux (double faute et revers dans le couloir), mais la troisième allait être la bonne. Djokovic pouvait s’écrouler, recevoir l’accolade du vaincu et dessiner un cœur sur la terre battue, sous les yeux de Gustavo Kuerten, le Brésilien triple vainqueur qui le premier avait fait ce geste. Tout ça sous les rayons de soleil qui auront attendu la fin de la quinzaine pour faire leur réapparition.